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aT>k fortemetitcoUé une feuille ài'aitirel cette page ,( apprenez le malheur) était justement celle où se trourait le complément «i précieux I
A cet horrible spectacle ^ mon sang se glaça dans mes reines; et, durant plusleârsinstanSy roulant crier ^ roulant parier, ma roix s'arrêta dans mon gosi^er; nn frisson glacé s'empara de mes^ membres stupides. Enfin ^ Pindigfnatioh snccédant il la douleur: ({u'arèx-rous fait! m'écriai-je ; quelle est la cause de ee nialheurPll me répondît qu'il ne ponraît pas l'expliquer ;^iie> eoittme tn6i> tt «n était snipris^ et qu'Un'en pourait donner d'mitreTtiison, sf ce n'est qu'ayant ee jour4À reiiû»iè l'encre arec les; barbet de sa plnmè pour la f«ndi*e pins fluide, et qu'ayant , par mégarde, jeté cette pku»t«insî imprégnée sur la fable, oA se tfOuraient des papiers, né.de ceuxH!! s'était taché par le contact dé la plume et arait été ensuite placé commp marque dans le manuscrit auquel il aVah • «totemfimiqoé cette tache. Dans ce moment de trodbU, quoique je ne fasse pas entièrement persuadé , on-tel aoetdent me parut possible,, et considérant que là ôû fl n'y à pins de remède, toute question est raine, tout tepiH)cfae iDutik^ je demandai aussitôt à M. Courier une copie authentique de <re supplément, ^nsl qu'une attestation écrite sur là feuflfe mèi&e que je ne rôulus pas déranger, prefurant quMtétïdt l'auteur de ce malheureux érènooieàt ; il 'ne put et ne sut pas même rèfuseV, tant ma demande était juste; il promit de ine donner une copie 'du suppléaient, et écriiit au'dos de la page tachée le certificat ci-dessous :
DU SIQNOR FURIA. J^3B
Ce mârceau de papier posé par mégarde dans le ma'- . rtUscHt pour servir de marque j s'est trouvée taché d^ encre : la faute en est toute à moi qui ai fait cette étourderià. En foi de quoif J'ai signé.
Florence, le xo novembre 1809.
COURliCR»
Le hindi soirant ( c'était le 12 notëmbre ) , Gouriéi^ retint à la bibliothèque arec sôb ami Rétaôuard, désirant retoir ceUt faorribie scène. A' la première Yùe il se montra réelleméiit surpris et affligé. Gurîetfx de voir coniment la page était tacttée, ce qo*on ne pouyait faire sans Cnlerer la feuille qoi était restée collée ainsi que je tous l'ai dit ^ il se disposait à la détacher en lamoufDant avec sa langue; je m'opposai à cette entreprise; mais indtileirrent; car, d'un mouvement bmsque et précipité, i! l'enleva, la déchirant en quatre parties, de âorté que là tâche alors s'offrit tout entière â nos yeux. Je ramassai les plus petits morceaux de Fa feuille déchirée parmi lesquels sOn attestation se trouva intacte pour ma satisfaction et pour ma fùstificatiôn, encore qu'un tel événement s'étant passé dans un Heti pubHc et en présence d'une foule de personnes ^ tie pût jtfniais ^fre POhjet d'un doute.
^Voyant que lô mal était irréparable, je rappelai aussitôt à M. Courier la promesse qu'il m'avait faite de me donner une copie du passage effacé. -Il me dit alors que distrait par diverses pensées, il avait oublié de me l'apporter , ajoutant
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qu'il doDiieraityolontiersnonpas une^.uHais cent copies p^ur réparer le dommage causé, au manuscrit , dommage qu'aucun prix ne poQTait réparer» ,
M. Renouard entendait tout cela et donnait sqn assentiment ; moi 9 habitué à agir de bonne foi et persuadé que tout honnête homme agit ainsi ^ je ne soupçonnai point que M. Courier voulût manquer à sa parole ; et loin de là je m'jr tonnai entièrement^ ne pouvant supposer qu'il pût agir d'une nianièi^ppposée à spn caractère et. que, pour un si mince . sacrifice, i( se refusât à réparer, le mal qu!il avait fait et pour lequel tous les trésors du monde, disait-il, n'avaient. point de coinpensation. Mais qiue direz-vous, mon cher aini, quand vous apprendrez .que le lendemmn même du jour où . 11 me renouvela sa promesse , il j jmanqua sans*«ucua égard et se rendit co.upable ( je suis fôché de le.dire ) d'un luanque de.ibi, non-seulement envers moi , mais envers toute lai rérpublique des lettres dont il foule aux pieds les droits, et enfin envers toutes les n£t.tions civilisées, intéressées. à la conservation des monumens qu'il dégrade, et que les souverains de la Toscane ont rassemblés de tout temps, pour 1^.; bien commun. Et quelle raison pensei^vous qu'il ait donnée pour excuser un pareil procédé ? C'est que M. Renouard, qui était parti ce jour même pour la France , le lui ayait expressément défendu. Mais de quel droit M. Renooard pouvait-il l'obliger à manquer à sa. parole ? Quels ordres si sévères pouvaient l'empêcher de rendre à une bibliothèque publique respectable, au monde entier, ce qui à bon droit
DU smifOR PURIA. 4^7
hii appartient , et qui demande, par mon organe, que Tauléur du dommage rende au moinsl^ntégrité à unmaiMiscrit estimé ? Et s'il est Trai que Renouard te défende^, pourquoi Courier le permet-il? et.pourquoi se montre-t-il 'si fidèle àtenir sa promesse à l'égard de son ami, pendantqu'ii y manque enyers moi ?
