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batailles dont il prenait gaiment sa part, et portant toujours avec lui dans sa valise deux ou trois vohimes grecs, dont le plus précieux pour lui était son Homère.
Oh! cet Homère! comme il l'aimait, comme il le couvait tendrement du regard. « Que vous dirai-je. Monsieur? écrivait-il à Sainte-Croix, j'ai perdu huit chevaux, mes habits, mon linge, mon manteau, mes pistolets, mon argent. Je ne regrette que mon Homère, et, pour le ravoir, je donnerais la seule chemise qui me reste. C'était ma société, mon unique entretien dans les haltes et dans les veillées. Mes camarades en rient. Je voudrais bien qu'ils eussent perdu leur dernier jeu de cartes, pour voir la mine qu'ils feraient, n
Et ailleurs, songeant encore à son poète, il disait en souriant à M. Danse de Villoison, après lui avoir conté quelques-uns de ses exploits guerriers :
« Ne croyez pas que je perde mon tenips. Ici j'étudie mieux que je n'ai fait, et du matin au soir, à la manière d'Homère, qui n'avait point de livres. Il étudiait les hommes j on ne les voit nulle part comme ici. Homère fît la guerre; gardez-vous d'en douter. C'était la guerre sauvage; il fut aide de camp, je crois, d'Agamemnon, ou bien son secrétaire. Ni Thucydide non plus n'aurait eu ce sens si vrai, si profond. Cela ne s'apprend pas dans les écoles. Comparez, je vous prie, Salluste et Titc-Live. Celui-ci
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parle d'or; l'autre sait de quoi il parle. Et qui m'empêcherait quelque jour ? Car j'ai vu, moi aussi;
j'ai noté, recueilli tant de choses, dont ceux qui se mêlent d'écrire n'ont depuis longtemps nulle idée; j'ai bonne provision d'esquisses. Pourquoi n'en ferais-je pas des tableaux où se pourrait trouver quelque air de cette vérité naïve qui plaît si fort dans Xénophon ? Je vous conte mes rêves. )^
C'étaient des rêves en effet, et qui ne devaient jamais se réaliser. Personne ne voit Paul-Louis historien. Il avait l'haleine trop courte, et surtout la langue trop timorée, pour atteindre à l'ampleur de ces écrivains grecs qu'il aimait tant, mais dont il n'aurait jamais égalé l'abondance aisée et superbe.
Courier était un peintre de tableaux de genre. Il y en a d'exquis dans cette correspondance qu'il entretint avec ses amis, de 1800 à 1812^ alors qu'il n'était qu'un simple canonnier à cheval, grécisant à ses moments perdus.
Toutes ces lettres sont des nwrceaux achevés, que Paul- Louis , devenu plus tard pamphlétaire à la mode, ne surpassera jamais. Ce qui leur manque, c'est le tour familier et libre qui sied au style épistolaire. Courier, cela bc sent, les a écrites pour la postérité ; ou phitôt, il les a écrites pour lui-même, pour son goût de lettré puriste et d'helléniste délicat. Il en savait bien le prix, puisqu'd Us a publiées sur des brouillons gardes par lui, ainsi qu'il l'avoue lui-