‹ OEuvres complètes de Pierre Augustin Caron de Beaumarchais (volume 3)Chapitre 25 sur 41 · Q U A T II I È M E · texte numérisé non relu

Q U A T II I È M E

trichien français a aussi ]e pouvoir, dit-il, d'arrêter, moyennant argent , l'éclairement qii-oh

est tout prêt à faire de ma conduite en -cette affaire ?

Bravo! M. Constantinil Ce n'est plus sourdement, ni avec dessous-ordres, que l'on procède contre moi ! Vous êtes l'associé, M. Constantin/', d'un homme assez puissant pour pouvoir lever l'embargo de Teixere en trois jours, s'il veut, et me faire trembler, si je refuse d'entrer dans ce beau Triumlatronnat? La seule façon dont cet homme puissant sache lever l'obstacle de notre extradition, est apparemment de donner a vous seul le cautionnement qu'il s'obstine à me refuser? J'entends , M. Constantinil Votre associé est un nouveau ministre. // reste à découvrir lequel? C'est à quoi je vais travailler. En attendant, je vais répondre à M. Larcher, votre agent. A l'instant partit ma réponse.

Ce 20 aoùl 1791.

« J'ai lu , Monsieur , les conditions que vous me proposez pour me faire arriver à Dunhercpie ou au Havre mes fusils , de la part d'une compagnie autrichienne.

■» En outre de ce qui est écrit par vous , vous m'avez proposé verbalement de me faire entrer ces mêmes armes , au prix (V un florin ]>arfusiL

» A cela Yoici ma réponse :

» Je donnerai vingt sous de France à la personne, quelle qu'elle soit, par fusil , qu'elle se chargera de me faire entrer à Dunkercjue ; pris dans mon magasin à Tervère.

» Sous la condition rigoureuse qu'elle donnera caution valable de me payer la valeur des fusils , si elle ne les fait pas entrer , parce que ses moyens peuvent être tels , que l'êbruitement, les fesant saisir en Hollande, m'oie tous les moyens de les ravoir jamais !

» Et quant à la bonté qu'oN a de me prévenir que les mesures prises et effectuées pour l'arrivée de ces armes, peuvent seules suspendre la résolution d'éclaircir la conduite de M. Beaumarchais dans cette affaire ,

» Je réponds franchement à la personne que vous appelez on , ce que je vais signer ici.

» Je méprise beaucoup les gens qui me menacent , et rnets la malveillance au pis. La seule chose contre laquelle je ne puisse être en garde ici , c'est le poignard d'un assassin ; et quant au compte que j'ai à rendre de ma conduite en cette affaire, le jour que je pourrai la traduire an grand jour, sans nuire à l'entrée des fusils , ce sera ma gloire publique.

» C'est à l'assemblée nationale que j'en rendrai le compte à haute voive , pièces probantes sur le bureau. Alors on pourra distinguer le vrai citoyen patriote , des vils intrigants qui l'assaillent. »

Signé Caron Beaumarchais, Boulevard Saint- Antoine , d'où il ne bougera pas.

Maintenant, dis-je, pour procéder avec ma méthode ordinaire, il faut que j'envoie à M. Lebrun le ministre ma réponse à Constantini , et voir de son côté comment il procédera envers

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moi; je connaîtrai par là si M. Lebrun est leur ftqmme.

Le soir je fus chez M. Lebrun..... Invisible, et moi refuse. Je prends du papier chez son suisse, et j-écris.

Lundi 20 août 1792 , écrite clicz votre suisse

« iïélas ! Monsieur, c'est ainsi que , depuis cinq mois , de remise en remise , les événements ont gâté l'affaire la plus importante à la France ! Ne pouvant donc vous remettre à mon troisième voyage, inutile chez vous , le Mémoire instructif cpie j'ai t'ait hier en vous quittant . je vous prie de le lire avec d'autant plus d'attention , cpie l'horrible malveillance, qui se remue dans tous les sens, me force tout-à-1'heure à une justification publique , si la ministère s'obstine à ne pas s'entendre avec moi !

» Vous en allez trouver la preuve clans la réponse cpie ï'ai faîte à un homme qui est venu chez moi me faire des offres menaçantes verbalement et par écrit.

» S'il vous est possible de me donner rendez-vous aujourd'hui , vous préviendrez peut-être le mal d une publicité fâcheuse , par laquelle on veut couper court à l'arrivée de nos fusils. C'est très-sérieusement que vous en êtes prié , Monsieur , par votre dévoué serviteur,

Signé Beaumarchais.

A ma lettre étaient jointes sa grande lettre qu'on a lue sur l'affaire de M. la llogue, et ma fière réponse au proposant Constantini,

Pou il de réponse.

J'y vins deux lois par jour, le 19, le 20, le 21

et le 22, où je lui écrivis cet autre billet chez son suisse, après huit courses en quatre jours, qui, pour aller et venir, composaient près de deux lieues chacune ; et je disais dans le chemin : Si les ministres se croient heureux de leur invisibilité, les gens qui galopent après eux sont, certes, bien infortunés !

22 août 1792.

« Beaumarchais est venu dimanche , avant-hier, hier et aujourd'hui pour saluer M. Lebrun, et lui rappeler que le cautionnement assuré par M. Durvej est toujours en retard ; et que lui , Beaumarchais , ignore ce qui concerne M. de la Hogue : qu'il est comme les héros d'Homère t combattant dans l'obscurité , et priant tous les dieux de lui rendre la lumière , pour savoir ce qui reste à faire pour la portion de bien qu'il est chargé , depuis cinq mois, de procurer à la patrie , et que tout tend à reculer.

» Il présente son respect à M. Lebrun. »

Point de réponseè

Je cesse d'y aller. Ne pouvant deviner ce qu'après ma lettre si ferme , les ministres avaient décidé sur le sort de M. de la Hogue , je dévorais mon sang dans une espèce de rage mue. Plus de nouvelles de ce Constantini , sinon une lettre d'injures , à laquelle j'avais fait une réponse de pitié.

Une lettre de M. Chris tinat , le député du

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