FAIT
Sur leTr alternent proposé par la comédie française j en 1 79 1 ; et DÉLIBÉRATION prise a ce sujet (i).
Vous désirez, Messieurs, que je vous offre, sous la forme d'un nouveau rapport, les vues qui tendent à rapprocher les auteurs dramatiques des comédiens français, et mes observations sur les offres de ces derniers, cjui sont : le septième de la recette y goo livres de frais prélevés , sans les frais extraordinaires !
Une difficulté m'arrête à la première période.
Sans doute vous ne voulez point faire un mys-
(i) Les auteurs dramatiques, fatigués d'entendre par^ tout des personnes induites en erreur leur dire qu'ils traitent mal les comédiens français, et qu'ils ont juré leur ruine, ont exigé que ce travail , qui n'avait été fait que pour eux et pour MM. les comédiens, devînt puLlic par l'impression, afin qu'on pût jiiger des motifs qui ont fondé leur délerminalion.
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tère aux comédiens français de mon rapport ;, ni de vos décisions; et pour le bien de Ions, vous ne devez pas le vouloir. Mais l'assemblée nationale, par un de ses décrets, ayant détruit toute corporation , toute association nommée délibérante, les comédiens pourraient, en pressurant le texte du décret, méconnaître une résolution émanée de vous en commun : et , par cette objection vicieuse, nuire au rapprochement que nous désirons opérer.
Pour lever cet obstacle , sans rien chang-er au vœu que vous formez de n'avoir tous qu'un même avis sur des conventions raisonnables, je dois vous rappeler que la loi ne défendant point d'émettre un vccu individuel, qui peut être eelui de tous y rien n'empêche, Messieurs, que vous vous assembliez pour veiller en commun à la propagation de l'art que vous professez tous , à sa décence, à son perfectionnement, à tous les points qui intéressent et ses succès et sa durée.
Alors les auteurs soussignés ^ qui formeront votre assemblée, ayant un égal intérêt aux sages conventions qu'on doit faire avec les spectacles , chacun peut adopter les vues qui conviennent à tous, et donner ses pouvoirs pour traiter avec les théâtres, au même procureur fondé que nous avions chargé des nôtres avant le décret prononcé contre les associations.
AUX AUTEURS DRAMATIQUES. 189 Je pense aussi qnele lliéàlre qui élèverait celle difficullé , avant de Irailer avec vous , aurait besoin d'un grand mérite pour effacer la juste répugnance qu'une telle conduite vous donnerait pour lui. Je ne le présume d'aucun , puisque déjà trois grands spectacles ont accepté les conventions que , nous tous auteurs soussignés , avons arrêtées avec eux sous cette forme très-légale.
Cela posé, j'entre en matière.
Vous avez, Messieurs, sollicité, obtenu de nos législateurs un décret solennel qui vous assure enfin la propriété intégrale de vos ouvrages de théâtre.
Votre propriété rentrée, il a fallu songer à en régler l'usage. D'une commune voix, vous avez tous jugé qu'il n'y avait pour les auteurs qu'un seul mode qui fût décent, digne du noble emploi que vous faites de vos talents , celui de vous soumettre à la parfaite égalité de droits sur l'utile et l'honorifique.
Prenant pour base de vos demandes aux théâtres qui doivenl représenter vos pièces, l'équité la plus modérée, vous avez arrêté de continuer de faire à tous les comédiens, dans une affaire absolument commune, un sort bien supérieur au sort que vous vous réservez. L'entreprise elle-même restant chargée de tous les frais, vous ne voule:i
igo RAPPORT
d'eux qu'un septième y et vous leur laissez les six
autres.
Une prétenlion si modeste n'est pas neuve de voire pari : depuis douze ans la comédie française , seule filière alors de vos succès , en recueillail tout l'avanla^'e; et. malofré l'immense crédit qui leur eût permis d'oser plus, depuis douze ans les comédiens français étaient forcés de convenir que garder six septièmes du gain, après avoir levé 600 livres de frais, était un sort bien magnifique abandonné par les auteurs ! Depuis douze ans aussi, dirigés par le même esprit, vous voyiez sans chagrin , Messieurs, que tous les auteurs dramatiques ne s'étaient jamais partagé jusqu'à 38,ooo francs par an, dans ces fortes années oii le produit brut d'un million laissait aux comédiens français 2 5, 26, 27 mille francs de pari entière. La médiocre somme que vous vous partagiez n'aurait rendu à chaque auteur alors que i,65o livres en masse, s'ils avaient fait bourse commune.
Vous vous étiez réduits ainsi parce que vous aviez ju^ré oue les comédiens ont des chances de revers auxquelles \ ous n cMes point soumis, parce que vous pouvez cesser de faire des pièces de théâtre quand ils ne peuvent cesser d'en jouer; parce que leur état, exigeant des dépenses, leur impose un genre de vie dispendieux et dissipateur,
AUX AUTEURS DRAMATIQUES. 191 que le travail du cabinet tous rend à vous presque étrang-er; parce qu'enfin l'homme de génie peut s'honorer d'être fier, pauvre et modeste, lorsque le talent du débit demande une sorte de faste. Vous aviez donc tous arrêté que, levant les frais du spectacle réglés à 600 francs par jour, chaque auteur n'aurait qu'ww septième sur le restant de la recelte pour un grand ouvrage en cinq actes, et les autres en proportion, laissant aux acteurs qui les jouent les six septièmes de tout le reste.
Vous ne changez rien aujourd'hui à ces modestes conventions , sinon qu'au lieu de Goo livres vous en passez 700 aux comédiens français, sans augmenter votre sort d'une obole. On chercherait en vain ici la cause du plus léger débat, et pourtant vous en avez un qui me paraît interminable.
Avant de mettre au jour ce qui vous honore, Blessieurs, dans cette répartition de gains d'une plus grande inégalité que ceci n'en offre l'aspect, permettez-moi de rappeler succinctement les bases générales d'où sortent vos traités avec tous les théâtres.
i<* La loi du septième exigé sur la recette pour les pièces en cinq actes ( une somme de frais levée), doit élre rigoureusement uniforme pour tous les théâtres de France; sans cela, plus de base fixe à l'état fuiur des auteurs; vous suivrez, pour
les autres pièces , voire proportion établie dii dixième et du (quatorzième sur le règlement du septième.
2° La loi que vous vous faites de passer aux spectacles une somme de frais èquilablemenl arrêtée , dont les articles ne varient point, doit être maintenue aussi; sans cela, plus de règles pour traiter avec les spectacles : tout devient arbitraire, et les disputes recommencent.
50 La méthode de simplifier les comptes de cette partie, en substituant une somme fixe de frais alloués à l'amiable, aux détails fatigans d'un examen perpétuel de ces frais, est assez bonne, selon moi, mais c'est lorsque le résultat d'une discussion préliminaire rentre à peu près dans la somme allouée; sans cela, les auteurs seraient justement assaillis des plaintes des spectacles qui se trouveraient traités moins favorablement que d'autres, et c'est ce qu'on doit éviter.
4^ Les considérations particulières qui peuvent faire accorder des exceptions avantageuses à de certains théâtres, doivent toujours être expliquées dans les conventions écrites, pour qu'elles répondent d'avance aux réclamations des spectacles qui ne se trouveraient point dans le cas d'obtenir de ces exceptions.
