‹ Œuvres complètes de P.-L. CourierChapitre 178 sur 203 · CHEZ LA COMTESSE DWLBANY · texte numérisé non relu

CHEZ LA COMTESSE DWLBANY

nulle œuvre de leur intelligence qui les représente EUX hommes. Par les arts seuls qu'ils ignorent ils vivent dans la mémoire, et leur gloire, toujours indépendante du labeur d'autrui, périt, si quelqu'un ne prend soin de la conserver.

o — Ah ! lui dis-je , celle de César se passe trèsbien d'un pareil service , et personne , je crois, n'a mieux su se recommander soi-même à la postérité. — Il est vrai , certes , et c'est là ce qui le distingue du vulgaire des conquérants. Aussi , étaitil autre chose qu'un donneur de batedlles. Mais vous m'avouerez que sa tactique ne brillerait guère maintenant sans sa rhétorique, et que celle-ci fait bien valoir l'autre. Car enfin qu'estce qu'une gloire dont aucun titre ne subsiste ? Qu'est-ce qu'un nom tout seul dans la postérité ? Ceux-là vraiment ne meurent point dont la pensée \it après eux. Alexandre fut grand guerrier; on le dit; je le veux croire; mais Homère est grand poète ; je le vois , j'en juge moi-même , et si je l'admire, c'est avec pleine connaissance, non sur la foi des traditions. Raphaël respire encore et parle dans ses tableaux. La Fontaine m'est mieux connu que si , lui vivant , je le voyais sans lire ce qu'il a écrit. On peut dire même que ces hommes-là gagnent à mourir, et que leur âme , qu'ils ont mise tout entière dans leurs ouvrages, y paraît plus noble et plus pure , dégagée de ce qu'ils tenaient de l'humanité. Mais vos guerriers, leurs équipages, leur suite, leurs tambours, leurs trompettes font tout leur être, et, perdant cela, qu'ils vivent ou meurent, les voilà néant.

« Sur ce pied-là, dit la comtesse, Trissotin avait raison , qui n'aurait pas voulu changer sa renommée contre tous les honneurs d'un général d'armée. — Trissotin , je ne sais , dit Fabre ; mais à votre avis. Madame, tous Ifô honneurs que l'on rendait par ordre du roi à messieurs les maréchaux valaient-ils un peu seulement de cette gloire que Corneille ne devait qu'à lui-même P Et Molière, qui parle ainsi, aurait-il changé la sienne contre celle d'aucun général, quand c'eût été même Turenne ou Condé ? aurait-il donné le Misanthrope pour toutes leurs batailles? Son ami

Boileau, je crois, ne le lui eût pas <*(Mi8eilIé. Il savait trop bien, lui, qu'on ne fait pas de vers comme l'on prend des villes, et que tout ce que font les héros s'est fait de même avant eux , se fera encore après, et se ferait sans eux. Quelqu'un aurait gagné la bataille de Rocroi, quand même monseigneur ne s'y fût pas trouvé; mais le Misanthrope, qui l'eût fait sans Molière? Quand a-t-on fait rien de pareil avant ni depuis ? Et je vous prie , duquel se passe-t-on mieux , de batailles ou de bonnes comédies ?

a Comme la comtesse allait lui répondre, un domestique entra, et dit qu'on avait servi. — Ceci vient à propos pour vous , dit-elle à Fabre , car vous voilà , je pense , au bout de vos raisons. — Rien moins , sur mon honneur. Je ne vous en ai pas dit le quart, ni les meilleures. Tenez, Madame, de grâce, que répondriez-vous... ? — Non, non, je vous donne gagné, dit-elle, et je tombe d'accord de tout ce que vous voudrez , pourvu que nous nous mettions à table. Nous nous y mimes, et la comtesse, pendant le diner, fit la guerre à Fabre sur sa façon d'argumenter, et son panégyrique des arts. A propos des arts , nous parlâmes de madame Hamilton, qui a longtemps habité cette maison-ci, et puis de Nelson, à propos de madame Hamilton. La comtesse l'a connu, et dit qu'il ressemblait à Canova. Après le diner, elle et Fabre montèrent en voiture , et je rentrai chez moi où j'écrivis ceci. »

