‹ Œuvres complètes de P.-L. Courier (volume 2)Chapitre 12 sur 31 · XX PREFACE · texte numérisé non relu

XX PREFACE

jour à quelqu'un qui l'avait traité de républicain : « Suis-je donc républicain ? J'o.i lu de bons auteurs, et réfléchi longtemps sur le meilleur gouvernement ; j'y pense même encore à mes heures de loisir; mais j'avance peu dans cette recherche, et, loin d'avoir acquis par de telles études l'opinion décidée que vous nie supposez, je trouve, s'il faut l'avouer, que plus je médite et moins je sais à quoi m'en tenir. »

Peut-être sentait-il un faible secret pour la famille d'Orléans. Il en a fait plus d'une fois l'éloge, no-' tamment dans le pamphlet contre l'achat de Chambord, et il a exprimé quelque part, non sans une certaine pointe de mystère, le souhait que ce fis de France embourgeoisé fût le maire de la commune.

Les d'Orléans devaient répondre en effet à l'une de ses aspirations secrètes. Ce qu'il ainiait, sans trop s'en rendre compte, ce qu'il eût préféré, c'était une bonne monarchie bourgeoise, au rabais, qui fût, pour emprunter ses expressions, comme le cocher qu'on paye et qui doit nous mener, non où. il veut, mais oii nous voulons aller.

Mais je ne crois pas qu'il se fût formulé d'une façon bien nette des opinions à ce sujet. Non, il était surtout, avant tout, opposant, opposant de l'opposition, opposant quand même. Dans une de ses Lettres AU Censeur il lui échappe de dire: « J'ai trouvé les ministres incomparablement plus amis des belleslettres que l'Académie de ce nom, et plus justes que

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