6° Nul auteur signataire, dans la libre associalion que le bien du théâtre exige, ne doit se croire
AUX AUTEURS DRAMATIQUES. igS en droit d'y rien changer, dans ses conventions avec les spectacles qui joueront désormais ses pièces; autrement tout devient un combat sourd d'intrigues perpétuelles pour obtenir des préiérences, et l'état des auleurs modérés et paisibles serait pire que par le passé.
6^ Vous devez lous vous regarder comme les défenseurs nés des théâtres, pour arrêter les vexalions que les abus d'autorité voudraient leur faire supporter , et cet article est de rigueur pour vous.
Il serait bien à souhaiter, Messieurs, que toutes les questions qui s'élèveront relativement à ces principes, fussent à l'avenir jugées à l'amiable par -un comité de gens de lettres et de théâtre , bien choisis, où lous les conlendants auteurs et comédiens expliqueraient les motifs de leurs prétentions réciproques, afin que ces débals qui, portés dans les tribunaux, y sont souvent vus du colé qui prêle au ridicule, cessent de mettre les honunes d'esprit ou de génie de la htlérature à la merci des sols dont le monde est toujours rempli.
Appliquons maintenant au théâtre français l'usage de tous ces principes.
Si l'exactitude des chiffres donnait des résultais sévères contre les comédiens français, n'en induisez pivs, je vous prie, que je suis l'ennemi d un
arrangement avec eux. Personne plus que moi n'en senl la grande utilité, à laquelle je souhaiterais qu'on pût faire fléchir la rigueur même du principe. C'est à vous de juger, Messieurs, si vous pouvez admettre en leur faveur des considérations particuhères; ou si, dans des dispositions qui intéressent autant vos successeurs que vous, il vous est permis d'accueillir d'autre principe de décision que celui seul de la justice.
Des comédiens se réunissent vingt-trois personnes pour partager les emplo s d'un spectacle et les produits de l'entreprise, ou tous les mois ou tous les ans; soit qu'ils jouent, soit qu'ils ne jouent ipas dans l'ouvrage de chaque auteur, ils partagent tous au produit, car ils sont en société.
Les hommes de lettres qui se succèdent pour fournir au jeu d'une année les représentations théâtrales, sont à peu près vingt-trois aussi par an. Chacun d'eux ne partageant point quand on joue l'ouvrage d'un autre , et n'étant point en société ni de succès ni de recette, à la fin de l'année, au compte général, il résultera seulement que, ce spectacle ayant levé ses frais, a partagé son bénéfice entre vingt-trois auteurs et vingt-trois comédiens; mais dans une telle proportion, que les auteurs vivants, qui semblent lever cnlre eux tous im septième effectif sur la
AUX AUTEURS DRAMATIQUES. i()5 recelle annuelle, n'en touchent réellement quun vingt- septième en masse y et que la propoilion exacle du sort des vingt-trois comédiens à celui des vingt-trois auteurs est, pour chacun des comédiens, comme 2j francs à 20 sous. Cela peut paraître choquant; en voici la preuve évidente.
Si les auteurs vivants n'offraient à jouer aux comédiens que des ouvrages en cinq actes, et qu'on en donnât un tous les jours de l'année, les auteurs toucheraient par an le septième du produit net. Mais comme le fonds existant du phis superbe répertoire d'ouvrages d'auteurs morts, ne laisse d'espoir à ceux qui vivent que de voir jouer leurs pièces au plus de trois jours Vun, en concurrence avec les chefs-d œuvre anciens, ils ue toucheront jamais dans larecclteannuelleyw'«/^ septième dans les tiers des représentations y ou le 'vingt-unieme au totalj encore en supposant qu'on jouerait, dans ce temps qui leur est consacré, une pièce en cinq actes par jour.
Mais comme il est aussi prouvé que, sur les ouvrages nouveaux , la succession de la mise au théâtre est toujours établie entre une pièce en cinq actes, une en trois actes et ime en deux ou un, qui ont différents honoraires, il en résulle qu'un tiers seul des ouvrages représentés offre à ses auteurs l'honoraire du septième j puis le second tiers, le dixième ^ et l'autre enfin, le quatorzième ^
igG RAPPORT
lesquels, tous pris ensemble, n'offrent qiLun neui^ieme effectif, qui n'a lieu , ainsi qu'on l'a vu , que pour un seul tiers de l'année.
Donc la part annuelle des auteurs, ne pouvant être en masse que du neuvième dans le tiers des recettes , n'est que du vingt-septième sur la totalité, ce qu'il fallait vous démontrer.
Tout ceci bien prouvé, quelle que soit la recelte, forte ou faible, immense ou exiguë, la proportion sera toujours la même, du sort des comédiens au vôtre. Ainsi. ( pour donner un exemple qui ne sorte point du sujet), pendant l'année dernière , la comédie française prétend n'avoir touché que 8,000 francs de part entière, au total de 19^,000 livres divisées en vingt-trois parties; les vingt-trois auteurs de l'année, s'ils n'avaient pas retiré leurs pièces, n'auraient partagé entre eux tous , dans la proportion du vingtseptième établi, que 7,186 livres. Donc 5i2 liv. eussent été le sort de chaque homme de lettres.
Les auteurs, se contenter à' un, lorsque les acteurs ont vingt-sept, ce n'est point là ruiner la comédie française! En quelque ville de l'empire que vous employiez un théâtre à ce taux , vous pourrez vous vanter, Messieurs, d'un parfait désintéressement.
Parcourons d'autres hypothèses. Je suppose que les comédiens, trouvant leur répertoire usé, pen-
AUX AUTEURS DRAMATIQUES. 197 sent qu'il est de leur inlérét d'exploiter plus de nouveautés, et qu'au lieu d'un tiers de l'année, ils doivent leur en consacrer deux : il est bien clair alors (tous les rapports restant les mêmes, quand celui-là seul est changé) que le sort des auteurs se trouverait doublé, et qu'au lieu de 18,000 francs ils auraient à se partager 06,000 livres chaque année; qu'alors la proportion de sort entre les comédiens et eux, ne serait plus comme 27/11, mais seulement comme 18.
Mais aussi, comme celte idée ne peut venir aux comédiens que lorsqu'ils sentiront enfin que les six septièmes dune grande recette valent mieux que les sept septièmes d'une petite ; si le sort des auteurs élait doublé en masse, celui des comédiens redeviendrait tout ce qu'il fut dans ces formidables années, où, au heu de 600,000 livres, ils eurent jusqu'à un million de produit brut à répartir. La proportion serait toujours la même entre le sort des comédiens et des auteurs ; seulement le produit aurait été doublé pour tous.
Que si, sans augmenter la recelte commune, présumée à 2^100 livres^ les comédiens sentaient qu'ils ne peuvent arriver même à ce taux moyen qu'en forçant sur les nouveautés ( les ouvrages anciens leur rendant à peine les frais ), alors il faudrait revenir à ce trcs-bon raisonnement qu'ils repoussent de toutes leurs têtes, que les nouveau-
igS HAPrORT
tés seules fesanl la prospérité des spectacles, il esl peut-êlre encore moins mallionnéle que maladroit de vouloir amoindrir le sort modeste des auteurs, au risque de périr faute de bonnes nouveautés; lorsque, dans les g-randes années, où la portion de chaque comédien a monté à 27 mille francSj celle des vini^t-trois auteurs ensemble n'a jamais été jusqu'à 38. 000 livres.
