A M. LE B R U N
La Haye , ce g novembre 1792.
Monsieur,
Lorsque la France a d'aussi grands succès , c'est un terrible exil que d'avoir affaire en Hollande.
» Je le serai pourtant exilé de la France jusqu'au jour où une lettre calhégorique de vous ?n apprendra si le cautionnement nous arrive , ou s'il ne me reste plus qu'à partir , pour aller justifier ma conduite patriotique dans mon pajs.
» Recevez les respects d'un citoyen.
» Signé Beaumarchais.
» Le trésor et les archives de Bruxelles sont arrivés à Rotterdam ; les nouvelles de l'armée de Clairfajt mettent ici tout le monde au désespoir, excepté moi. »
Je commençais à perdre patience 7 accusant
tous les embarras ou la lenteur de ce ministre ; et, le courrier suivant, je lui récrivis de nouveau. Il n'était pas possible , après avoir plaidé ma cause au conseil , comme il me l'avait assuré ; après m'avoir cnjohit de partir au plus vite ; après avoir reconnu , certifié V acte du 18 juillet ; après avoir donné l'ordre à M. de Maulde de l'exécuter avec zèle et promptitude , en me priant de Vy aider ; après m'avoir solennellement promis que le cautionnement éternel serait avant moi à la Haye ; après m'avoir offert , sans que je le lui demandasse , i ou 3oo mille francs sur son département , me priant même de lui envoyer mes avis sur la manière d'acheter les toiles et autres marchandises sèches de Hollande , je ne pouvais , sans l'insulter , lui montrer aucun doute sur sa bonne volonté. Prenant patience, en enrageant, j'allais me rappeler encore a sa mémoire, lorsque l'on me remit une grande lettre contresignée Lebrun.
Ah ! me dis-je, avec un soupir, qui sait attendre voit souvent la fin de ses tribulations. J'ouvris cette lettre et j'y lus :
Paris , le 9 novembre 1792 , l'an ier de la Republique.
J'ai reçu , citoyen , la lettre (jue vous m'avez écrite de
la Have(i) , et je n'ai différé d'y répondre que parce que
( 1 ) Jr: lui en avais écrit quatre. T'insère dans le texte sa lettre el ma réponse, parce qu'enfin c'est la ce gui teluireit tout,
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je me suis procuré de nouveaux renseignements sur la, cargaison des fusils arrêtés par ordre de l'amirauté à Tervère. Sans entrer dans aucun détail sur la spéculation que vous avez faite , ni sur son objet , je vais vous instruire tout simplement de ce qui m'est revenu sur la qualité de ces armes. Elles ont d'abord servi aux corps francs à l'époque de la dernière révolution tentée par les patriotes hollandais, ensuite vendues aux Belges qui en ont aussi fait usage dans le temps de leur révolution • elles ont enfin été achetées par des négociants hollandais de qui vous les tenez.
Je conviens qu'un cautionnement de cinquante mille florins , demandé pour lever l'embargo mis sur de vieux fusils , vous dégagerait sans doute d'un embarras bien grand, de savoir où les placer. Je conviens que le traité passé entre vous et l'ex-ministre Lajard est fort avantageux ; mais soyez de bonne foi , citoyen, et convenez a votre tour que nous serions bien dupes d'approuver un pareil traité , et d'y donner notre adhésion. Nos vues et nos principes ne s'accordent point avec ceux de nos prédécesseurs. Us ont eu l'air de vouloir ce qu'ils ne voulaient pas ; et nous , bons patriotes , bons citoyens , désirant sincèrement faire le bien et le voulant , nous remplissons les devoirs de notre place avec autant de loyauté, de probité , que de franchise (1).
Depuis quelque temps je ne me mêle plus d'achats d'armes. Ces opérations mercantilles ne s'accordent guère avec le genre de travail et de connaissance qu'exige mon département. Dans un moment pressant ou il fallait
(t) Lebrun bou patriote ! aimant la liberté ! Il a donc bien ebang^ depuis i ■jSS.
