‹ Œuvres complètes de P. J. de BérangerChapitre 89 sur 199 · L’ANGE GARDIEN · texte numérisé non relu

L’ANGE GARDIEN

AïK : Jadis «n cHi-bre empereur.

A l’hospice un gueux tout perclus Voit apparaître son lion ange;

Gaîinent il lui dit : Ne faut plus Que Votre AUesstt se dérange.

Tout compté, je ne vous dois rieu :

Mon ange, adieu; portez-vous hieu.

Sur la paille, né dans un coin.

Suis-je enfant du Dieu qu’on nous prêche’' Oui, dit l’ange; aussi j’eus graïul soin Que la paille fiU toujours fraîche.

Tout compté, je ne vous dois rien :

Bon ange, adieu; portez-vous hien.

Jeune et vivant à l’abandon.

L’aumône fut mon patrimoine.

Oui, dit l’ange, et je te fis don Des trois besjices d’un vieux moine.

Tout compté, je ne vous dois rien :

Bon ang(', adieu; portez-vous bien.

Soldat bientôt, courant au feu,

Je jicrdis une jambe »‘u route.

CHANSONS

Oui, dit l’ango; mais avant pou (k'tlo jand» aurait ou la goutte.

Tout compté, je ne vous dois rien :

Bon ange , adieu ; portez-vous bien .

Pour mes joure gras, du vin fraudé ■Mit le juge après mes guenilles.

Oui, dit l’ange; mais je plaidai :

Tu ne fus qu’un an sous les grilles.

Tout compté, je ne vous dois rien ;

Bon ange , adieu ; portez-vous bien .

Chez Vénus j’entre en maraudeur;

C’est tout fruit vert tpie j’en rapporte. Oui, dit l’ange; mais, par pudeur,

Page 1