‹ Œuvres complètes de P.-L. Courier (volume 2)Chapitre 9 sur 31 · PREFACE XV · texte numérisé non relu

PREFACE XV

un beau rôle, et puis vous me la gâteriez. Tenez, je ne vous flatte point : c'est votre figure qui nuirait à l'effet de ce récit. Moi, sans me vanter, j'ai la mine qu'il faut pour les contes à faire peur. Mais vous, voulez- vous conter, prenez des sujets qui aillent à votre air : Psyché, par exemple, n

Qtie de circonlocutions pour insinuer que, si ion veut faire part de cette histoire à des amis, il faut la lire dans l'original, qui est un chef-d'œuvre, et ne pas la gâter par une autre rédaction! Vous imaginezvous Jacquemont , ou, puisqu'il s'agit de soldats, Saint-Arnauld, s'amusant à des recommandations pareilles ?

Toutes ces lettres sentent l'huile; et pourtant elles sont bien jolies, elles ont atteint presque ce degré de perfection où la trace du travail a disparu. Je ne crains pas d'affirmer que c'est encore là qu'il faut chercher le vrai Courier, c'est là qu'il a mis le meilleur de son esprit, c'est là qu'il se peint tout entier, bien mieux que dans ses pamphlets.

Armand Carrel, dans sa spirituelle notice, a déjà signalé au lecteur quelques-unes des lettres qui mettent le mieux en son véritable jour le caractère de Courier. Qui n'a lu celle oii il raconte de quelle façon on a fait un empereur, et celle où il gémit sur la barbarie des soldats, pillant, dévalisant, détruisant de leurs mains grossières les chefs-d'œuvre de cette terre classique des beaux-arts? Ce sont là les beaux

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