Je crois savoir, ainsi que vous, quel peut être l'espoir des comédiens français, lequel n'est pas toujours déçu : c'est que quelques jeunes auteurs, en fesant leurs premiers essais, pressés de g^loire ou de besoin , leur céderont souvent des pièces au prix qu'ils voudront en offrir. Mais ces jeunes gens, détrompés, ne tarderont pas à sentir le tort qui leur a éléfait.Lorsque les troupes du royaume, en leur demandant leurs ouvragées qu'on aura joués à ce théâtre, leur diront assez justement: Les comédiens français vous donnaient le dixième^ ou le seizième y ou le vingtième^ qui vous rapportaient peu de chose ; nous , dont les recettes sont moindres , nous ne vous offrirons pas plus. Où vous aviez 20 francs chez eux, il vous revient 20 sous chez nous. Alors, sentant la conséquence du mauvais parti qu'ils ont pris , et qu'une démarche lég-cre les met à la merci de tous les directeurs, ils quitteront les comédiens français.
Abordons maintenant la question des frais jour-
AUX AUTEURS DRA]\ÎAT1QUES. 19.9 naliers. Ils n'ont rien de semblable entre eux que la nature des articles, qui ne doitvarier nulle part. La valeur de chacun d'eux varie selon l'iuiportance des théâtres, suivant le plus ou moins d'objets qu'un spectacle veut embrasser.
Les seuls articles invariables que vous allouez aux spectacles, sous le nom de frais journaliers, ^ dans r imprimé qu'ils ont reçu de vous y sont:
Le loyer de la salle.
La garde , autant qu'elle est payée.
Le luminaire.
Le chauftage.
L'abonnement des hôpitaux, tant que l'abonnement subsiste.
Les employés an service du spectacle.
Les affiches , les imprimés.
Le service pour les incendies.
Vous n'en avez point passé d'autres.
Ces objets arrêtés, vous avez vérifié, en traitant avec les spectacles, à quelle somme chacun montait, et vous les avez tous alloués avec la plus grande équité sur les registres et les renseignements que chaque théâtre a fournis.
Puis ils vous ont prié, pour simplifier les comptes, d'en faire une somme commune qu'on allouerait à l'amiable, en ajoutant pour frais extraordinaires entre un cinquième et deux cinquièmes de la somme
200 RArrORT
allouée, dont le !otal serait la releniie journalière au-delà de laquelle le partage commencerait sur îe pied du .^eptiewo^ ainsi que vous l'avez réi^-lé.
Le résultat de vos calculs vous a lait allouer, INIessieurs, 700 livres de frais, tout compris y à la coînédie italienne j même somme de 700 livres ûu théâtre français de la rue de Richelieu j Goo livres par jour au théâtre dit du Marais j ainsi en proportion aux autres.
Restaient MM. les comédiens français qui, calculant avec chag-rinla différence qui résulte pour eux de la concurrence actuelle à leur monopole passé, n'ont voulu traiter avec vous qu au dixième de la recette pour les pièces en cinq actes, retenant 800 livres pour les frais journaliers, plus les frais extraordinaires. Mais vous avez jugé , Bléssieurs, que vous ne pouviez vous écarter de cette unité de principes qui sert de base à vos traités avec tous les autres théâtres, sans rester exposés à des réclamations, à des difficultés, à des débals sans nombre; et vous m'avez chargé d'écrire en votre nom aux comédiens français, que y sans rien changer au passé, vous continueriez tous de traiter avec eux au seplihnie de la recette, en allouant avec équité les seuls articles de frais cidessus spécifiés, comme à tous les autres théâtres, quelles qu'en fussent les sommes établies d'après leurs registres.
Dans leur chagrin , ils ont été long-temps sans vouloir les communiquer. Enfin , les ayant obtenus, j'ai fait un long travail dont le but pacifique était de leur prouver, qu'à la différence près d'hériter des auteurs au beau milieu de leur carrière, dont le décret du i5 janvier les avait justement privés, ils ont réellement obtenu beaucoup d'amendements en mieux sur divers articles des frais.
Les auteurs, leur disais-je , ne vous passaient depuis douze ans que 600 livres de frais par jour; et pourtant, parles relevés de vos registres mêmes, sur tous CCS articles de frais, alloués nominaiiveiiient^ vous gagniez déjà, de compte fait, 01,000 1. par an, puisque tous ces frais journaliers ( les seuls -qu'aliouaient les auteurs , d'accord avec vous sur ce point) ne se montaient chez vous, d'après les livres de vos comptes, qua i63,4oo /., quand les auteurs vous en passaient 19^,400, en vous allouant à l'amiable 600 livres de frais par jour, et comptant l'année théàîrale alors de 024 jours.
Au heu de 600 livres que les auteurs passaient, ils vous en ont offert 700, qui, calculées à 55o jour^ par an, vous feront désormais une autre différence en gain de SS^ooo livres chaque année.
Vous gagnez les vingt mille écus de votre abonnement des pauvres.
Vous ne pavez point de loyer, quand les autres
spectacles en ont au moins pour trente mille livres chacun.
Vous ne payerez plus i4,ooo liv. de gMrde extérieure, car celte exigence est injuste. La clifFérence de ces som-(i'.oooi.-\
\5o,ooo 1./
mes (en comptant comme<3^,ooo i.VijOjOoo 1.
NI -a 1 >ii.ooo 1\
vous comptez) bombera donc' 6o,ooo i.) votre sort , sur vos dépenses journalières , de 170,000 liv. par an. Ces gains-Là, Messieurs, vaudraient mieux qu'un misérable gra pillage sur le traitement des auteurs , le(/iiel ne Tant pas jnille cens j et peut amener votre ruine.
Si vos receltes sont diminuées par les événenements actuels, c'est un mal passager, que les auteurs partagent avec vous. Ce n'est point sur leur sort modeste que vous pouvez réparer ce malheur. Quand vous annulleriez leur enlier Irailemcnl à tous , il est trop disproportionné pour cnlrer en ligne de compte avec les gains puissants que vous regrettez justement.
Eh ! que ferait leur sacrifice entier ? lorsqu'il est démontré que ( 700 livres de frais levés ) 2,100 liv. de recette par jour vous donneront un produit net , par an , de 490,000 liv. ; dans lequel produit les auteurs ne peuvent jamais entrer, en masse , que pour 17,600 liv. qu'ils se partagent entre vingt-trois j ce qui doit produire
AUX AUTEURS DRAMATIQUES. 2o5 à chacun 765 liv. par an , quand vous aurez pour chaque part 20,509 liv.
Si, au heu de lever 700 liv. de frais , vous en voulez prendre 900 , au lieu de 245, 000 liv. par an , vous lèverez alors 35o fois 900 livres , ou 3i 5,000 liv. Suivant votre façon de compter, dont je vous prouverai le vice , la différence en plus , pour vous , sera de 70,000 liv. Mais , comme les auteurs ne partagent que sur le pied du neuvième dans le tiers y qui est le vingt-septième , vous ne retrancherez , sur la part des mêmes auteurs , que le neuvième du tiers des frais , qui n'est aussi qu'un ving-t-septième.
