‹ Œuvres complètes de P. de RonsardChapitre 31 sur 77 · Voir t. III, pp. 194 et · texte numérisé non relu

Voir t. III, pp. 194 et

Néanmoins ce roi, beaucoup plus préoccupé de philosophie et d'éloquence que de poésie, s'intéressait si peu aux vers de Ronsard, qu'il entreprit de le transformer en orateur. Nous avons dit ailleurs' que le roi avait complètement changé le caractère de l'Académie de musique et de poésie fondée par A. de Baïf, et qu'il lui avait donné, en la rapprochant de sa personne, un caractère officiel. Binet nous dit qu'Henri III, voulant dresser l'Académie de son Palais, « fit choix des plus dodes hommes de fon roiaume, pour aprendre à moindre peine les bonnes lettres par leurs rares difcours, enrichis des plus belles chofes qu'on peufl; rechercher fur vn fuied, & qu'ils debuoient faire chacun à leur tour. Du nombre defquels furent choiiîs des premiers auec Ronfard le fieur de Pybrac, qui eftoit autheur de cefte entreprife, & Doron Maiflre des Requeftes, Tyard Euefque de Chalons, Baïf, Defportes Abbé de Tyron, & le dode du Perron- m. D'Aubigné faisait aussi partie de cette académie, dont il a parlé dans son Histoire universelle.

Ronsard se plia, non sans quelque effort, à la tâche nouvelle qui lui était imposée : « Quant à l'oraifon continue, dit Binet, il ne difoit pas des mieux en propos communs, ou pluftofi: fe plaifoit en vue dedaigneufe nonchalance, laquelle il m.ettoit au compte de fa liberté. Que s'il auoit à difcourir, en prefence ou par commandement des grands auec quelque appareil, il difoit des mieux : tefmoin le dode difcours qu'il fit, fur le fuied des vertus adiues, qui fe voit encores entre les mains des curieux, & qu'il accompagna d'vne genereufe & pareille adion, par le commandement & en prefence du Roy Henry III ^ »

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