‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, abbé séculier de Brantome et d'André, vicomte de BourdeilleChapitre 102 sur 161 · LA ,MI [•( K · texte numérisé non relu

LA ,MI [•( K

Cher oncle , en tout cela perdez y votre attente : Il n'en faut plus parler. Le ciel m'a tout osté Pour en orner son siège. Il faut que me cou De ce que fais astheure , et ce que suis esui.

t'oifctr.

Hé quoy ! Le ciel ainsy prend-il ces belle* âmes ?

Ne se contente-il pas de ses luysans flambeaux, Sans nous desenlever tant de parfaicles dames, Pour encor y admettre autres astres nouveaux ?

LA ÎTIEPCE.

C'est tout ainsy qu'on voit une belle | Avarement cueillir de sa blanchette main Force nouvelles fleurs pour paroistre plus belle , Et parer ses cheveux , sa té te et son blanc sein.

Encor si vous eussiez comply quelque long aage ! Mais , sur vos plus beaux ans, ceste fiere Alropos Vous a ravy si-tot, vous mettant au passage De ce fascheux Caron , sans droict ny i

Qu'y feriez-vous , cher oncle ? Ainsy, ainsy périssent Les belles jeunes fleurs en leur plus beau printemps. Les roses n'ont qu'un jour, qu'aussy tosl ne fanissenL Ainsy jeune je suis la proye de ce i

Mon Dieu , qui m'ostera de vostre longue absence Le soucy que j'en porte et porteray tousjours? Mon Dieu ! je ne voy point ; De pouvoir donner joye à mes I

Et mes trois bonnes soeurs des quatre ayant esté. Mes frères et ma fille, en leur ame très-cbere Vous ont toujours aymé, et grand honneur porté

Vous dites vray, ma niepee. Aussy j'en prends Qui est le mescroyant qui n'en veut s'aueurcr ? Pourtant je veux en moy avoir la souvenance De vostre belle idée, et tousjours l'hounorer.

LA N1KPCE.

Le voulez-vous ainsy ? Puis donc que la première , Cher oncle , je m'en vais au Champ Elysicn , Je feray là pour vous quelque bonne | Et, quand vous y viendrez, nous e

l'oscle.

Et cependant je vis en despit de ma vie, Je vis les jours si longs, malheureux que je suis, Que vous debviez survivre! Hé ! faut-il que l'envie Me retarde le bien qu'à bonheur je poursuis !

LA N1EPCE.

Mais bien mieux , mon cher oncle, afin que puissiez vivre Encor plus longuement, vivez très-bien vos jours : Vivez encore les miens, ne vous pouvant survivre , Sans aucuns longs travaux, ny peines, ni détours.

OPUSCULES DIVERS

Puis donc que le roulez, je m'en ray donc contraindre A ce vivre Fascheux ; mais ce n'est pour autant Que par fournir mes jours à tous tellement plaindre, Que je vis seulement vous seule en regrettant.

Pour Dieu , mon très-cher oncle , achevez vostre plainte ; J'en sens en rooy troubler ma joye et mon repos ; Pour vous voir si dolent , j'en sens i Ce n'est ce que demande un corf

Adieu doneques, madame. Ainsy que je vous donne Mes larmes et mes pleurs, je voudrais vous donner Mes yeux pour ne voir plus, sans que je leur pardonne,

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