Et c'est donc pour leur arracher ce vingtseptième de 70,000 liv. par an, ou 2,592 liv. sur leurs 17,600 liv., que vous vous obstinez à refuser leurs offres ? car tout le reste porte sur vous ! Remarquez bien cela , Messieurs ; tout le reste pointe sur vous! Vovez si 2,092 livres du plus au moins , par an , dans une recelte présumée de 735^000 livres , peuvent entrer en considération avec le mal affreux de vous séparer des auteurs ? Daignez comparer avec moi le résultat des deux décomptes , et jugez qui doit eu rougir.
Si les vingt-trois auteurs fesaient ce sacrifice , les 17,600 liv. qu'ils se partagent entre vingt-trois, réduites alors à i5,oo8 livres, ne laisseraient plus
2o4 RAPPOKT
à chacun , au lieu de 765 livres , que 653 livres
par an ; c'est piesque le huitième que nous leur ôteriez , lorsque cette différence, si c'est vous qui la supportez , îiest quun cent quatre-vingttroisième de diminué sur votre sort. Au lieu de 20,539 livres , vous ne loucherez plus chacun que 20,427 livres; c'est 112 liv. de moins, par an, à chaque comédien français. Pour les auteurs, vos nourriciers , c'est le huitième de leur sort j pour vous , c'est un cent quatre-vingt-troisième j et voilrà l'objet du débat auquel vous sacrifiez le théâtre français 1 Vous n'y avez pas bien réfléclii.
Tels ont été mes ar^juments. Je leur ai cent fois remontré que , dans leurs sept meilleures années, depuis 1782 jusques et compris 178g, où ils fesaient , année commune , 905,000 liv. de recette . toute la littérature en masse ne leur avait coûté que 57,802 //('. par anj qu'un traitement aussi modique , fùl-il diminué d'un huitième sur d'aussi puissantes recettes , ne pouvait jamais réparer ce qu'ils appelaient leur malheur.
Je leur démontrais, plume en main, ainsi que je viens de le faire, que désormais celte littérature, malgré le décret national qui la rendait à ses propriétés , ne leur coûterait qu'w/i vingtsepliènie du produit net de chaque année; cl ce travail, Messieurs, que j'ai mis sous vos jeux
AUX AUTEURS DR ASIATIQUES. 2o5 vous a bien convaincus, j'espère, du motif conciliateur qui me l'avait fait entreprendre. Mes peines ont été perdues.
Malgré mes arguments , mes conseils , et surtout mes chiffres , après de longs délais , et beaucoup de débats, 3IM. les comédiens français n'ont cru pouvoir aller qu'à vous offrir , Messieurs , le septième de la recette ^ en retenant, par jour y QOO lii^. de frais j plus y les frais extraordinaires j qui doivent passer 10,000 liv. , lesquels ensemble font 526,000 liv. par an.
Pour appuyer la prétention des 900 livres , ils disent qu'ils dépensent i,3oo liv, par jour (ce <]ui est vrai pour 1,100 liv.). Mais si celle somme se compose de frais la plujîart étrangers à ceux dont les articles sont justement fixés par vous, ^vec tous les aulrcs spectacles , doit-on vous les "passer en compte ?
Des feux d'acteurs , qui entrent dans leurs poches !
Des arrérages d'emprunts y dont ils ont des immeubles !
Des intérêts de fonds d-ùcteurs y dont l'argent est censé en caisse !
Des parts d'auteurs y qu'on ;peut payer, ou non, «t prises siir les bénéfices , tjuand les frais ont^le ■ levés !
Des voyages à la coz^r^ qui -deuieure à- Paris 1
2o6 RAPPORT
Des vÎTjgiiemes , des capitations , des aumônes ( devoirs de citoyens que nous remplissons lous ) \
Des étrennes y à.GsJiacres, des acteurs a l'essai ! etc. , etc. , el vingt articles d'elc. , qui s'élèvent ensemble à plus de 200,000 livres y sont-ils bien des frais journaliers, dans lesquels l'auteur doive entrer sur son neuvième très-chélii ? surtout lorsqu'en leur accordant 700 liv. avant le partage , ils ont à prélever 24^5, 000 liv. pour les frais !
Après m'étre un peu trop lâché , la ténacité qu'ils mettaient à se cramponner ù leur offre , m'a lait faire un nouveau travail , pour tacher de les ramener d'une erreur aussi dangereuse. Mais ils croyaient , Messieurs , avoir fait un si grand effort , en ne vous arrachant pas plus , qu'ils m'ont répondu net : que c'était aux auteurs a faire ce sacrifice ^ puisiiu eux s'étaient tant avancés sur leurs propositions y cjuand vous n'aviez rien changé sur les vôtres. Que dire à celte obstination , sinon qu ils sont bien malheureux d'aimer si fort leurs intérêts , et de les entendre si mal ?
Enfin , dans une conférence entre leurs commissaires, et quatre d'entre nous , j'ai pris sur moi d'aller jusqu'à leur proposer 800 liv. de frais par jour, sans élre.sùr que vous m'en avoueriez, mu par les considérations que \gs français étaient le seul théâtre qui avait (ait des pertes à la révolu-
AUX AUTEURS DRAMATIQUES. 207 tion , puisque tous les au 1res parlaient un répertoire immense , qu'ils avaient seuls depuis cent ans ; que ce théâtre avait été le berceau de tous vos succès; qu'ils payent les sottises de leurs prédécesseurs ; qu'ils font vingt mille francs de pension où leur honneur est eng-ag-é ; qu'aucun autre spectacle enfin ne pouvait exciper de toutes ces considérations, pour réclamer un avantage qu'un motif personnel aux comédiens français avait pu seul vous arracher. Mais , je le dis avec chagrin , j'ai perdu tout espoir d'un arrangement avec eux, lorsque , pour unique réponse , ils m'ont répété : que leur mot était de prélever 900 Iw. de frais par jour y sans les frais extraordinaires y en n'accordant que le septième.
Or , voyez tout le faux de ce fatal raisonnement !
Des 600 francs que vous passiez, aux 900 liv. qu'ils demandent, il paraît y avoir polir eux 3oo 1. de gain par jour , ou io5.ooo liv. par an , sans les frais extraordinaires, qu'on peut porter à 10,000 L Mais ce gain de 11 5, 000 liv. , auquel ils sont si acharnés , n'est qu'une vaine illusion , un faux aspect qui les égare.
Les 60,000 liv. de l'abonnement des pauvres ," le loyer qu'ils ne paient point , et la garde extérieure ceî>sant d'être à leur solde, sont des objets
2o8 RAPPORT
d'un gain réel. Le faux gain sur les frais n'est
rien.
