‹ Œuvres complètes de P.-J. de Béranger (volume 3)Chapitre 110 sur 167 · LE FILS DU PAPE · texte numérisé non relu

LE FILS DU PAPE

Ain : Uson dormait dans la prairie-

Ma mère V quittez la besace, Le pape avec vous a couché; Je cours lui rappeler en face Qu'il fut un moine débauché.

Quoique soldat , il va , j'espère , Me créer cardinal-neveu.

Ah ! yentrebleu !

Ah ! sacrebleu !

Saint-Père , au moins soyez bon père ;

Ah ! ventrebleu !

Ah ! saorebleu !

Ou je f... le saint-siége au feu.

Au sacré collège je frappe ; Vient un cou tors : Allons, cagot, Par mon sabre ! va dire au pape Que je suis le fils de Margot.

ILS natLa !Dis s>^>pa.

LE FILS DU PAPE. aS?

Dis que Margot fut sa commère ; Que moi d'être saint j'ai fait vœu.

Ah ! ventrebleu !

Ah ! sacrebleu !

Saint-Père , au moins soyez bon père ;

Ah ! ventrebleu !

Ah! sacrebleu! Ou je f... le saint-siége au feu.

J'entre en faisant trois révérences; Sa Sainteté bâillait d'ennui.

Mon fils y veux-tu des indulgences?

Non, di&je, on s'en passe aujourd'hui.

J'ai 9 si j'en crois Margot ma mère , Vos goûts , votre nez , votre œil bleu!

Ah ! ventrebleu !

Ah ! sacrebleu!

Saint-Père , au moins soyez bon père;

Ah ! ventrebleu !

Ah ! sacrebleu !

Ou je f... le saint-siége au feu.

Quand mes trois sœurs , vos pauvres filles, Le soir , pour avoir un jupon , Vendent le plaisir en guenilles , Au diable votre ame en répond.

Le diable vous sert de compère; II. 17

a 58 LE FILS DU PAPE.

Ayez donc l'air d'y croire un peu.

Ah ! ventrebleu !

Ah ! sacrebleii !

Saint-Père, au moins soyez bon père;

Ah! ventrebleu!

Ah ! sacrebleu !

Ou je f... le saint-siége an feu.

Il me répond : Dieu nous afflige; Nous sommes pauvres , mon cher fils.

Mais du purgatoire , lui dis-je , Où passent donc tous les profits? Donnez-moi les os de saint Pierre , Que je les vende à quelque Hébreu.

Ah ! ventrebleu !

Ah ! sacrebleu !

Saint-Père , au moins soyez bon père ;

Ah ! ventrebleu !

Ah ! sacrebleu !

Ou je f... le saint-siége au feu.

Mon fils, que le diable t'emporte !

Prends ces mille écus, et va-t'en.

C est bien peu, dis^je; mais qu'importe ! Dans huit jours j'en viens prendre autant Tant de sots font encor sur terre Bouillir votre vieux pot-au-feu !

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