‹ Œuvres complètes de P. J. de BérangerChapitre 65 sur 199 · LE SACHE · texte numérisé non relu

LE SACHE

DE CH.VRLES-LE-SIMPIÆ

Alu : Du beau Tristan (do Beai-plan).

Français, que Reims a réunis,

Criez : .Montjoie et Saint-Denis! ün a refait la sainte amponle,

El , comme au temps do nos aïeu.x ,

l)(!S [)assercüux lâchés en foule Dans l’église volent joyeux D’un joug brisé ces vains présages Font sourire sa majesté.

Le peuple s’écrie r Oiseaux, plus (pie nous soyez sages; Gardez bien, gardez bien votre liberté. {Ins.)

Puisqu’aux vieux us on rend leure droits,

.Moi, je remonte à Charles-Trois.

Ce successeur de Charlemagne De Simple mérita le nom ;

Il avait couru l’.Vllemagnc Sans illustrer son vieux pennon.

Pourtant à son sacre on se presse :

Oiseaux et flatteurs ont chanté.

Le peujile s’écrie : Oisi'aux, point de folle alléga«se; Gardez bien, gardez bien votre lilxjrté.

Chamarré de vieux oripeaux ,

Ce roi, grand avaleur d’impôts,

Marche entouré de ses fidèles ,

Qui tous, en des temps moins heureux.

Ont suivi les drapeaux relielles D’un usurpateur généreux.

Un milliard les met en haleine :

C’est peu pour la fidélité.

Le peuple s’écrie : Oiseaux, nous payons notre chaîne ; Gardez bien, gardez bien votre lilierté.

.Vux pieds de prélats cousus d'or,

Charles dit son (’oii/ilvur.

DK BKUANGKH.

On l'Iiabillc, on lo baise, on riinile,

Puis, au l)ruit des hymnes sacrés.

Il mel la main sur l'Kvangile.

Son confesseur lui dit : « Jurez.

» Rome, que l’article concerne » Relève d’un serment prêté. »

Ix; peuple s’écrie ; Oiseaux, voilà comme on gouverne; Gardez bien, gardez bien votre lil)erté.

De Charlemagne, (m vrai luron.

Dès qu’il a mis 1e ceinturon,

(ibarles s’étend sur la poussière.

Roi! crie un soldat, levez- vous!

« Non, dit l'évéque; et, par saint Pierre,

» Je te couronne : enrichis-nous.

» Ce qui vient de Dieu vient des prêtres.

» Vive la légitimité ! »

peuple s’écrie : Oiseaux , notre maître a des maîtivs , Gardez bien, gardez bien votre lilxnlé.

Oiseaux, ce roi miraculeux Va guérir tous les scrofuleux.

Fuyez, vous qui, de son corU'ge,

Dissipez seuls l’ennui mortel :

"S'ous pourriez faire un sacrilège En voltigeant sur cet autel.

Des bourieaux sont les sentinelles Que po.se ici la piété.

le peuple s’écrie : Oiseaux, nous envions vos ailes; Gardez bien, gardez bien votre lilx'rté.

CHA>SOiNS

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