Ces ii5,ooo livres exigées auraicnl bien toule leur valeur , si les auteurs , à qui on les demande, devaient les payer en effet; mais leur part est si misérable dans les receltes d'une année , que , sur un produit présumé de ^55,000 livres, on a vu qu'elle ne va pas même à 18,000 liv. par an. ■On en retiendrait mille écus (cl c'est plus qu'on ne peut vouloir leur arracher ) , que les comédiens, sur leur part , n'en payeraient pas moins, par an, 112,000 liv. dans les 1 15 ; objet dlun •puéril déhixi, puisque le tout porte sur eux.-w'^ - Cette rage de disputer, de mordre sur les gens de lettres , et d'écorner leur misérable part , est -donc vide , à-peu-près , d'intérêt })our les comédiens. Or, il laut me prouver que mes calculs sont faux; ou bien convenir qu'on. les trompe , avec le funeste projet de les ruiner entièrement, quand on les fait s'obstiner si long^lemps à verser, sur les seuls auteurs, leur malheureuse économie.
Je dis : leur malheureuse j car, ce constant refus de la modique différence entre vos offres et leurs demandes , leur a déjà coulé plus de 100 mille francs de rec^elle , depuis six mois que leur obstination les a privés de vos ouvrages. Joigncz-y la sci:>vsioii qui s'est 'faite entre leurs
AUX AUTEURS DRAMATIQUES. 209 sujets , et qui est la suite tàclieuse de leur division avec vous ; voilà le secrel de leurs perles.
Vous m'avez entendu; je vais me résumer, et vous prononcerez après.
Yous n^ pouvez avoir , Messieurs , de société partielle intéressée , avec les comédiens français , que pendant un tiers de l'année. Les deux autres sont consacrés au jeu de l'ancien répertoire ; et , quand ils ne jouent pas vos pièces , leur théâtre vous est étranger autant que s'il n'existait point.
Le tiers des trois cent cinquante jours , qui composeront désormais l'année théâtrale des spectacles , donne un peu plus de cent seize jours : moi, je l'abonne à cent vingt jours.
De ces cent vingt jours-là, un tiers serait rempli par vos pièces en cinq actes , lesquelles , k 2^100 Iw. de recette commune ^ dont nous sommes tombés d'accord ( 700 livres de frai< ■prélevés , lesquels sont l'objet du débat), laisseraient au partage i,4oo liv. de recette, dont le septième, pour vous , serait 200 liv. par jour, pendant le tiers des cent vingt jours, ou quarante jours de spectacle.
Or, quarante fois 200 livres font 8,000 liv. de recettes y pour toutes les pièces en cinq actes.
Puis, l'autre tiers des cent vingt jours, oïi quarante jours de pièces en trois actes , au
2iO RAPPORT
diûçième de la recette, vous produirait, aussi par
an , 5^600 Uv. de recettes.
Puis , quarante jours de pièces en un acle ou en deux, au quatorzienie de la recette y ne vous produiraienl plus que quarante fois 100 liv. ou 4,000 lù>. par anj lesquelles trois somnies
f 8^000 livres , "s de < 5,600 > ensemble 17,600 liv. ,
sont , dans l'année , tout ce que la littérature peut espérer tirer des comédiens français, sur les 755,000 liv. , produit brut de trois cent cinquante recettes, présumées à 2,100 liv.
En prélevant 700 livres de frais par jour, ou 245,000 liv. , plus les 17,600 liv. touchées par les auteurs , il resterait aux comédiens français 472,400 liv., qui, divisées en vingt-trois paris, donneraient à chacun , comme nous l'avons dit , 20,539 liv. , quand chaque auteur ne toucherait que 765 liv. par an. Le sort des comédiens à celui des auteurs , serait comme vingtsept a un.
Je dois pourtant vous répéter , Messieurs ( car je ne suis point votre avocat, mais le rapporteur de l'aflaire ) , que cette différence , qui paraît si énorme en comparant le sort de vingttrois auteurs dramatiques à celui des vingt-trois
AUX AUTEURS DRAMATIQUES. 2ii Goniédiens , que cetle différence s'abaisse quand on veut bien se souvenir que les auleurs n'étant en sociélé avec les comédiens que pendant un tiers de l'année , le produit des deux derniers tiers du travail de la comédie leur est de tout point étranger. Ils n'ont donc tous à comparer leur sort qu'avec un tiers de celui des acleurs : or, sur une recelte de 472,400 liv. par an, ce tiers n'est plus que 167,466 livres 1 5 sous, laquelle somme à son tour, comparée à 17,600 livres, est, à peu de chose près, comme neiif son\i à un.
La différence du sort des comédiens français à celui des auleurs qui travaillent ])Our eux, est donc toujours au moins comme de neuf à un^ pour un tiers de l'année , seul temps 011 le partas'e entre eux est établi.
Si Ton objectait à ceci qu'il n'est pas bien certain que les deux autres tiers de rannée, qui restent consacrés aux ouvrages anciens , donnent , ainsi que le tiers consacré aux nouveaux , 2,100 livres chaque jour , votre réponse est celleci : Messieurs , si elle est sévère , elle est juste.
Les ouvrages anciens ne peuvent-ils soutenir la prospérité du spectacle ? Ne disputez donc pas le prix des nouveautés , puisqu'elles seules vous font vivre! Les trouvez-vous trop chères pour
leur produit? Jouez-cu beaucoup moins, elles vous couleront peu d'argenl; et làcliez de filer l'année avec des ouvragées anciens, dans le produit desquels personne que vous n'entrera; et ce dilemme, sans réplique , doit finir toutes les disputes.
Le 7^^ le lo*^^ enjiii le i4'' , lesquels ^ tous rèuîîis , ne font que le cf dans le tiers de la recette annuelle y ou le 2~'^ au total , joo livres de frais prélevés ^ sont donc , Messieurs, ce que vous demandez aux comédiens français pour leur donner tous vos ouvrages exclusivement pour un an; et mes calculs vous ont prouvé que ce 9*^ dans le tiers d'une recette annuelle j^résumée de 755,oooliv. , neleur coûtera jamais 18,000 fr. par an; et que la proportion des sorts enlre les comédiens et vous, sera toujours comme 27 à 1 ; et c'est pour amoindrir ce misérable 27*^, c'est pour réduire à 655 livres les 766 livres dont ils \ous gratifient par an , que l'on débat dépuis six mois I Cela passe ma conception.
Si j'ai rappelé tant de fois ce résultat comparatif, c'est pour mieux inculquer dans l'esprit de tous mes lecteurs que , sur des recettes immenses , vos ]îrétenlions , Messieurs, ont toutes été si modérées, qu'on doit avoir bien de la peine à croiri; qu'elles aient été refusées.
AUX AUTEURS DRAMATIQUES. 210 Si l'on pouvait penser que celle obstination vînt de mauvaise volonté , il fautlrail laisser là les comédiens français comme des hommes l.rès-malhonnêles envers les auteurs dramatiques. Mais je jure , Messieurs , et je m'en suis bien convaincu, que de leur part, c'est ignorance pure , inquiétude sans objet. Je n'ai pu leur faire comprendre qu'ils jetaient des louis parla fenêtre en disputant sur des deniers ; que ce qui enlevait le 8^ aux auteurs, vu le modique sort qu'ils avaient dans la part commune , n'ôtait qu'un i85^ à chaque comédien français; que cette lésinerie ( à peine décent louis ) leur coûterait cent mille écus par an, et qu'elle finirait par ruiner leur théâtre. Ils m'ont dit : qu'ils rien crojaient rienj mais que , quand cela devrait être , beaucoup d'eux aimaient mieux périr que d'en avoir le démenti. Là , j'ai rompu toules les conférences.