Écoutée à présent les raisons que, selon Courier, Renouard a données pour Tempêcher de rendre à la Bibliothèque la copie qu'il avait promisé ! Qu'on yeut profiter de la circonstance , qu'on reut pour une spéculation ( mercantile,, oui ^ mais non littéraire) être les possesseurs uniques du supplément , et ainsi éviter le danger que d'aptres, profitant de la découverte « ne préviennent leur nouvelle publication de Longus ; et l'on va fusqu'à dire queanon obstination à eX]|;ereette copié donne du poids à ce soupçon. A tout cela je ré<" plique que snrma parole d%onneur je n'accorderai à qui quece soit la communication du supplém.ent :( et qui. aurait pu< envier à M. Courier cette petite gloire ?). Je tficBe de lui persuader que mon empressement n'a d'autre obfel que de rendre l'intégrité au manuscrit et d'empêcher que ce supplément puisse être de nouveau perdu ; je lui montre en cela les intérêts du monde littéraire et de l'éditeur lui-même , qui pouvait de cette manière citer le document authentique de cette découverte et ne courait pas le risque de v<nr suspecter comme apocryphe ou comme altéré en quelques parties lé texte retrouvé de Longus. Mais ce n'est pas tout , pn me refuse, et non, content dôce refus on va jus^'à soup-
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çoDâér Dua booBe fol , et on mtD<|iie àind au gôufernciaeiif quiy eo me plaçant à la tdte d*UD ètabliaseaoïeDt public '^ m'a donné «me marque de su eonfiance et n prouyè ain«i qcici j'étais digne d'estime. Mais ^ moi, trangnille^ et ennemi , comme je suis^ de tout ressentbjotent^ mettant de côté lea ' justes- reproches que je pouvais faire à -la S9ite d'un pareil refus, je proposai àM. CU^urier^ puisqu'il n^pqq^t de 6Dnfianoe en moi^ 4e déposer au moins la copie rêconnuo au« Cantique signée de nous deux et munie de nos cachets^ soii cheSB le maire de ia ville, soit chez le conservateur des mo* numens publics , soit enfin entre les mains de toute autre personne jouissan^de l'estime publique^^ de manière qu'elle j reste pont l'utilité générale jusqu'à ee qœ l'éditico pàri« sienne soit exécutée. Je lui di» encore une fois qu'il réflé-* chisse à quel nouveau. danger ce supplément de Long»s
peut fitre exposé s'il est confié seuiemient à une feuille fragifo et périssable, pouvant s'égarer en passant d'un lieu à un autre, sujette enfin, en tant de circonstances lacilea é prévoir, à être perdue, taalgré les soins les plus minutieux.
Vous croycK à présent, mon cher ami , que M. Courier a cédé à lant de bonnes raisons; vous vous trompes^ Opposaai àmespar^^, comme il faisait dans les batailles^ un oOu* rage intrépide, une ame fort^ et une résolution baJNjîe^ Ua refusé (le lendre à- la Bibliothèque la copie sotenneltement proBfiise, et sur laquelle elle a toutes sortes de dnnts; il a fernrà l'oreille aux conseils de s^s ^s, a^x plaintes d^cm^ yille entière, en un mot, aux reproches de toute lafépu^.
