‹ Œuvres complètes de P. de RonsardChapitre 7 sur 77 · Du Bellay, éd. Marty-Lavcaux, t. I, p · texte numérisé non relu

Du Bellay, éd. Marty-Lavcaux, t. I, p

proposait d'utiles innovations, par exemple l'alternance des rimes masculines et féminines :

En tous vies vers de epifircs leonyns

le entremejlay de puis de féminins

En viafculins deux à deux, dont la taille

Re faune fort, s'il aduient qu'on n'i faille^.

Malgré ses goûts personnels, Louis de Ronsard s'efforça de diriger son fils vers une carrière plus fructueuse que celle des lettres. Au mois d'août 1536, il le fit entrer comme page dans la maison du dauphin François, qui se trouvait alors à Lyon et dont il était le conseiller et maître d'hôtel ordinaire; par une étrange fatalité le jeune prince mourut presque aussitôt après à Tournon (V, 249) :

Trois tours deuant fa fin ie vins à fon feruice . Mon malheur me permeit qu'au licl mort ie le veiffe, Non comme vu homme mort, mais comme vn endormv, On comme vn beau bouton qui fe panche à dcmy, Liiuguijffant eu Auril...

Un spectacle bien autrement douloureux attendait l'enfant. Comme on pensait que le jeune prince avait été empoisonné, on procéda à l'ouverture du corps en présence de tous les

I. J. Bouchet, Les Triumphes de la noble & amoureufe dame (1530), épître liminaire « à noble & puiffant nieffire Loys Rouffart cheuallier, feigneur de In Poflbnniere & de Noireterre, & maiftre d'oftel de trefilluftre prince monfeigneur le Daulphin... ». Dans cette pièce, que Marty-Laveaux avait reproduite en partie dans l'Appendice de sa Notice d'après l'édition de 1536, J. Bouchet rappelle non seulement les mérites littéraires de Loys de Ronsart, mais ses exploits militaire^ et autres services rendus aux rois de France depuis « quarante ans ». Voir encore du même auteur les Epiires familières 96, 97, 126 (éd. de 1545) et l'épilaphe de « Loys de Roussart » dans les Généalogies... des Rois de France (éd. de 1545, f° 85 v°). Cf. mon édition critique de la Vie de Ronsard, pp. 63-64, et Ronsard poète lyrique, pp. 765 et suiv. — P. L.

SUR PIERRE DE RONSARD l6f

serviteurs. Le père de Ronsard figure parmi les témoins dans l'acte dressé à cette occasion ' ; il n'est pas fait mention du fils à cause de son jeune âge, mais il nous apprend lui-même qu'il assista à cette triste opération (V, 249) :

le vy fou corps oiiiirir, ofanl mes yeux repaijfre Des poumons & du cœur & du fang de mon maijlrc. Tel femhloit Adonis fur la place ejîendu; Apres que tout fon fang du corps fut rejpandu.

François mort, Ronsard passa au service de Charles, duc d'Orléans, troisième fils de François 1er (i y, 97) :

le vins en Auignon, oii la puiffante armée Du Roy François ejloit fièrement animée Contre Charles d'Autriche, & là ie fus donné Page au Duc d'Orléans...

Le poète ne resta pas longtemps près de lui. Trois mois après la mort du dauphin, Jacques Stuart, roi d'Ecosse, quitte son île, rend visite au roi de France et lui demande sa fille en mariage (V, 250) :

La belle Madeleine honneur de chafieté, Vne Grâce en beauté, lunon en maiefié.

Une Grâce, fort bien; mais une Junon, c'est peut-être beaucoup dire, car Madeleine n'avait que seize ans. Il faut lire dans le Tombeau de Marguerite de France (V, 250) la très poétique description de ce mariage, qui eut lieu le i^r janvier 1537 (n. st.).

Ronsard fut cédé à la jeune reine d'Ecosse (IV, 97) :

. . . après ie fus mené Sninant le Roi d'Efcoffe en l'Efcoffbife terre.

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