Xote. Ceci était considéré par Courier comme acAevé. L'ayant depuis longtemps en portefeuille , il le destina en 1821 à être inséré dans un journal périodique intitulé le Lycée, dont M. Viollet-Leduc , son ami, était rédacteur. Les bornes de ce recueil ne permirent pas de publier un morceau d'une telle étendue, et la conversation demeura inédite. Elle est intitulée Cinquième conversation, parce que, d'autres ayant préparé celle-là , Courier, engagé par la comtesse d'Albany, comptait les écrire toutes; mais à l'exception d'une conversation sur Alfieri , dont on n'a point retrouvé trace , quoiqu'elle soit c^)nnue de quelques amis de Courier, le projet s'arrêta là.

CONSEILS A UN COLONEL

Quoiqu'il me paraisse plaisant que vous me demandiez un conseil , à moi qui vous ai toujours cru non-seulemeiit plus sage que moi, mais plus que bien d'autres qui passent pour des docteurs infaillibles , cela ne m'étonne pourtant pas ; car je conçois que , sans avoir beaucoup de confiance à mes lumières , vous pouvez n'être pas taché de savoir ce que je pense sur une question très-importante pour toute la suite de votre vie , et qui par conséquent doit m'intéresser plus que qui que ce soit après vous. Sans compter qu'il n'y a personne qui ne puisse donner un bon avis , et que d'ailleurs, vous connaissant comme vous faites en amitié , vous avez fort bien pu me croire plus éclairé que vous sur ce qui vous touche, comme plus habitué à m'en occuper. Peut-être aussi n'avezvous eu intention que de vous divertir, en me donnant pour un moment le rôle de Socrate , et prenant celui de Chœrephon. Pour moi , je crois que je ferais mal de ne pas me prêter à la plaisanterie; ainsi je prends de bonne grâce le masque et les habits du personnage que vous voulez me faire représenter. C'est vous qui venez de bien loin pour consulter ma sagesse; moi je réponds à votre demande avec la même gravité que si j'étais en effet un des sept que la Grèce a rendus si fameux , et puisque de ce moment vous m'érigez en oracle , me voilà sur mon trépied.

Je commence par trancher tout net la difficulté , et je prononce que vous devez quitter votre régiment. Qu'est-ce qui peut vous y retenir? Tespérance de faire fortune? Vous avez donc changé d'idée? Vous voulez donc décidément vous enrichir à votre tour ? Et sans doute on vous promet pour la campagne prochaine quelque province échappée aux Brune et aux Masséna, après lesquels vous ne vouliez pas glaner dans les grades inférieurs, vous sentant fait pour moissonner à pleines mains aussi bien qu'eux. 0 que je vous connaissais mal 1 vous me paraissiez différent , je ne dirai pas simplement de vos camarades, mais de tous les autres hommes. En effet , depuis dix années que je vous observe de si près , n'ayant ■

aperçu dans votre conduite aucune trace de cette passion pour l'argent qui fait que tout le monde en veut avoir et qu'on n'en a jamais assez, je croyais de bonne foi que dans la carrière militaire où vous restiez par habitude après y être entré par hasard, vous cherchiez non-seulement la gloire à laquelle ce chemin conduit quelque-fois , mais une gloire exempte des taches qui la souillent presque toujours : et comme j'étais témoin que vous aviez fait toute cette dernière guerre sans songer à tirer parti , pour votre propre fortune, des désordres qui ont produit la plupart de celles quon voit aujourd'hui, je m'étais persuadé que vous aviez sur cet article des idées toutes particulières ; et que , loin de regarder la richesse comme le premier des biens, vous ne la comptiez pas même parmi les choses qui pouvaient contribuer à votre bonheur.

