Voir ci-après les Pièces justificatives, n° V
2. Voir t. II, pp. 4-6. — Ronsard a encore fait l'éloge de ce prince dans VAinour logé, écrit très probablement durant le séjour que fit la Cour à Blois lors de la réunion des États généraux, du 17 novembre 1576 à fin mars 1577; puis dans la dédicace des Echoues, écrite pour l'édition de 1584; enfin, après juin 1584, date de la mort du prince, dans une addition faite au Tombeau de Marguerite de France (voir t. III, pp. 319 et 353; VII, 512-513). — P. L.
3. Le privilège est du 10 novembre 1577; l'acbevé d'imprimer du 6 février 1578. Non seulement, comme le déclare le privilège, Ronsard a « reuu, corrigé & augmenté » cette édition « d'vne grande partie outre les précédentes impreflions », mais encore il a supprimé environ quatre-vingts pièces, en a déplacé d'autres ou les a groupées autrement. Voir mon Ronsard poète lyrique, pp. 253 à 262. — P. L.
rable, quelques paroles bienveillantes, « des prefents magnifiques )) suffirent à l'enthousiasmer derechef pour Henri III. La Cour, où le rappellent quelques grandes circonstances, est alors son « temple « delphique, le roi son « Apollon », et lui-même se compare au « preftre prophète » qui n'est inspiré qu'en présence du dieu. Des poèmes contiennent bien encore des conseils détournés. Dans l'un d'eux Ronsard va jusqu'à dicter au roi les sentiments qu'il devrait avoir à son égard et les paroles qu'il devrait dire en le voyant. Mais c'est la louange qui domine, la louange hyperbolique, d'autant plus étonnante qu'elle est moins méritée. C'est l'époque où Ronsard se joint à Desportes et à Jamyn pour déplorer la mort des « mignons » Maugeron et Quélus (avril 1578), consacre plusieurs centaines d'alexandrins au panégyrique de Henri III (1579), collabore pour une large part aux fameuses fêtes du mariage de Joyeuse (septembre 1581), et exalte les vertus d'un quatrième favori, Épernon (i 581-1582)'. C'est l'époque où il prépare pour sa prochaine édition une section nouvelle, le Bocage royal, qu'il dédie à Henri III, qu'il fait précéder d'un portrait de Henri III et qu'il commence par six longues pièces, dont trois nouvelles adressées à Henri III,
Prince tout hon, tout faint, tout vaillant & tout fage-.
Il semble d'ailleurs avoir voulu alléger sa conscience en disant ce qu'il pense des « âmes eshontées » de « ce fiecle de boue », aux personnages relativement vertueux de l'entourage royal, le secrétaire d'État Villeroy, le garde des sceaux Cheverny, le secrétaire du roi Simon Nicolas. Il va même, dans la pièce adressée à ce dernier après la mort de
1. Voir t. III, pp. 187, 50$ et suiv. ; IV, 3 et 6; V, 135, 313- 314; et les notes. Cf. mon édition de la Vie de Ronsard, pp. 28 et 173.