IV
•^4» rJE L EQUITATIOrr.
Le garrot élevé rend le cavalier plus ferme , en offrant à ses cuisses plus de prise sur les "^épaules et le corps de Taninial . »
L'épine double est la plus belle et'^la plus commode pour s'asseoir.
La côte ample, ayant du relief à l'égard du ventre , fait que le cheval est plus fort, se nourrit mieux, et offre à l'homaie une meilleure assifBtte.
Plus le rein sera large et court, et plus aisément le cheval exécutera tous les mouvemens où le devant s'élève et le derrjère suit : de la sorte aussi le ventre paraîtra plus petit, partie qui, étant trop grande , rend le cheval non-seulement difforme, mais faible et pesant.
Les fesses Jarges et charnues seront assorties aux côtes et à la poitrine : si elles sont en outre compactes , ce sera signe de légèreté pour la course , et d'agilité dans tous les mouvemens.
Pourvu que les jarrets soient larges et nullement tournés en dehors, les jambes de derrière, en posant à terre, s'éloigneront l'une de l'autre , comme celles de devant, ce qui rendra la démarche plus ferme, plus agile, et tout sera pour le mieux. Cela se peut voir, même dans l'homme; car , pour lever de terre un fardeau , im homme
ment pour se conformer à Tiisage de cet empereur; usage commun en Italie, où l'on mont^!^ encore peu de chevaux qui ne soient dressés à Tamble.
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ne se placera jamais les pieds joints, mais écartés.
Il ne faut pas que le cheval ait les testicules gros; mais c'est ce qu'on ne peut encore voir dans le poulain. Pour ce qui est des parties inférieures du traiiji de derrière, des astragales, des canons , des boulets et de la corne , on peut y appliquer ce que nous avons dit des jambes .de devant.
Je veux marquer aussi à quels signes on pourra éviter de se méprendre sur la taille. Le poulain qui, en naissant, aura les jambes les plus longues, deviendra le plus grai^d: car toutes les bêtes de trait ou de somme, en avançant en âge, croissent moins par les jambes que par le corps, qui prend au contraire, dans la suite, plus d'accroissement, pour être en proportion avec là hauteur des jambes«
A ces marques, donc, nous croyons qu'on pourra juger de la beauté des poulains, et en choisir un qui ait , avec dé la vigueur , bon pied , bonne chair , bon air ^t bonne taille; que si quelques-uns, en croissant , changent et ne répondent , pas à ce qu'on en attendait , ce n'est pas une raison pour renoncer à nos règles; car on en verra plus de laids devenir beaux et bons ^ que de faits comme nous l'avons dit devenir diffor^ mes.
Quant à la manière de dresser le poulain , nous ne croyons pas devoir en parler; car dans les ré-
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publiques, on désigne pour la cavalerie les jeunes gens les plus riches des familles qui onj; le plus de part au gouvernement ; et un jeune homme ainsi né, au lieu de passer son temps à dresser des chevaux , fera bieji mieux de se former le corps par la gymnastique, et d'apprendre l'équitation , ou de s'y exercer , s'il est déjà instruit. Plus âgé, il s'occupera de sa maison, de ses amis, des affaires publiques, de la guerre, plutôt que de l'éducation des chevaux. Quiconque sur ce sujet pensera comme moi, donnera sou cheval à dresser; mais comme lorsqu'on met un enfant en apprentissage , on passe un marché par écrit, pour convenir de ce qu'il doit savoir en sortant de chez le maître, il en faut faire de même ici , afin que ces conventions fixent à l'écuyer les conditions qu'il doit remplir pour recevoir son salaire.