Je vois à présent que je me suis trompé : ce n'était pas l'argent que vous méprisiez en luimême, mais les sommes que vous auriez pu prendre vous paraissaient au-dessous de vous. Vous n'auriez pas laissé à d'autres les dépouilles des Perses, s'il n'eût fallu les partager. Le butin que pouvait faire un simple capitaine ne valait pas la peine , à vos yeux , d'être ramassé ; vous vouliez piller comme un général. Ainsi votre cupidité ne diffère de celle des autres qu'en ce qu'elle est plus dédaigneuse et ne s'émeut pas pour si peu. Vous ne vous contentez pas , selon la pensée d'Horace , de vous désaltérer aux ruisseaux ; il vous faut des fleuves , des lacs , où vous puissiez vous plonger et en avoir par-dessus la tête. Vous voulez faire fortune , mais à votre manière , non comme les autres en une campagne , mais en un seul jour. L'Italie, la Suisse, la Hollande, n'étaient pas des mines assez riches pour vous; il viendra de meilleures occasions pou» lesquelles vous vous réservez, et quand vous trouverez entassé dans le même endroit tout l'or de l'univers , c'est là que vous jetterez votre filet. Que ne le dites-vous tout de suite ? c'est le pillage de Londres que vous attendez.

CONSEILS A UN COLONEL

Mais sans prétend re à ces richesses dont vous dégoûterait seule la source d'où elles sortent, si elles vous tentaient d'ailleurs , il y a des grades, un avancement que vous pouvez obtenir par des moyens plus glorieux. Nous ne sommes plus au temps où d'anciens préjugés mettaient à l'ambition de tous ceux qui n'étaient pas nés dans un certain rang, des Iwrnes qu'aucun mérite ne pouvait franchir ; ou un homme , quelque connu, quelque estimé qu'il pût être, s'il ne l'était par ses ancêtres, n'osait prétendre à des emplois, peut-être au-dessous de ses talents, mais au-dessus de son nom. Les choses sont changées aujourd'hui; ces vieilles barrières sont brisées ; la lice est ouverte à tous venants , et , pour y disputer le prix , peu importe comme on s'appelle, quand on sait combattre. Une grande révolution a mis en commun les emplois, les honneurs , les richesses , la puissance , qui furent longtemps le patrimoine d'un petit nombre de familles. Tout appartient à tous : les parts ne sont point faites, chacun en a ce qu'il peut prendre, et le conserve tant qu'il empêche qu'un autre ne le lui arrache. Dans un État qui se gouverne par de tels principes , où la naissance ne donne aucun droit , où nul n'a de distinction que ce qu'il en acquiert par lui-même, l'ambitieux ne peut trouver d'obstacles que dans les efforts de ses concurrents. Ainsi les talents mènent à tout, c'est Bonaparte qui l'a dit; mais il devait ajouter : Pourvu qu'on trouve une vieille maîtresse d'un homme en place à épouser et une occasion de tirer le canon dans les rues de Paris. Car sans cela où le menaient les siens? Pour preuve de ce qu'il disait , il pouvait citer les gens qui ont eu part à son élévation, et que le 18 brumaire a placés avec lui au rang des dieux mortels. Voila vraiment des exemples à étudier pour tous ceux qui se sentent appelés aux grandes choses; ces hommes- là nous montrent ce que sont les talents dans une révolution et sous un chef qui sait les apprécier.

