‹ Œuvres complètes de P.-J. de Béranger (volume 3)Chapitre 65 sur 167 · L'ÉPITAPHE DE MA MUSE · texte numérisé non relu

L'ÉPITAPHE DE MA MUSE

SAINTB-PBLAGIE.

Air de Ninon chei madame de Sévisnc.

Venez tous , passants , venez lire L'épitaphe que je me fais.

J'ai chanté l'amoureux délire , Le vin, la France et ses hauts faits.

J'ai plaint les ipeuples qu'on abuse ; J'ai chansonné les gens du roi :

Béranger m'appelait sa muse. (^bis. ) Pauvres pécheurs, priez pour moi! {bis.) Priez pour moi , priez pour moi !

Grâce à moi , qu'il rendit moins folié , D'être gueux il se consolait , Lui qui des muses de l'école N'avait jamais sucé le lait.

Il grelottait da^is sa coquille Quand d'un luth je lui fis l'octroi.

i66 L'ÉPITAPHE DE MA MUSE.

De fleurs j'ai garni sa mandille.

Pauvres pécheurs , priez pour moi !

Priez pour moi , priez pour moi !

Je l'ai rendu cher au courage y Dont il adoucit le malheur.

£n amour il fut mon ouvrage ; J'ai pipé pour cet oiseleur.

A lui plus d'un cœur vint se rendre, Mais les oiseaux en feront foi :

J'iii fourni la glu pour les prendre.

Pauvres pécheurs , priez pour moi !

Priez pour moi^ priez pour moi !

Un serpent... (Dieu ! ce mot rappelle Marchangy qui rampa vingt ans ! ) Un serpent y qui fait peau nouvelle Dès que brille un nouveau printemps , Fond sur nous y triomphe et nous livre Aux fers dont on pare la loi.

Sans liberté je ne peux vivre.

Pauvres pécheurs , priez pour moi !

Priez pour moi y priez pour moi I

Malgré l'éloquence sublime De Dupin , qui pour nous parla , N'ayant pu mordre sur la lime ,

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