D'après cela, Messieurs, décidez maintenarjl si , comme aux autres grands théâtres, vous contentant du modeste 7^ , réduit par le calcul au modeste 9^ pendant quatre mois de l'année , qui n'est qu'un 27^ annuel, vous allouerez aux comédiens français 700 livres de frais par jour , ou 100 livres de plus, par des considérations personnelles, ou 900 livres qu'ils demandent ^ plus les frais extraordinaires , terme a u-dessous duquel ils ont juré ne vouloir point descendre.
2i4 RAPPORT
Une décision de vous est le seul but de ce rapport.
Lu dans l'assemblée des auteurs ^ ce 12 auguste Caron de Beaumarchais, rapporteur.
DÉLIBÉRATION prise hr Assemblée des auteur.^ dramatiques y au Loui^re y ce 12 août 1791-
M. de Beaumarchais ayant fait le rapport du travail de MM. les auteurs nommés, qui , le 7 de ce mois , ont chez lui discuté avec MM. Mole , Desessarts y Dazincourt et Fleur j j les inlérêts des auteurs et ceux des comédiens; ayant ensuite communiqué à l'assemblée un travail trèsdétaillé , très-clair et très-précis sur cet objet ; la question ducment éclaircie et posée , pour savoir ce que les auteurs peuvent équilablement allouer de frais , tant ordinaires qu'extraordinaires , audit théâtre ; plusieurs votants ont été de l'avis que, par des considérations particulières aux comédiens français, il pouvait leur cire aqcovàti huit cents livres de frais par jour. Mais la grande majorité a dit que, d'après l'examen exact des dépenses de ce spectacle , il ne devait cire accordé aux comédiens français que sept cents
AUX AUTEURS DRAMATIQUES. 2i5
livres de frais par joar , cl tous les ailleurs soussignés se sonl rangés à cet avis.
L'impression du rapport et de la délibération a ^€ ordonnée; et ont signé ,
MM. Ducis y de La Harpe , Marmontel y Sedaine j Le Mierre ^ Cailhava, Chainpfort y Brousse des Faucherets y Chénier y Palissot y Le Blanc y Duhrcuily Le Mierre d'Argis y Fillette Loraux , Gui l lard y de Santerre y La Montagne y de Sade , Des Fontaines y Pujoulx y H ami y Faur y Laujon, Duhuisson y André de Mwville y Gudin de la Brenellerie y Cubieres y Fenouillot de Falhaire y Mercier y Fallet. Dumaniant y Rade t y Patrat , Grétrj y d'Alairac y Le Moine y Forgeot y Caroii de Beaumarchais.
Cliaque théâtre ajant la liberté d'embrasser tout genre de spectacles y et ce délibéré ne portati t que sur le partage entre le génie qui compose y et tous les talents qui débitent y les auteurs de différents genres ont eu un droit égal d'émettre et de signer leur vœu. De même que nos poètes tragiques ont donné des pièces chantées y de grands musiciens ont orné de leur art les chefs-d'œuvre de la tragédie j témoin M. Gossec y et ses beaux chœurs dans VAtJmlie de Racine y et témoins plusieurs autres.
2i6 RAPPORT AljX AUTEURS DRAMAT.
Cette note répond à l'objection fulile : Que MM. les comédiens français ayant le droit de nous prendre un à un, ne reconnaissent point d'arrêté général des auteurs. Celui-ci n'engage que nous : permis à eux de n'en faire aucun cas. Il nous suffit à tous d'avoir bien instruit le public.
Par P. A. Caron de Beaumarchais ,
Contre Vusurpation des propriétés des Auteurs
par des Directeurs de Spectacles , lue par
V Auteur au Comité d'institution publique , le
20 décembre 1791, et imprimée immédiatement après.
Jusqu'à présent les directeurs des troupes qui jouent la comédie dans les villes des déparlements du royaume , n'ont opposé au droit imprescriptible des auteurs dramatiques sur la propriété de leurs ouvrages , reconnu , assuré par deux décrets de l'assemblée nationale constituante , et aux réclamatibns qu'ils n'ont cessé de faire contre leur usurpation, que des sopliismes et des injures. Je vais, dédaignant les injures , réfuter les sopliismes avec le zèle ardent que j'ai voué aux progrès de l'art dramatique, aux intérêts pressants des hommes de lettres qui l'exer-r cent. Vous me pardonnerez. Messieurs , si des termes un peu durs vous fi\ippenl dans le cours
2i8 PETITION
de celle pélilion : ils sont désagréables ; mais , sur l'aclion dont nous nous plaignons tous, je n'en connais point de plus doux, malheureusement pour la cause et pour nos ardents adversaires.
Une première observation a frappé tout le monde. Il est, dit-on, bien étrange qu'il ait fallu une loi expresse pour attester à toute la France que la propriété d'un auteur dramatique lui appartient; que nul n"a droit de s'en emparer. Ce principe , tiré des premiers droits de l'homme , allait tellement sans le dire, pour toutes les propriétés des hommes acquises par le travail, le don, la vente, ou bien l'hérédité*, qu'on aurait cru trèsdérisoire d'être obligé de l'établir en loi. Ma propriété seule , comme auteur dramatique , ])lus sacrée que toutes les autres, car elle ne me vient de personne , et n'est point sujelle à conlesle pour dol , ou fraude , ou séduction , l'œuvre sortie de mon cerveau , comme Minerve toute armée de celui du maître des dieux ; ma propriété seule a eu besoin qu'une loi prononçât qu'elle est à moi, m'en assurât la possession. Mais ceux qui observent ainsi n'ont pas saisi le texte de la loi.
Bien est-il vrai qu'on n'osait pas me dire : L'ouvrage sorti de vous n'est pas de vous. Mais les directeurs de spectacle ont posé cet autre principe : Auteur dramatique, ont-ils dit, l'on-
A L'ASSEMBLÉE NATION^y^E. 219
vrage qui est sorti de vous est de vous , mais n'est pas à vous. Vous n'en obtiendrez aucun fruit : il est à nous; car nous sommes, depuis cent ans , par longue suite des abus d'un rég^ime déprédateur, et votre faiblesse avérée, en possession de ïious enrichir a\ ec bii, sans vous faire la moindre part du produit que nous en tirons.
La loi , pour réprimer ce scandale de tout un siècle, n'a point dit dans ses deux décrets : L'œuvre d'un auteur est à lui. Ces décrets eussent été oiseux ; mais elle a dit formellement : Qu'attendu les abus passés, les usurpations continuelles établies en droits oppresseurs , aucun ne pourra désormais envahir la propriété des auteurs , sans encourir tel blâme et telle peine. Alors, corn- Tiiencani à l'entendre , les directeurs de troupes ont cherché , non à nier la justesse de celte loi, mais à l'éluder s'ils pouvaient , à échapper à sa justice par tous les moyens d'Escobar.