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de toute nécessité des fusils, on s'est jeté avidement sur tout ce que l'on a trouvé. Actuellement que les mêmes besoins n'existent plus , le ministre de la Guerre s'attaclie principalement à la bonté des fusils et au prix modéré. Ce n'est donc plus mon affaire , et j'ai cessé de m'en occuper. Retournez-vous du côté du citoyen Pache , et adressez-lui vos réclamations , c'est à lui à prononcer et à vous dire si elles sont justes et fondées.
)) Quant à moi , je ne suis plus en mesure ni en position de rien faire et décider sur un objet , comme, vous savez , hors du ressort de mon département.
» Le Ministre des Affaires étrangères, Lebrun.
)> P. S. J'ai envoyé copie de votre lettre au ministre de la guerre; je recevrai incessamment sa réponse, dont je vous ferai parvenir la copie. »
Ah! grand Dieu ! m'écriai-je après ma lecture achevée ; vit-on jamais rien de semblable ! et c'était pour finir ainsi, que l'on m'envoyait en Hollande : 6 destable perfidie!
Dans le premier mouvement de mon indignation j'avais lutté, par ma colère , contre 1 ironie du ministre. J'opposais à 1 hypocrisie de son fatal patriotisme, ses basses requêtes , et ses perfides lettres à V Empereur Joseph , contre la liberté Brabançonne en 1787 et 1788, et je mettais le (lazetier à jour. Mes amis n'ayant pas souffert que ce premier élan trop amer m'échappât, je pris le pénible parti de raisonner avec qui m'iu-
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sultait. Quand mes sens furent appaisés , je lui écrivis ce qui suit.
Ah! je prie mes lecteurs d'en dévorer l'ennui. C'est le secret de cette comédie terrible !
La Haye , ce 16 novembre i7(p.
Citoyen Ministre ,
<< En réponse à l'unique lettre quefaje jamais reçue de vous , en date du g novembre , je vous préviens que les difficultés qui clouaient à Tervère les fusils de Hollande , sont levées , grâce à Dumoiiriez , à l'instant où l'intrigue de la burocratie française en fait renaître de nouvelles pour les y river si elle peut.
» Yous êtes un homme trop honnête pour avoir lu , en la signant , la perfide ironie que l'on m'envoie en votre nom.
» Vous auriez réfléchi qu'il ne s'agit ici d'aucun embarras de ma part de vendre ces armes à personne , puisque , depuis huit mois , mon premier traité les attache à la France ', que , depuis quatre mois , le second traité vous démontre que deux Ministres et trois Comités réunis ont refusé de les en détacher ; lorsque, las des repoussoirs de nos Ministres patriotes , je demandai très-net au an me permit d'en disposer , pouvant le faire alors avec grand avantage, s'il était vrai que la France n'en voulût plus !
«Vous auriez réfléchi que ne pouvant être à la fois propriétaire et dépouillé par Pacte du 18 juillet , je n'ai plus d'autre soin que de livrer ces armes; que, dans la position contraire , j'en serais maintenant d'autant moins empêtré , que votre élu Constanlini m'en a fait offrir de nouveau par M. de Maulde les sept florins huit sols que
ses grands associes nie proposèrent à /'abbaye , avec promesse de ni en tirer si f accédais à ce marché.
» Vous auriez réfléchi encore , vous qui connaissez tant l'ahaire comme commis , comme ministre , que , loin d'avoir jamais donné ces armes à personne pour neuves , je n'ai cessé de dire et d'écrire à vous et à tous vos col ligues, qu'elles venaient des Brabançons. Ce cautionnement exigé par V empereur , du Hollandais que je dois en couvrir , n'est-il donc pas la preuve matérielle d'un l'ait qui vous battit les oreilles cent fois ? Vos commis vous respectent peu , de vous faire dire dans cette lettre , que voi s apprenez à l'instant ce que vous savez bien </ue vous savez depuis six mois ! ( Je vous nommerai celui que vous devez gronder. )
» Vous auriez réfléchi en outre, que si ces armes eussent été neuves , je n'aurais pu vous les laisser au prix de huit florins banco , ou de quatorze schelings en or , ou de 1 7 francs en écus , ou de 5o livres en assignats ( c'est tout un ); quand vous aviez la bonhomie ( que vous avez encote, Messieurs) d'acheter pour trente schelings en or, à Londres , qui font 66 livres en écus, et plus de Go liv. en assignats , des fusils neufs très-médiocres ! Lorsque , dans la même ville, vous avez depuis acheté de 20 jus- </u'<i a5 livres schelings en or , ou 5o livres en écus , ou plus de 5o en assignats , de vieux fusils qui , presque tous , avaient servi de leste dans des vaisseaux allant aux Indus , dont on était forcé , pour parvenir à vous les veiulie , do détremper toutes les platines pour pouvoir dévorer la rouille , n'y retrempant que la batterie.
