‹ Œuvres complètes de P. de RonsardChapitre 9 sur 77 · Histoire de France, édition Lemerre, t. XI, ch. n · texte numérisé non relu

Histoire de France, édition Lemerre, t. XI, ch. n

le patron de Rabelais; il en était jaloux, et il haïssait cruellement ce roi des rieurs. Ce fut lui qui, plus que personne, travailla contre Rabelais, éleva l'autel nouveau, la nouvelle religion littéraire, le nouveau dieu Ronsard. »

On ne saurait plus mal tomber, car Joachim du Bellay semble chercher toutes les occasions de faire l'éloge de Rabelais. Déplore-t-il le dédain avec lequel notre langue est traitée ? il se hâte de faire en faveur du grand railleur une réserve des plus formelles ^ : « Tous les fçauans hommes de France n'ont point meprifé leur vulgaire. Celuy qui fait renaître Ariftophane, & faint û bien le Nez de Lucian, en porte bon témoignage. » Dresse-t-il la liste des en/ans poétiques du temps? il y place, non sans quelque complaisance,

L'vtilcdoux Rabelais -,

pour qui les vers n'ont jamais été un titre de gloire, et il le met à côté du grand Baïf, de Dorât et même du Pindare François, ce qu'il n'aurait osé faire si quelque dissentiment sérieux avait existé entre eux. C'en est assez, et trop peut-être, sur une légende fort persistante quoique très peu fondée ; il est temps, après cette digression, de reprendre la suite de la biographie du poète 5.

1. Du Bellay, éd. Marty-Laveaux, t. I, 61; voyez encore t. II, 410, 565, et note 129.

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