Le premiei- dont ces directeurs aientpensé qu'ils pouvaient user, a été simplement de mépriser la loi , de continuer à jouer nos pièces , comme si le législateur n'avait point prononcé contre eux; car, ont-ils dit, il se passera bien du temps avant que l'ordre rétabli ait armé contre nous la force réprimante; ce que nous aurons pris le sera et nous reslera : beaucoup de nous n'existeront plus en qualité de directeurs; et quel moyen de revenir
2 30 TETITION
contre un direcleur insolvable ? Or , pour ce temps-là, loiit au moins, la loi sera nulle pour nous. Ils avaient fort bien raisonné^ non pas en loi, mais en abus; car, depuis les décrets qui défendent à tous directeurs de continuer à usurper la propriété des auteurs, leurs ouvrages ont été joués avec la même audace dans toutes les villes des départements de l'Empire , excepté dans la capitale^ sans leur permission, malgré eux, comme s'il n'y avait point de loi, sans qu'aucun des liommes de lettres ait pu obtenir de justice des tribunaux des villes où sont établis ces spectacles , qu'ils ont vainement invoqués. L'un nous refuse l'audience ; l'autre nous répond froidement : Quoiqu'il j ait une loi formelle, les auteurs sont aisés; ils peuvent bien attendre que notre directeur ait tenté un nouvel effort pour faire clianger celle loi : comme si ce changement même , en supposant qu'il dût se faire , pouvait sauver un directeur de troupe de l'obligation de payer à l'auteur ce qui lui aj)parlient de droit , pendant tout le temps écoulé entre deux lois qui s'exclueraicnl. Et si le directeur a fait banqueroute pendant ce temps, qui me payera, juge partial, le déficit causé dans ma fortune par votre négligence ou votre déni de justice? Voilà, Messieurs, quel est l'état des choses^
Mais à la fin, ce bri^^andas^e excitant un cri
g-énéral , les direcleurs despotes ont cru qu'il était nécessaire de se coaliser avec les comédiens esclaves , pour faire une niasse imposante de dix mille réclamateurs contre trente auteurs isolés.
Cette coalition formée, les direcleurs de troupe ont tous payé leur contingent pour les frais de députation , de sollicitation , de mémoires , de chicane et même d'injures. Un rédacteur bien insultant s'est chargé de tout le travail. Insulte à part, voici ce qu'il a dit pour eux.
1° Les auteurs ont formé une corporation illégale pour faire exécuter la loi qui prononçait en leur faveur : donc la demande de chacun , et sa réclamation sur sa propriété constamment envahie, ne mérite aucune réponse, aucun égard de notre part.
2» Les auteurs ont vendu leurs ouvrages à des libraires, à des graveurs : donc nous , qui avons acheté un des exemplaires imprimés la forte somme de 24. sous, ou un exemplaire gravé la somme exorbitante de 18 liv. tournois , nous sommes bien devenus les propriétaires de ces œuvres pour nous enrichir avec elles et sans rien payer aux auteurs , malgré la loi qui dit expresst ment : qaon ne pourra jouer la pièce d'un auteur i)i','ant , sans sa permission formelle et par écrit j soit qu'elle ait été iriii>i\iMKE ou gra,vÉ£ .-
sous peine y etc. Tel est le sens bien net de Fai -
g-umenl A&s, direcleurs.
"ÏP Ils ne rougissent pas d'ajoiiler que la permission donnée autrefois aux auteurs par le gouvernement , d' imprimer et représenter y allouait évidemment, à celui qui achetait 24 sous celte pièce imprimée y le droit de la représenter sans rien rendre au propriétaire. Quoiqu'on ne puisse articuler de pareilles absurdités qu'en profond désespoir de cause , je ne laisserai pas celle-ci sans réponse ; non pour éclairer l'assemblée , je ne lui fais pas cette injure , mais pour faire honte aux adversaires de se servir de tels moyens.
[\^ Nous étions dans l'usage constant , disent encore ces directeurs, de jouer les pièces des auteurs vivants , sans leur rendre la moindre part du produit que nous en tirons ; aucun d'eux n'a jamais réclamé contre ce qu'ils nomment un abus : donc chacun d'eux a reconnu que noire droit était incontestable , de ne rien payer aux auteurs dans toutes les villes de province , en y représentant leurs pièces , quoiqu'aucun théâtre de la capitale ne pût et n'osât les jouer sans leur payer le prix convenu , soit qu'elles fussent imprimées ou non y et sous un régime qui protégeait toujours les comédiens contre les gens de lettres. Mais vous verrez bientôt, Messieurs, si nous n'avons pas réclamé.
5** Enfin, nous serions tous ruinés, disent encore les directeurs , nous , marchands du débit des pièces dramatiques , si l'on nous obligeait à en payer les fournisseurs ; de même que tous les débitants d'étoffes, en boutique et en magasin, se verraient ruinés comme nous , si , par le même hasard , une loi bien injuste les obligeait tous de payer les fabriquants de Lyon , d'Amiens ou de Peronne qui leur ont fourni ces étoffes. On sent combien cela serait criant ! Heureusement pour eux , aucune loi ne les y soumet , et nous présumons bien qu'ils ne les payent point. Notre droit est semblable au leur; car si ces marchands louent des magasins pour vendre , nous , nous payans des salles poiu? jouer. S'ils salarient des garçons de boutique et des teneurs de livres , BOUS gageons des acteurs et des ouvreurs de loges. S'ils paient leur luminaire, leur chauffage , leurs voyageurs, leurs portefaix , les impositions de leur ville et tous autres frais de commerce, nous y sommes soumis comme eux. Donc , en vertu de tant de dépenses forcées , comme il serait par trop inique qu'une loi obligeât tous ces vendeurs d'étoffes de les payer aux fabriquants; de même on ne saurait, sans la plus grande iniquité , nous obliger de payer les auteurs dont nous récitons les ouvrages , et quoique nous vendions tous les jours le débit de ces pièces au public , qui vient
les voir dans noire salle , en nous payanl argenl compté ; car nous sommes les seuls revendeurs qui ne fassions point de crédit, ce qui rend notre cause plus favorable encore que celle des marchands d'éloffes , à qui l'on emporte souvent le prix d'une venle imprudente. Telle est la conséquence juste de l'argument des directeurs.
Un des auteurs, ajoutent ces Messieurs, en traitant l'affaire en finance, quoiqu'il soit le plus riclie de tous, a dégradé la littérature dramatique , par celte avarice sordide d'exiger de nous quelque argent pour un noble travail qui ne doit rendre que de la gloire , et souvent n'en mérite pas.
Cet auteur, prétendu financier, c'est moi, qu'un amour vrai pour la littérature allaclie à cette grande affaire. Malgré les injures grossières dont ces Messieurs m'ont accablé, je jure à mes confrères que je n'abandonnerai point les intérêts qu'ils m'ont confiés : celte démarche en est la preuve , et cette pétition contient mes vrais motifs.
Tels sont en substance , Messieurs, les arguments des directeurs, contre les auteurs dramatiques , leurs nourriciers dans tous les temps.
Je vais les réfuter, en suivant le même ordre dans lequel ils sont rappelés , et me citant seul en exemple, pour tuer d'un seul motridée d'une corporation.
A L'ASSE]\TBLÉE NATIONALE. 226
Les ailleurs, vous clit-on , Messieurs, ont formé «ne corporation illégale , pour soutenir ensemble une loi Irès-injusle , etc. , etc.
