‹ Œuvres complètes de P. de RonsardChapitre 41 sur 77 · Du Perron, Or. fnn., texte de 1586, p · texte numérisé non relu

Du Perron, Or. fnn., texte de 1586, p

4. Binet, Vie de Ronsard, texte de i^Sô. Voir mon édition, p. 29.

— Dans les lignes qui suivent comme dans celles qui précèdent, Marty-Laveaux n'a tenu aucun compte de l'édition que Ronsard, malgré la maladie, élabora en 1584 et 1585, et que ses exécuteurs testamentaires (Galland et Binet) publièrent à la fin de 1586 « fuyuant fes mémoires & copies ». Voir mon Ronsard poète lyrique, pp. 267-270, et la présente édition, t. VII, p. 145; VIII, 4-5.

continuellement alité, il profitait des moindres intervalles que ses douleurs lui laissaient pour composer quelques vers. Son Hymm à Mercure date de ce moment. Il décrit ainsi ses souffrances au début de ce poème :

Encore il me rejloit entre tant de vialheiirs Que la vieillejfe apporte, entre tant de douleurs Dont la goutte vi'ajjault pieds, iambes & ioinàure, De chanter, ia vieillard, les niejliers de Mercure.

Les vers suivants qui terminent presque la pièce nous montrent Binet consolant Ronsard et l'assistant dans les procès qui ajoutaient en ce moment d'ennuyeuses préoccupations à ses maux :

Binet, foin d'Apollon, dont la viuc éloquence Flate mon mal d'efpoir, mon proce:^^ d'ajfeurancc, Au lieu de tes beaux vers, du trafic de nojlre art, Des honneurs de Mercure icy îe te fay part ^.

Georges Critton, dans son éloge funèbre de Ronsard, évoque le souvenir des promenades que faisait Ronsard sous les arbres de la cour et des jardins, entouré des élèves, à qui il traduisait en français, vers pour vers, tantôt un passage d'Horace, tantôt un morceau de Virgile-; mais, lors de ce dernier séjour, le poète avait dû renoncer à ces douces occupations, et ce ne fut qu'avec des peines infinies qu'il parvint, le jour de Pâques, à s'avancer jusqu'à l'autel pour recevoir les sacrements, et à fléchir ses genoux endoloris.

Galland le portait de sa voiture à son lit, le soutenait quand il tombait en faiblesse, le couchait comme un enfant. Il avait soin surtout d'écarter doucement les visiteurs de marque, qui venaient en grand nombre de la Cour, du Palais, et même

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