‹ Œuvres complètes de P.-L. Courier (volume 2)Chapitre 4 sur 31 · PREFACE . IX · texte numérisé non relu

PREFACE . IX

trop assurément de tout notre français, pour rendre le grec d'Hérodote, d'un auteur que rien n'a gêné, qui ne connaissait ni ton, ni fausses bienséances, dit simplement les choses, les nomme par leur nom, fait de son mieux pour qu'on l'entende, se reprenant, se répétant de peur de n'être pas compris, et, faute d'avoir su son rudiment par cœur, n'accorde pas trèsbien le substantif et l'adjectif. Un abbé d'Olivet, un homme d'académie ou prétendant à l'être, ne se peut charger de cette besogne. Hérodote ne se traduit point dans l'idiome des dédicaces, des éloges et des compliments. »

On voit ici fort bien les deux sources où Paul- Louis a dû. puiser ce style particulier qui constitue sa manière. C'est par la connaissance approfondie du grec, de ses tours et de ses ressources, c'est par le goilt de sa clarté, de sa simplicité, de sa netteté, c'est en joutant sans cesse avec quelques-uns de ses textes les plus accomplis, qu'il s'est instruit à aimer la phrase juste et le mot propre. C'est en 'étudiant le vieux et naïf parler de nos prosateurs du XV^ et du XF/" siècle qu'il a enrichi sa langue de tours pittoresques, de locutions populaires et qui sentent leur terroir.

Il y a des écrivains nés grands qui prennent ainsi de toutes mains les matériaux de leur langue, les jettent pêle-mêle dans l'ardente fournaise, et en font jaillir un métal homogène et qui leur appartient a

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