» Vous les recevez néanmoins sans vous plaindre ni du haut prix ni de la basse qualité , parce que ce sont , nous dit-on , l'os affiliés qui les fournissent. ( Oui , mais
per partachir , comme dit le Raguzin ) ! ce qui est un pou loin du prix modéré de mes armes , vendues à huit florins on 14 schelings en or, ou 17 francs écus de France , on 3o livres en assignats ! Mes armes , dans lesquelles il se trouve une forte partie de neuves , que vous n'auriez pas aujourd'hui pour six couronnes à Liège , ou oti livres en écus , ou 60 livres en assignats ! Mes armes que je soumettais au triage , les ayant achetées en bloc !
» Vous auriez enfin réfléchi quuii cautionnement commercial , de cinquante mille florins , n'est point un déboursé de cette somme ; et que tout se réduit , en rapportant l'acquit à caution déchargé > à une commission de banque, qui ne va pas à deux mille francs , comme je vous l'ai dit vingt fois , tant chez vous qu'au conseil des ministres : mais l'ignorance et la malignité marchent de pair autour de vous , Monsieur; c'est le malheur des mauvais choix !
» Et notez , ministre trompé ! que ceux qui vous écrivent , ou qui vous donnent ces belles notions sur mes armes, ne les ont jamais, jamais vues : car elles sont encaissées depuis près d'une année.
» Notez que ces donneurs d'avis ont fait près de moi l'impossible pour me les arracher en bloc , tant à Paris , que depuis , à la Haye , à un florin de moins que vous ne les payez .
» JNotez que je vous l'écrivis le 19 août à Paris ; que mon refus de les céder me fit emprisonner , trois jours après , à l 'Abbaye , où, sous vos bons auspices, ils vinrent renouveler leurs offres , où je manquai enfin d'être égorgé , ce que la société voulait.
» JNotez encore , 6 ministre trompé ! que ces acheteurs exclusifs ( privilégiés par vous ) de toutes 'fournitures
hollandaises , et que vous gorgez d'assignats ( comme l'on i.iiî: pour ses amis ), ue peuvent pas ra'offrir sept florins huit sols , sans les fiais , au premier mot qui leur échappe , s'ils ne sont pas certains de les vendre dix , onze ou douze florins , à la nation , par l'entremise bénévole de nos ministres patriotes ! surtout s'ils donnent , comme ils Usent , vingt-cinq jiour cent , de toutes leurs fournitures au p électeur dû prèvùlêge , sans tous les intérêts (ju'oii réserve aux amis ( per partachir , bien entendu ) !
» Votre secrétaire vous fait dire, dans la lettre que je commente , (pie , depuis quelque temps, vous ne vous mêlez plus d achat d'armes. Ali ! plût au ciel , pour la nation , cpie vous ne vous en fussiez jamais mêlé ! Mais tâfez— vous sérieusement, j'ai peur qu'on ne vous trompe encore, témoin Velu Constantin', qui en achète par vos ordres.
» Il vous fait dire aussi que vos prédécesseurs , en traitant avec moi , feignaient tous de vouloir ce qu'ils ne voulaient pas. ( C'est sans doute servir la patrie , que vous pniendez par ces mots. ) Mais il oublie que vos prédéces*» seurs , Lajard, Chambonas et de Graves , eurent la modestie , que vous n'avez nos eue , de consulter les comités de V assemblée nationale ; qu'aucun d'eux n'a rien fait, sans leur avis au préalable , d'où il résulte , selon vous , quoiqu'on n'ose pas vous Le faire dire , que tous ces comités étaient leurs complices et les miens ; tandis que vous, Ministre , soi-disant patriote , ni avez tout refusé pour le service de la patrie , quand je partis pour la Hollande, malgré l'avis des comités , quoiqu'ils l'exigeassent de vous , au nom de Rassemblée , et que vous le leur promissiez !