DU SIGNOR SUAIA. 4^^
bliqve de$ lettres qui a^approuyera |aimi» son itrange et opiniâtre résolution ^ mais qui ne ces^eri^ de garnir .sur le dommage immense fait, par sa faute^ au m^nosoni de Longi^. Pl^s j'oioae et estime le mérite de M^. Coud^> plusse déplore que cette affaire Tait ezpo.sê au blâme unir ▼ersel des geo^ de lettres, et lui ait fait oublier e& piréoepte d'Ëuripidê :
•Tov Àyxôof , jrpÂa'aQVTàL /utyti.'heiy towj t^Itthc
ipHIO. IN AlJL.
Dès que cette perte fut eoasotpmée, je aie hâtâii d'en prévenir M. Thomas PttccHÛ9.cbâmbdlsbn de S. A. I» et R« la grande duchesse de Toscane, conservitteur deâ ëtn-^ blissemens publics, et des* mop'umen» de^^art^f n^ des soieqoes, et directeur de la galerie 4e Florence, IL de*^ Kieura, comme moi, saisi d'horreur > et frémit en app):eh> nuit cet horrible érènement, et surtout loisqu'il ytk l'état du manuscrit. Mal» pénétré de tout le zèle ^qui le distingue si éminemment et qui l'énflammie pouiT Fbonneur de la patrie et pour la conservation des objets confiera ses soins,, il eut recours à tous les moyens pour ^ipporter quielqae remède à ce malheur inoui.* En effet il serait trop long de dire tout ce qu'il fit pour eiigagei: M. Cou* rier à rendre une eopîe de la page détruite et prése.nreF, de cette manière, Longus d'un nouy^cA désastre. Qu'il
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Y008 sufiSse de sayoir qall mk tout en œurre pour l'eb-^ tenir ^ et que si le succès ne répondit pas à ses soins infotigablesy il faut yraiment dire que le manuscrit de Longfns de l'abbaye Florentine était , dans les arrêts de la destinée , réservé à rester inutile pour les lettrés , ou à se Toir détruit au moment même qu'il passait de son obscurité à un éclat qui deyait le préserrer de ce malbeur.
Après l'entretien qu'il eut avec IQ. Goqrier, monsieur le conserrateur songea à recourir à des moyens plus puis*sims et plus efficaces, aux ressources que fournit la chimie des encres, si étonnante et si utile depuis les récentes découvertes» Il invita M. Gazzevi, un des chimistes les plu» distinguée dont s'honore non-seulement Florence , mais toute l'Italie, célèbre professeur du musée Impérial, à coopérer à une entreprise qui avait pour objet de rendre la page tachée à son ancien état. Il s'agissait de voir si parmi tant d'acides divers qui agissent sur Jes couleurs et en détruisent les principes , il ne s'en trouverait pas un qui eût la propriété d'enlever l'encre nouvelle sans .attaquer l'ancienne écriture dont on n'a* percevait plus de Vestige; l'entreprise était difficile^ le succès douteux; le savant chimiste n'en fut point arrêté, et, le 5 décembre, après avoir fait des essais et des analyses sur l'encre dont la tache était faîte , il appliqua un acide préparé exprès à ]la partie endommagée du ma-^ nuscrît. Cette affreuse tache est précisément au dos de
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la feuille a5 du manuscrit, précisément à Tendroit où setrouTe le supplément. Elle est de forme irrégulière en partant du èiHit delà page , et s'étend en ligne courbe jusqu'à soo • extrémité dont elle ne laisse intactes que trois lignes Ters la partie inférieure. Outre cette première et très grande tache presque centrale , on en Toit de plus petites qui sont comme une continuation de la tache principale 9 lesquelles , éparses çà et là sur la surface de la page 9 ont entièrement détruit l'ancienne écriture. On peut calculer que ces taches couvrent en dirers endroits au moins le quart de la page entière , en sorte qiie le. manuscrit étant en lignes . très serrées et d'une écriture très fine, il y a un grand nombre de vers effacés et des lacunes qUi interrompent entièrement le sens de l'auteur. U faut remarquer, que, parmi. ces petites taches, on en rencontre une en tête de la page et du côté de la marge extérieure, qui est la plus considérable de iDuteë et qui a une forme, particulière et bien- différente des autres. Cette tache. annonce tant par sa forme ronde que par d'autres signes particuliers , qu'elle n'a pas été faite de la même manière que les autres. Elle semble ayoir entièrement le caractère d'une tache primitive i formée , non par le contact accidentel d'un papier taché , mais bien plutôt: par une plume ou tout autre instninfent fortement trempé d'encre, agité et âecoué sur la page pour en faire tomber une énorme goutte de cette liqueur pernicieuse. On remarque, en outre, que, dans cette