‹ Œuvres complètes de P. de RonsardChapitre 28 sur 77 · Voir t. I, pp. 337 et 339, et ci-dessus, p. 232, note · texte numérisé non relu

Voir t. I, pp. 337 et 339, et ci-dessus, p. 232, note

3. Voir t. I, p. 340. Mais ce sonnet se présentait en 1578 le 48° du P" livre. On ne peut donc pas conclure qu'il marque la fin de la liaison. Je la place plutôt au moment où la Cour alla recevoir Henri III à Lyon, vers le i"'^ septembre 1574. Hélène fut alors absente six mois, jusqu'à fin de février 1575. — P. L.

La vittanle & le mort loiit malheur vie propofe : L'vne ahne les regrets, & l'antre aime les pleurs : Car l'Amour & la Mort n'cjl qu'vne me/me chofc.

A dix ans d'intervalle nous retrouverons encore une fois le nom d'Hélène de Surgères sous la plume de Ronsard ; mais alors il n'est plus question ni d'amour ni même de poésie. Accablé de maux et de chagrins, il charge son ami Galland « de prefenter Tes humbles baifemains à Mademoifelle de Surgeres, & mefme de la fuppher d'employer fa faneur enuers le threforier régnant pour le faire payer de quelque année de fa penfion » (VII, 134).

Les gens qui se plaisent aux questions insolubles se sont demandé si la « rigueur « d'Hélène, dont Ronsard se plaint encore dans le dernier sonnet du second livre, est bien réelle et si la jeune fille n'a jamais faibli devant sa tendresse et sa constance. Nous ne sommes point de ceux qui, à trois cents ans de distance, croient pouvoir décider sans appel sur de pareilles questions. Nous pencherions cependant en faveur de la vertu de Mlle de Surgères, si certaine démarche qui lui est attribuée ne semblait indiquer une conscience un peu inquiète : « Mademoifelle de Surgeres, dit Du Perron %.•• nie prioit chez Monfieur de Rets que ie fiffe une Epiftre devant les œuvres de Ronfard, pour monflrer qu'il ne l'aymoit pas d'amour impudique. le luy dis au lieu de cet Epiftre, il y faut feulement mettre voftre portraid. » Nous aimons à croire que ce sont là propos d'anas, et que Du Perron n'a pas répondu avec cette brutalité ; mais l'anecdote n'en constate pas moins deux choses : l'incertitude qui régnait encore après la mort de Ronsard sur la nature de sa liaison avec M^^ de Surgères, et l'exagération avec laquelle il a parlé de la beauté de sa maîtresse.

Page 1