‹ Œuvres complètes de P.-J. de Béranger (volume 3)Chapitre 111 sur 167 · MON ENTERREMENT · texte numérisé non relu

MON ENTERREMENT

Al» : Quand on ne dort pas de la nuit (Vie Lisbeih).

Ce matin , je ne sais comment ^

Je vois d'Amours ma chambre pleine ;

rétais couché, sans mouvement

Il est mort , disaient-ils gaîment ;

De Tinhumer prenons la peinca

Lors je maudis entre mes draps

Ces dieux que j'aimais tant à suivre.

Amis j si j'en crois ces ingrats ,

Plaignez-moi (6w), j'ai cessé de vivre, (bis.)

De mon vin ils prennent leur part ; Ils caressent ma chambrière :

L'un veut guider le corbiUard, Et l'autre d*un ton nasillard Me psalmodie une prière.

sasa aaaaaaasaisio.

MON ENTERREMENT. uGi

Le plus grave ordonne à Tinstant Vingt galoubets pour mon escorte :

Mais déjà la voiture attend.

Plaignez-'Uioi , voilà qu'on m'emporte.

Causant 9 riant , faisant des leurs, Les Amours suivent sur deux lignes :

Le drap , où l'argent brille en pleurs , Porte un verre , un luth et des fleurs , De mes ordres joyeux insignes.

Maint passant qui met chapeau bas , Se dit : Triste ou gai , tout succombe ! Les Amours font hâter le pas.

plaignez-moi , j'arrive à ma tombe.

Mon cortège , au lieu de prier, Chante là mes vers les plus lestes.

Grâce au ciseau du marbrier, Une couronne de laurier Va d'orgueil enivrer mes restes.

Tout redit ma gloire en ce lieu , Qui bientôt sera solitaire.

Amis , j'allais me croire un dieu :

Plaignez-moi, voilà qu'on m'enterre.

Mais d'aventure , en ce moment , Par là passait mon infidèle.

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