‹ Œuvres completes de P.-L. Courier (volume 5)Chapitre 13 sur 57 · MO PROCES · texte numérisé non relu

MO PROCES

pure formalité 9 d'ailleurs assez indifférente, qu'il n'a pas cru devoir attendre, ou qu'il attendait, pour mieux dire, dans une parfaite assurance, n'ayant nul doute à cet égard»

Le cas que fait M. de Beaune de l'autorité judiciaire a mieux paru encore dans cette affaire-ci, quand les juges de Tours, pour quelque information , le firent appeler. La réponse fut simple : // n'avait pas le temps. M. le maire n'a pas fe tem^ps. Voilà ce qu'il leur fit dire par son gardechampêtre, qui est l'homme du maire, comme le maire est l'homme du préfet. Quelle dignité dans ce peu de mots à un tribunal assemblé ! ilf^' îe maire n'apasje tew^ps. C'était comme s'il eût dit : "M. le maire est à la chasse, ou M. le maire est maintenant dans l'antichambre du préfet; M. le maire fait sa cour : il n'a pas le loisir de comparaître devant les tribunaux. Qu'un maire est grand dans son village ! Tout s'empresse à lui plaire ; tout tremble à sa parole. Il poursuit, il accable qui* colique a le malheur d'attirer son courroux. Il le frappe de son procès-verbal ; et si les Juges lui demandent des explications, il répond qiCil n'a pas le temps. Après cela, messieurs, devez- vous être surpris que M. le maire de Véretz n'ait pas attendu votre arrêt pour me déclarer condamné 1 Il y a plutôt de quoi s'étonner qu'il n'ait pas commencé par me mettre en prison.

J'eusse aimé mieux cela que^e m'entendlre lire

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