L'un , dans la guerre d'Italie, écrivait sous sa dictée avec une rare intelligence, et enregistrait, avec une patience non moins admirable, le sublime galimatias dont son maître amplifiait tous les jours le mot d'ordre. Il mettait assez l'orthographe, si ce n'est dans certains noms que les secrétaires de l'état-major connaissaient peu avant Bonaparte. Salamine et les Thermopyles , qui revenaient à chaque ligne , lui firent d'abord un peu de peine, et donnèrent lieu à des erreurs qui réjouirent toute l'armée ; mais il se mit bientôt au

p. L. COURIEE.

fait, et devint h la fin si habile, qu'il écrivait toute la Grèce dans l'ordredu jour, comme il le disait lui-même , aussi lestement que la distribution de l'eau-de-vie et du vinaigre , sujet ordinaire de ses pièces d'éloquence. Quoi qu'il en soit, c'est là le mérite qui le porta au généralat , puis au commandement d'une armée, et enfin au ministère, et, soutenu d'un tel mérite, il n'y a pas d'apparence qu'il s'arrête en si beau chemin.

Un autre a si bien dans la tête tous les uniformes que les diverses troupes de France et d'Allemagne ont portés depuis vingt années, qu'il n'y a tailleur de régiment auquel il ne puisse faire la leçon sur ce chapitre, ni costume si exact où il ne trouve à reprendre. Aussi ne parle-t-il d'autre chose, et, quoique conseiller, ce n'est guère que sur cette matière qu'il est éloquent.

Un troisième est regardé comme le premier homme de ce siècle pour courir la poste : on croyait bien que ce talent pouvait mener partout , mais non pas à tout. Bonaparte l'a prouvé dans la personne de D.... Il ne l'a pas fait seulement général (c'est par où l'on commence près de lui), mais négociateur, ministre , plénipotentiaire , plus que tout cela, favori.

Je laisse là , pour en finir, ceux qui excellent à boire , à jurer, à battre leurs gens , et qui doivent leur élévation à ces nobles qualités, auxquelles il faut avouer qu'on n'eût pas rendu la même justice en tout autre temps.

Si je vous disais simplement que parmi ceux qui ont obtenu depuis une certaine époque les premiers emplois dans le gouvernement , dans les ambassades , dans l'armée, il s'en trouve dont les noms font murmurer le public et rougir leurs collègues, vous pourriez me répondre à cela qu'il n'y eut jamais de corps si bien composé où il n'entrât quelque membre indigne d'en faii-e partie, ni de choix si éclairé qui ne donnât quelquefois prise à la critique ; qu'en un mot il n'est pas possible que ceux à qui tombent en partage les grades élevés et les grandes charges dun État, soient tous également dignes. Nommez-m'en seulement quelques-uns parmi les hommes dont nous parlons , dans lesquels on aperçoive , non des vertus éclatantes, mais des qualités communes. "Vous chercherez longtemps, et lorsqu'à la fin vous en trouverez un dont il paraisse que la place pourrait être plus mal remplie, examinez comment il y est parvenu, et dites-moi si ce n'est pas un pur hasard, ou toute autre raison que son mérite personnel, qui l'y a conduit. Nous en savons un.

CONSEILS A UN COLONEL

vous et moi , que le peu d'esprit , qu'il a ou qu'on lui suppose, a failli perdre deux fois, et plus d'un qui ne doit son emploi qu'à l'impéritie dont il a fait preuve.

Ce n'est donc pas le cas de dire qu'on voit la médiocrité réussir quelquefois aussi bien que les talents , et des hommes ineptes se glisser par surprise avec ceux auxquels un mérite reconnu ouvre la porte des honneurs, mais que la sottise et l'ignorance entrent les premières , et le plus souvent seules, excluant les talents, qui demeurent à la porte , et que c'est un grand hasard quand un homme parvient aux emplois avec la capacité nécessaire pour s'en acquitter.

Ce que Bonaparte connaît le mieux dans son nouvel empire , c'est sans doute le militaire , et dans le militaire, l'artillerie. Or, si parmi nos officiers, avec lesquels il a vécu, il choisit pour les premières places des personnages tels que ceux qui brillent à la parade, quelles nominations doit-il faire dans toutes les autres parties d'administration qu'il ne connaît pas ? S'il emploie chez nous son galon et sa broderie à couvrir une si grossière incapacité, je vous laisse à penser comme il les applique ailleurs ; mais ne parlons que de nos corps, et ne sortons pas de la sphère où nous sommes lancés.