Ma réponse est netle et tort simple. Je suis un auteur dracnalique ; je nie présente seul à l'assemblée nationale , pour empérher que l'on ne continue à me faire un tort habiluel , qui n'a duré que trop long--temps. Par cela seul que je suis seul sur la cause qui m'intéresse , et que je défends devant vous, on ne peut m'objecter, Messieurs, celte fin de non-recevoir qu'on- prélend faire résulter d'une forme tres-illégale , s'il était vrai qu'il y en eût une dans la demande des auteurs sous le nom de corporation. Chaque au leur usera , s'il veut , des moyens que j'emploie ici pour repousser , pulvériser une attaque aussi misérable. Tous ceux dont je vais me servir auront un avanlageégal pour l'intérêt blessé des lilléraleurs dramatiques. Il n'y a point de corporation à user de la même défense , pour repousser la même attaque sur des intérêts tous pareils.
Les auteurs , vous dil-on encore , ont tous vendu leurs pièces à des libraires ou des graveurs : donc leur propriété transmise à nous par ces derniers, pour 24. sous les pièces imprimées, et 18 fr. celles gravées, nous appartient sans nul conteste, etc. , etc. Sur celte vente générale , je rappellerai en deux mois ce qu'imprime l'un des auteurs.
■220 PÉTîTIOr^
Comment ! dit M. Dubuisson , dans son excei lente réponse aux directeurs , un libraire ou bien un graveur aurait-il le droit de vous vendre ce qu'il ne m'a point acheté ? Vend - il le droit de contrefaire mon livre à ceux qui rachètent pour lire ? Il serait ruiné , moi aussi. Jamais théâtre de Paris ne s'est cru en droit de jouer la pièce imprimée d'un auteur , s'il n'a acheté ce droit du propriétaire de la pièce , quoique les comédiens l'aient souvent chez eux imprimée; car ils l'ont achetée comme vous. Voulez-vous exercer un droit qu'on n'a point dans la capitale? Eh! qui donc vous l'aurait donné? Vous prétendez avoir acquis celui de gagner mille louis et plus, avec une pièce qui vous a coûté 24 sous, et souvent moitié moins , grâce au vol des contrelacleurs , aussi grands logiciens que vous sur le droit de 'piller les auteurs! C'est, en vérité, se moquer des auditeurs qui vous écoutent !
Mais enfin , laissant chaque auteur défendre un droit incontestable , je vais répondre pour moi seul. Je n'ai jamais vendu à aucun libraire ni graveur le Ma/iaqe de I^'igaro y dont je réclame ici la propriété usurpée. Il a été imprimé à mes frais, ou dans mon atelier de KehI. Tout misérable qu'est l'argument , vous ne pouvez pas m'objeclcr la transmission par un libraire.
A L'ASÎ^'EMBLÉE NxVTIONALE. 227
Mais un fait positif vaut mieux que tous les raisoanemei\,ls; j'en vais citer un sans réplique.
Lassé de voir le brigandage dont les mallienreux gens de lettres étstient constamment les victimes, je voulus essayer d'y remédier autant qu'il pouvait être en moi. Nommé depuis long-temps, par tous les auteurs dramatiques , un de leurs commissaires et représentants perpétuels , j'avais eu le bonheur , en stipulant leurs intérêts , de taire réformer quelques abus dans leurs relations continuelles avec le théâtre français ; je voulus profiler dii succès d'un de mes ouvrages qu'on désirait jouer en province, pour travailler à la réforme du plus grand de tous les abus, celui de représenter les ouvrages sans rien payer à leurs auteurs. Je répondis aux demandeurs du Mariage de Figaro j que je ne le ferais imprimer, et n'en permettrais la représentation en province, que quand les directeurs des troupes se seraient soumis par un acte à payer, non pas à moi seul, mais à tous les auteurs vivants, la même rétribution dont ils jouissaient dans la capitale.
Que firent alors ces directeurs? Ils firent écrire ma pauvre pièce pendant qu'on la représentait; la firent imprimer sur-le-champ , chargée de toutes les bêtises, de toutes les ordures et incorrections que leurs Ircs-mal-adroits copistes y avaient par-
2 28 ÎETÎTION
loiU insérées ; puis la jouèrent ainsi défigurée sur les ibéâtres des provinces : et ma pièce , déslionorée , volée, imprimée, jouée sans ma permission , ou plutôt malgré moi, devinl , par cette turpitude , riionnôle propriété des adversaires que je combats. Je m'en plaignis à nos ministres, seuls juges alors dans ces matières. Je n'en obtins pointde justice, car je n'étais qu'homme de lettres; lïia demande n'eut aucune ra\ eur , car je n'étais point comédienne. En vain me serais-je adressé aux tribunaux d'alors , même a; x cours souveraines : toutes les fois que le cas arrivait , les comédiennes sollicitaient ; la cour sollicitée évoquait l'affaire au conseil , où elle n'était jamais jugée. Et mon récit, accompagné d'un de ces scandaleux exemplaires que je dépose sur le bureau , est ma réponse au déiaut de réclamation que les directeurs nous opposent. La suite va la renforcer.
Obligé de cherclier à me faire justice moimême , et la pièce mal imprimée par ceux qui ra\aient mal volée étant aussi beaucoup trop bêle, ce que je fis dire partout en désavouant cette horreur , quelques directeurs de province vinrent me demander de jouer mon véritable ouvrage : je leur montrai mes conditions. Ceux de Marseille, de Versailles, de Rouen, d'Orléans , etc. , les acceptèrent sans balancer ; en
passèrent acte notarié, dont je joins une expédition (1).
D'après la lecture d'un tel acte , auquel tous les autres ressemblent , on pourra bien être étonné que je n'aie jamais pu tirer un denier de toutes ces troupes, ni moi ni aucuns auteurs,
(i) J'en vais copier le préambule, ainsi qiie plusieurs des articles. Il est assez curieux de voir comment je m'expliquais sur les propriétés d'auteurs, et comment je forçais les directeurs à les reconnaître , sept ans avant que la constitution eût fait une loi formelle d'un droit incontestable, et que ces Messieurs prétendent n'avoir jamais existé.
a Pardevant les conseillers du roi , notaires au Cbàtelet de Paris , soussignés :
» Furent présents Pierre- Augustin Caron de Beaumarcbais , écujer , demeurant à Paris , Vieille rue du Temple , l^aroisse Saint-Paul , au nom et comme l'un des commissaires et représentants perpétuels des auteurs du théâtre français , autorisé à l'eiFet des présentes par délibération et consentement unanime de ses confrères assemblés , d'une part ;
M Et le sieur André Beaussier, négociant à Marseille , j demeurant ordinairement, rue Longue des Capucines , étant de présent en celte ville de Paris, logé à l'IiàSel des Milords, rue du Mail, paroisse Saint-Eustache , tant en son nom comme principal actionnaire , et l'un des chefs administrateurs du spectacle de Marseille , qki:
2 5o rÉTITION
avec mes acles iiolariés , malgré que j'eusse exprès consacré ces produils aux pauvres de ces grandes villes , espérant que ce bon emploi ferait des défenseurs actifs à la cause des gens de lettres ; mais il n'est pas moins vrai que ma pièce imprimée par moi , pour que ces directeurs la