Le poulain qu'on donne à dresser , on tâchera qu'il soit doux , ami de l'homme , qualités qu'il acquiert à la maison surtout , et par les soins du palefrenier , qui pour cela doit s'appliquer à faire en sorte qu'il ne souffre de la faim, de la 5oif, des piqûres, que quand il est seul; et qu au contraire, les alimens, la boisson, la cessatioh de toute incommodité, lui viennent des soins de l'homme. Il ne se peut que de la sorte on ne l'amène bientôt à aimer et désirer même la présence de l'homme. Il faut aussi toucher le cheval
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aux endroits où il aime à être caressé: ce sont les plus garnis de |)oil , et ceux où il ne peut luimême se délivrer de ce qui Tinquiète. On recommandera en outre au palefrenier de le conduire par les lieu^ les plus remplis de monde , l'accoutumer à tous les bruits, l'approcher de tous les objets , et quand quelque chose l'effraie , non se fâcher et le maltraiter, mais doucement lui faire comprendre que' ce qu'il craint n'est point à craindre. Ce peu de règles à observer quand on a de jaunes chevaux, doit suffire, ce me semble, à quiconque n'est pas écuyer de profession \
1 On s'étonnera que Xénophon , entrant dans tous ces détails sur le choix d*nn jeune cheval , n'avertisse nulle part de se garder de la gourme , par où il aurait commencé apparemment sHl eût connu cette maladie. On ne trouve rien non plus qui s'y rapporte d'une façon bien claire dans les Hippiatriques/Le silence de Xénophon vient de ce que ce mal n'existait ni en Grèce ni dans aucun des pays qu'il avait parcourus. Il n*avàit vu que, des pays chauds où la gourme est inconnue. On n*en a nulle idée dans le royaume de Naples. Tous les poulains s'y vendent aux foires, âgés de quatre ans , et on les achète sans le moindre exameki, oe qui n'aurait pas lieu si la gourme était à craindre pour eux. Cent cinquante poulains achetés à la foire d'Altamura , pour le neuvième régiment de chasseurs , n'eurent jamais signe de gotirme , ùon plus qu'un grand noîriire d'autres que le traducteur a pu observer de près et pendant long-temps. Les propriétaires &e haras, les maréchaux et maquignons^ interrogés là-dessus, ne jiavent ce qu'on leur veut dire. •
Sur cela on peut remarquer que différens animaux , de ceux qui se nourrissent d'herbe , originaires des climats chauds , comme le cheval , deviennent, sons des zônéà plus froides> sujets à de telles maladies, bons la Calabre , les chevaux en sont exempts ; mais les buffles, pour qui celte température est froide, y meurent en grand nombre, à trois ou quatre ans, du mal appelé barbone, qui se déclare par un gonflement extraord^ naire des amygdales et des glandes parotides. Les chameaux ^ introduits
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Maintenant nous allons marquer les instructions qu'il faut avoir pour n'être pas trompé lorsqu'on achète un cheval tout dressé. Son âge doit se savoir d'abord; car celui qui ne marque plus ne flatte d'aucune esp'érance, et l'acheteur ne peut, dans la suite ^ s'en défaire aussi aisément. Quand sa jeunesse est hors de doute , il faut voir comment il se laisse mettre le mors dans la bouche , et passer la têtière par dessus les oreilles; c'est ce qu'on éclaircira en le faisant brider et débrider devant soi. Ensuite on examinera comment il reçoit le cavalier sur son dos : car beau« coup de chevaux se défendent de ce qui leur annonce le travail. C'est encore une chose à savoir^, si j étant monté , il s'éloigne volontiers des autres chevaux, ou si, passant à peu de distance, il ne s^emporte pas pour les aller joindre. Ml y en a même qui, du manège, s'échappent vers l'écurie, et ce vice provient d'une mauvaise éducation.*
Ceux qui ont la bouche fausse se reconnaissent d'abord à la leçon qu*on appelle Fentrâve , mais mieux en variant la piste dans difïérens sens : car on en voit beaucoup qui ne forcent . point la «nain, quoique ayant mauvaise bouche, s'ils ne se trouvent portés directement vers la maison. Il faut s'assurer encore si, étant lances à toute bride , ils forment un arrêt court , et font
depuis peu en Toscane , y ont pris la même maladie , et parmi ceux des (latmouks, au dire de Pallas, ce fléau fait d^affreux ravages.
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volontairement la demi-volte. Puis il est à propos de ne pas ignorer si le cheval obéit égaie nient bien après qu'on lui a fait sentir la gaule ou l'éperon. Tout autre animal de service , tout valet qui tt'c^éit pas ne sert à' rien ; mais le cheval désobéissant n'est pas seulement inutile, il vous
trahit souvent et vous livre à Tennemi. Nous supposons qu'on achète un cheval pour la guerre ; et , par conséquent il faut l'éprouver à tous les usa^ ges que la guerre peut exiger, comme à sauter les fossés, franchir les murailles sèches qui séparent les champs, s'élancer sur les tertres, en descendre d'un saut; dans les pentes rapides, courir à val, ou contre-mont, ou obliquement : c'est à ces preuves que Toa connaîtra s'il a le corps sain et l'âme généreuse.
II ne faut pas néanmoins rejeter d'abord un cheval parce qu'il oie ferait pas également bien toutes ces choses : plusieui's manquent, non par impuissance, mais par ignorance, qui, instruits , dressés, exercés, exécuteront parfaitement tout ce qu'on letir demandera, s'ils n'ont d'ailleurs nx maladie ni mauvaises Jiabitudes.
Qu'on se garde surtout de ceux qui sont ombrageux pair nature; car un cheval peureux, non seulement empêche de frapper l'ennemi, nîais souvent renverse le cavalier et le jette dans les plus grands périls. Il importe encore de savoir si le cheval n'est point hargneux ( soit aux hommes,