DE CLAVIER-BLONDE AU. IO
donnèrent à penser ; je refusai ; demandai à me consulter, et là-dessus M. le maire : Tu iras eh prison. Je n'entendis pas le reste, car on me fit sortir ; mes excuses ainsi sont restées sur le registre de la commune , et mes menaces et d'autres choses, non signées de moi , Dieu merci.
Voilà les finesses de M. de Beaune, dont je suis bien aise, messieurs, que vous soyez avertis, afin de vous en garder, car il est homme à vous faire dire tout ce. qu'il voudra. Si votre sentence ne lui agrée, telle que vous l'aurez prononcée, il l'arrangera le lendemain , au prône de la paroisse ; et quant aux signatures ,. vous. pensez bien, messieurs, qu'il ne s'en fera faute, non plus que de celle du commis greffier Bourrasse. '
Au reste , de même qu'il sait accommoder à sou plaisir les^ sentences des tribunaux, il sait s'en passer, les prévenir. Remarquez bien ceti, messieurs; le jugement contre moi est <lu 5 ; j'en appelle le lo, et onze jours après, le 21, avant même que mon appel vous -tut parvenu , M. de Beaune fait publier ma condamnation. Vous voilà bien surpris, messieurs; vous pensiez que votre jugement pouvait faire quelque chose à l'affaire , mais songez-y, de grâce ; M^ de Beaune est maire , et M. de Beaune avait fait son procès^verbah Or, jamais rien n'a résisté au procès-verbal de M. le maire, appuyé surtout comme il l'est d'une lettre du préfet* Votre sentence, aprè$ cela, n'est qu'une