‹ Œuvres complètes de P. J. de BérangerChapitre 32 sur 199 · LA BONNE MAMAN · texte numérisé non relu

LA BONNE MAMAN

Cori’I.KT.S

A I NK OAME DK TBE>TK ANS, gi K l’aITKL'R APPELAIT SA GRAND*MKRK.

Aiit : refais bon chasseur autrefois.

.Au dire du proverbe ancien.

L’amitié ne remonte guère.

lîon petit-fils, je n’en crois rien

Quand je |iense à vous, ma grand’mère :

DE BÉRAÎMGER.

(x“s litres, quelquefois si doux, Vous paraîtraient-ils insipides?

Bonne maman, consolez-vous; Vous n’avex point encor de rides.

L’Age a-t-il éteint vos désirs?

BIAmez-vous les tendres cliimèies?

Censurer les plus doux plaisirs Est le plaisir de nos grand’mères.

Les ans font-ils neiger sur nous,

A nos yeux tout se décolore.

Bonne maman , consolez- vous ;

Vous ne blanchisstîz point encore.

L’Amour a peur des grand’mamans; Mais, à prix d’or, combien de vieilles Ont à leurs gages des amants Dont les missives font merveilles!

On sait, pour lire un billet doux,

Quel moyen prennent ces coquettes.

Bonne maman , consolez- vous ;

Vous lisez encor sans lunettes.

Quoi! sans rides, sans cheveux blancs, El sans lunettes, à votre Age!

Voyons si vos genoux tremblants Des ans n’attestent pas l’outrage.

Oui , je vois trembler vos genoux Que l’Amour tendrement caresse.

Bonne maman , consolez-vous ;

Prenez un bAtoii de vieillesse.

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