‹ Œuvres complètes de Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais (volume 2)Chapitre 126 sur 174 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

lettres était celle des loups y toujours armés les Uns contre les autres , et que livrés au mépris où ce psible acharnement leà conduit^ tous les insectes > les moustiques, lé^ cousins^ leô critiques, les maringouins, les envieux , lés fouillis tes , les libraires , les censeurs , et tout ce qui s'attache à la peau des malheureux gens de lettres , achevait de déchiqueter et sucer le peu de substance qui leur restait; fatigué d^e^ crire , ennuyé de moi , dégoûté des atiCres , abimé de dettes et léger d'argent ; à la fin convaincu que Futile revenu du rasoir est préférable aux vains honneurs de la plume, j'ai quitté Madrid ; et , mon bagage en sautoir, parcourant philosophiquement les deux Cas tilles, la Manche, FËstramadure , la Siena-Morena , l'Andalousie ; accueilli dané une ville, emprisonné dans l'autre , et partout supérieur aux événements ; loué par cet^x-ci, blâmé par ceux-là; aidant au bon temps, supporfernt le mauvais, m^e moquant des sots, bravant les méchants ; riant de ma misère et faisant la barbe à tout le monde ; vous me voyez enûn établi dans Séville, et prêt à servir de nouveau Votre Excellence en tout ce qu'il lui plaira m'ordônner#

Le C o itt t e /

Qui t'a donné une philosophie aussi g^ie ?

Figaro,

L'habitude du malheur. Je me presse de rire de tout, de peur d'être obligé d'en pleurer. Que regardez-voul5 donc toujours de ce côté?

Sauvons-nous.

Figaro.

Pourquoi?

Viens donc, malheureux ! tu me perds.

( Ils se cachent. )

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