‹ Œuvres complètes de Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais (volume 2)Chapitre 141 sur 174 · ACTE IL · texte numérisé non relu

ACTE IL

Rosine.

Dans celte rue peut-être ?

Figaro.

A deux pas de moi.

Rosine.

Ah! que c'est charmant..... pour Monsieur votre parent. Et cette personne est?...

Figaro. ,

Je ne l'ai pas nommée ? : >

Rosine virement. * '

C'est la seule chose que vous ayiez oubliée , monsieur Figaro. Dites-donc> dites -donc vite ; si Ton rentrait je ne pourrais plus «avoir*..»

Vous le voulez absolument , Madame ? Eh

bien ! cetçe personne egt.... la Pupille de; votre

Iptçur.

La Pupille?...

Figaro.

Du docteur Bartholo : oui , Madame.

Rosine avec émotion.

Ah ! monsieur Figaro !.... je ne vous crois pas, je vous assure.

Et c'est ce qu'il briUe de venir tous peisuàéer lui-même.

Rosine.

Vous me &ites trembler , monsieur ïigaro.

Figaro.

Fi donc , trembler I mauvais catâul ^ Madame ; quand on cède à la peur du mal , on ressent déjà le mal de la peur. D^ailleurs ^ je viens de vous débarrasser de tous vos- surveillants > jusqu'à demain.

Rosine.

• S^îl m'aime y il doit me le proover ^ en res^ tant absolument tranquille.

^ Et , Madame! amour et repoé peùvent-ils tabiter en même eœur ? Là pauvre jduDesse est si malheureuse aujourd'hui , qu'elle n'a que ce ter-*rible choix : amdur sans repos ^ ou repos sans amour.

Rosine baissant les yeux.

Repos sans amour.... paraît....

Figaro.

Ah! bien languissant* Il semble ^ eu^dSet^

qu^amour sans repos 9. se présente de meilleure grâce : ei pour moi , si j'étais femme..,.

R o s I N B avec embarras*

Il est certain qu'une jeune personne ne peut empêcher un honnéte-homme de Testimer.

Aussi mou parent TOUS estim^-t-il îbfiniment.

Mais s'il allait faire quehque imprudence ^ monsieur Figaro , il nous perdrstit.

F I G A » o d p^^fé

Il nous perdrait. ( haut.) Si vous fe Itrfjdéfeûdiez expressément par une petite lettre.... Une lettre a bien du pou^oir.f ; ! ' : ; [

Rosine lui donne la iettre qu^éîtè vient d*écrire.

Je n'ai pas le tei^ps d§ recpmmencer celle-ci, meus en la lui donnant» dites-* lui.... dites -lui bien,.... (e//eeco«fe.) ,

F z G. ▲ JR o.

Personne , Madame.

Que c'est par pure amitié tout ce que je fais.

Figaro.

Cela parle de soi. Tudieu I TAmour a bien une autre allure !

^ ; Rosine.

Que par pure amitié, entendez-vous? Je crains seulement que rebuté par les difficultés.... Figaro.

Oui, quelque feu follet. Sourenez- vous , Madame , que le vent qui éteint une lumière , allume un brasier ,• et que nous sommes ce brasier-là. D'en parler seulement , il exhale un tel feu qu'il m'a presque enfiévré (i)de ^a piasèion , moi qui n'y ai que voir l . • ^ , . .

Page 1