» Ministre ! il est bien clair que vous n'êtes en ceci ni
mon complice ni le leur. Personne ne vous en accuse. Si vous aviez besoin d'un joli témoin sur ce fait , l'ami Conslantini pourrait très-bien vous en servir.
» Je finis. — Si , au lieu d'apprendre ces choses , ou de vos commis , ou de moi , par hasard , minisire trompé , vous en étiez instruit d'avance , je me verrais réduit à supputer que vous aviez bien envie de ces armes , pourvu que Velu les fournît et non moi ; que comme il est certain i/uil ne les obtiendra jamais, cette brutalité gauloise, bien annoncée par lui à ses amis , peut avoir fait changer les anciennes mesures en de nouvelles plus sévères, qu'on ne m' annonce encore que vaguement ! Alors je serais bien tenté de vous écrire , en finissant ma lettre avec respect , que je suis en grande surprise de votre conduite impolilique.
» Citoyen ministre trompé dans vos vues.
» Votre , etc. »
Signé Caron Beaumarchais.
« A Dieu ne plaise que je le pense ! Mais » puisque vous avez, dites-vous, communiqué » la lettre au nouveau ministre Vache , commu- » niquez-lui la réponse : c'est un commencement » d'instruction dont il vous saura très-bon gré.»
Quand ma lettre fut à la poste, je me sentis bien soulagé : ma foi ! pour celle-ci, elle partit à son adresse , craignant pour mon chef de bureaux qu'on ne lui fît un mauvais tour, si je l'en rendais le porteur. Attendons, dis -je, maintenant les
ac's que l'on me promet*. Voyons surtout ce que dira notre nouveau ministre Poche.
Je m'en allai à Piotterdam faire dresser les actes que je voulais avoir du négociant Osy , premier vendeur. 11 parut étonné de ce genre de méçautions. Je l'assurai que maposition l'exigeait. Cela le rendit talonneur. Je m'apercevais bien qu'il servait son pays ; mais qu'avais-je à lui dire, moi qui servais le mien ?
Enfin , nous terminâmes tout , moyennant les quatre actes notariés cn.e l'on peut voir. Le pre nier , par lequel il me reconnaît légalement propriétaire des fusils , moyennant toutes les - aimes à lui pavées par moi, dont la quittance finale est de la modique somme de mille vingtsix florins deux sons huit deniers pour solde ;
Le second , par lequel je m'engage de ne point faire sortir les armes de Tervère x sans lui avoir fourni le cautionnement de cinquante mille florins dy Allemagne ;
Le troisième, par lequel je m'engage à lui rembourser tous les frais de magasinage, et autres, qui ne sont pas compris dans le payement des aimes, et doivent en être arbitrés ;
Le quatrième enfin , par lequel je promets de ne le point poursuivre personnellement pour les obstacles politiques $CE LL. HH. PP. oint mis
a 1/ EXTRADITION DE MES ARMES.
Plus mie lettre à James Turingfds, deTervère, avec ordre de me livrer tous les fusils qu'il a reçus , mais d'empêcher rembarquement , jusqu'à remise, par moi y du cautionnement engagé! Plus une lettre à son armurier de Bruxelles , pour qu'il se transporte à Tercère , à ma réquisition , y reconnaître que les fusils n'ont été vus ni touchés par personne , depuis qu'il les a encaissés, au mois de février dernier , et que tout est conforme à l'état qu'il en a donné.
L'on voit que je suis bien en règle. Mais dans ceci , je ne vois pas que personne y fasse mention ni des prétentions d un Provins que Lecointre m'a opposées , ni des arrêts que ce Provins a mis auprès du négociant Osy , pour qu'il ne livrât point ces armes à Pierre - Augustin Beaumarchais , qui est moi.