Je crois que vous convenez avec moi du peu de valeur ou même de la nullité de ceux en qui ce grand homme reconnaît les talents qui mènent à tout, et il serait un peu tard pour vous en dédire, après les risées que nous en avons faites tant de fois. Mais quand vous êtes choqué de l'ineptie des favoris que l'on avance ainsi, ne remarquez-vous point le mérite réel de ceux qui restent en arrière ? Cela fait plus à mon dessein, et frappe plus directement au but que je me propose ; car c'est peu de vous montrer que les sots parviennent, il faut vous faire voir que les gens d'esprit demeurent, et vous forcer de convenir que si la médiocrité et souvent quelque chose au-dessous sont en grande recommandation auprès des gens de qui dépendent les grades où vous aspirez, la supériorité est un titre encore plus sûr de réprobation.

Quel homme posséda jamais plus de connaissances approfondies en divers genres que notre ami FI... ? et dans quel militaire, pour ne parler que du métier, vîtes-vous jamais unie à une pratique si judicieuse une théorie si savante , tant de lecture, tant d'exercice, une application si constante ; une activité si infatigable , une habitude de refléchir, un esprit d'observation si

prompt à saisir tout ce qui pouvait, quelque part que l'occasion s'en présentât, consommer son instruction et mûrir son expérience ? Pour moi , je le regardais avec admiration , et plus je l'observais , plus il me semblait que l'étude et la nature avaient mis en lui tout ce qui peut rendre un homme propre à conduire les autres hommes , soit dans la paix, soit dans la guerre. Vous lui rendiez la même justice. Tout le monde en tombait d'accord , et cependant qui songeait à lui , quand il fut tué devant Mantoue ?

Que manquait-il à Cyprien , tant du côté de la bravoure et de la science militaire, qu'à l'égard de la morale et des ornements de l'esprit, par où il tenait tout ce que promettaient les grâces de son maintien et l'expression si prévenante de sa physionomie ? Combien de fois et par qui l'avonsnous vu rebuté ? Parmi les chefs auxquels il voulut s'attacher, l'un redoutait la supériorité connue de son esprit et de ses talents ; l'autre , sentant le contraste de sa propre grossièreté avec la politesse aimable de Cyprien , n'avait garde de s'exposer aux désagréments de la comparaison. Sa figure lui nuisait auprès du grand nombre de ceux qui avaient sur cet article plus de prétention que lui , sans avoir les mêmes droits. De sorte qu'il n'y avait pas une de ces belles qualités, si vantées en lui depuis sa mort , qui ne fût un obstacle à son avancement. Faut-il s'étonner de cela, quand on en voit d'autres, comme F.... et P...., éprouver aussi tristement l'influence funeste d'une réputation bien moins méritée? Vous savez ce que dit Berthier quand on lui proposa Dal... pour aide de camp. Les auteurs que Dal... cite à tous propos firent croire à Berthier qu'il lisait. Il le refusa en disant : C'est un savant. Jugez du tort que doit faire mi savoir réel, si l'ombre seule en est nuisible 1

Pourquoi Debelle est-il ignoré, enseveli au fond de la Bretagne, n'osant aujourd'hui se montrer à Paris , où brillent des gens qui n'osaient jadis le regarder en face? C'est parce qu'il a eu cinq chevaux tués sous lui , parce qu'il est couvert de blessures, parce qu'il a décidé la bataille de Neuwied et contribué au gain de tant d'aotres, sans parler de Fleurus. En un mot, c'est parce qu'il était connu de toute l'armée, aimé de ses camarades, admiré des ennemis, adoré des soldats, lorsqu'un autre était obscur, qui alors enviait et craint aujourd'hui son courage. Le corps où il s'est distingué par des actions si éclatantes est maintenant en faveur : les grades, les récompenses, les honneurs ^ont au-devant de ses ca-

Page 1