Dans tout ceci, je ne vois pas non plus qu'il soit question d'aucuns débats sur ma propriété des armes , par aucun autre propriétaire , qui les ait arrêtées à Tervére , comme le 7?iinistre Lebrun a dit expressément au dénonciateur I.ecointre , qu'il venait d'en faire à l'instant la trèsheureuse découverte.
M. Lebrun! M. Lecointre ! ces quatre actes sont imprimés. Les originaux , je les ai. Lisez-les bien , chacun dans votre esprit. Lebrun suit la marche des taupes : on a rendu Lecointre inju-
riant pour moi : deux genres d'escrime où je ne suis pas fort. Voyons si la raison et la modération sont des armes d'assez bonne trempe pour faire plier celles-là !
Un mot d'explication est nécessaire ici pour lever toute obscurité sur la conduite des Hollandais.
Loin que ces Etals puissent dire (comme le prétend M. Lebrun) qu'ils n'ont jamais empêché ces armes de sortir; qu'il y a eu seulement des oppositions de personnes se disant propriétaires , etc., la vérité, prouvée par pièces juridiques ( ma requête du 12 juin , et la réponse des Etats-Généraux, du 26 juin 1792 ), la vérité, dis-je , est que le seul réclamant qui se lût opposé au départ de ces armes, était un sieur Buohl , ministre, agent de l'Empereur; qui prétendait que son auguste maître avait encore des droits sur ces fusils , quoique M. Osy ( de qui seul je les tiens) les lui eut bien payés comptant y quoique ce même Osy , avant de les faire enlever cies citadelles de Malines et Namur , ou d'Anvers , pour satisfaire aux lois de son traité, eût fait fournir à l'Empereur, par MM. Valkiers, Gamaraches de Bruxelles , un caulionnennMit de 5o,ooo jlorins , lequel est libellé dans l'acte; duquel cautionnement, qui éteint tous droits de r Empereur , je me suis fait donner, comme on
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l'a vu, cette attestation notariée, par le même banquier Osy , ainsi que quittance finale de mes payements faits à lui, par-devant le même notaire, pour repondre a M. Buohl, et plus encore à MM. Clavière et Lebrun, qui feignaient d'élever des doutes , non seulement sur ma propriété, mais sur l'existence même des armes, dans le port de Tervère.
La note de M. Buohl , remise aux Etats de Hollande, au nom du roi de Hongrie, devient tellement importante, pour reconnaître à tout jamais la vérité , le vrai motif de l'embargo des Hollandais sur nos fusils , et la véracité du ministre Lebrun , que je vais l'insérer ici :
» Note de M. le baron de Buohl , chargé des affaires de la cour de Vienne, remise le 5 juin 1792 , à LL. III I. PP. ; et le 8 , par M. le greffier Fagel , à M. de Maulcle , ministre plénipotentiaire de France à la Haye, qui en a remis copie à M. de la Hogue le 9; lequel a répondu' le 12, et auquel LL. HH. PP. ont répondu le 26 juin. »
« Le soussigné' , chargé d'affaires de S. M. le roi apostolique de Hongrie et (Je Bohême , a l'honneur de s'adresser à M. le greffier Fagel , le priant de vouloir bien porter à la connaissance de LL. HH. PP. que les armes qui se trouvent actuellement au port de Tervère en Zélande , sont celles qui ont été vendues par le département de l'artillerie du roi aux Pays-Bas , à la maison Jean Osy et fils
de Rotterdam , sous la condition expresse que lesdites armes seraient transportées aux. Indes , et qu'il en consterait au gouvernement. Celte condition , bien loin d'avoir été remplie , ne pourrait (jiie trop facilement être éludée , au préjudice du service de S. M. par V effet d'un contrat de rétrocession fait en faveur de divers acquéreurs.
» Le droit manifeste qui en résulte pour le roi apostolique, de réclamer sa propriété (l.) par le non accomplissement de la condition mentionnée, a motivé les ordres très-précis, en vertu desquels le soussigné est chargé de demander l'interposition et l'autorité de LL. 111'. PP. , afin que leur exportation ne puisse s' obtenir , sols au eux