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Lettre du seigneur de Bourdeille au roy Charles IX, pour la vefve d'Aubelerre.
Envoyée par un gentilhomme, le 15 de mars 1574. Si RE ,
Je vous ay cy-devant faict entendre, par le gentilhomme que j'ay depesché vers Vos Majestés, l'affection que la dame d'Aubetcrrcet son fils avoient a vous faire très-humble service, et, pour la démonstration d'yeclluy , m'avoil envoyé son fils pour vous le présenter. Despuis ladicte dame m'a asscuré par plusieurs lettres de ceste bonne volunlé, et qu'elle mettrait toute la peyne et vaillance qu'il luy seroit possible pour conserverie chasteaud'Aubeierre en vostre obeyssance , pour la garde duquel le comte de Gavasse , passant en ce pays, y ordonna trente soldais soubs la charge du sieur de Chambrelane: lequel, ne pouvant eslre payé «le la solde d'yeeux en vertu de la commission que ledict comte luy fit expédier , il a depesché ce gentilhomme par devers vous , sire , afin qu'il vous plaise de authoriser ladicte commission , et vous faire entendre au long le devoir qu'il faict à la garde dudict chasteau ; lequel estant de grande importance, comme Vos Majestés sont très-bien adverties, pour les pays de Perigord et Angolmoys, je supplie très-humblement Vosdictes Majestés vouloir authoriser ladicte commission , et commander que ledict gentilhomme soit promptemcnl expédié, afin que ladicte place soit mieux gardée , et que ledict sieur de Chambrclaue ayt meilleur moyen d'en faire son devoir , auquel il m'a asseuré qu'il ne manquera.
Au surplus, sire , vous me commanderez ce que j'ay affaire pour vostre service ; et je me senliray très-heureux d'exposer pour yeelluy et santé et biens : pryant Dieu m'en donner la grâce, et vous maiuleuir, sire, vostre grandeur,
santé , prospérité très-longue , et très-heureuse vie.
De Pcrigueux, ce 15 mars 1574.
Besponse du roy Charles IX au eeigneur de Bourdeille , pour la dame d'Aubelerre.
Du 26 de mari 1574
Monsieur de Bourdeille , j'ay entendu, par vos lettres du 15 du présent, comme la viscom leste d'Aubelerre s'estoit disposée d'envoyer son fils aisné avecques vous en ceste cour, et la bonne volunté qu'elle a de conserver le chasteau d'Aubeterre en mon obeyssance; ce que j'ay très-agreable : vous asseurant que, continuant en ceste bonne volunlé, elle me donnera occasion d'avoir ce qui luy touschera en la recommandation qu'elle peut désirer de moy.
Au reste, pour le regard des provisions concernant le payement du sieur de Chambre* lane, et des soldats proposés à la garde de cesle place , je mande au sieur de Ruffec d'y pourveoir , ensemble sur l'augmentation du nombre d'yeeulx, ainsy qu'il verra estre requis pour le bien de mon service; ce qu'il pourra mieux que nul autre juger , estant sur les lieux comme il est. Pryant sur ce le Créateur , monsieur de Bourdeille, vous avoir en sa saincte et digne garde.
Escrit au boys de Vincennesle26mars 1574.
Charles.
El plus bas, Fizes.
Lettre du seigneur de Bourdeille au roy Charles IX.
Envoyée par La Biylic, le 3 d'avril 1571
Suie,
J'ay receu les commandemens qu'il a pieu à Vos Majestés me faire par vos lettres du 15 du mois passé, suivant lesquelles j'ay faict tenir, p.ir le gentilhomme «juc je vous avois envoyé , celles (prescriviez aux seigneurs de Caumont , R< ynac, Saincl-Gcniés et de Longu,
D'ANDRE DE
et leur ay faict entendre au long vostre vo- I un té ; lesquels m'ont asseuré qu'ils continueront tousjours à vous faire très-humble service. Et, pour confirmation de ce, Iedict seigneur de Catimont envoyé par devers vous un gentilhomme duquel j'ay senty que Iedict seigneur desiroit grandement estre employé: et s'il vous es toit agréable, en pourriez tirer quelque bon service ; car il est seigneur de grande suffisance et honneur, homme de bien, et grand terrien en ce pays.
J'ay aussy envoyé la lettre qu'il a pieu a Vos Majestés escrire à la dame d'Aubeterre, et, par mesme moyen, faict entendre Payse et contentement que vous aviez receu d'entendre qu'elle avoit volunté de conserver le chastcau d'Aubeterrë soubs votre obeyssance , en laquelle m'â asseuré qu'elle continueroit. Èt semblable asseurancé m'a faict le capitaine du chastcau.
Je tasene , par tous les moyens qu'il m'est possible, de retirer tous les gentilshommes et autres de ce pays qui sont de la nouvelle religion de leurs mauvaises conceptions , et remettre en train de s'employer pour vostre service , pour lequel , puis peu de jours, j'ay faict convocquer le ban et arriere-ban de ce pays, auquel peu de gentilshommes ont comparu ; tellement que je suis esté contrainct * pour les occasions qui se présentent , d'employer tous nos parens et amys, desquels j'en ay assemblé deux cens chevaux: et , avecquea ceste trouppe, me suis joinct à messieurs de La Vauguyon , qui en ont autant ou plus , ou intention de trouver La Noue, qui est aujourd'huy à Glialeres , pour le combattre s'il nous est possible ; vous asseurant que n'y épargnerons nos personnes, car je ne trouve la bonne volunté dudict seigneur de La Vauguyon aucunement refroidye à vous faire trèshumble service, combien j'aye entendu qu'il en ayt quelque peu d'occasion pour n'avoir esté couclié sur le rolle des compaigoies entretenues.
Le seigneur de Limeuil se doit joindre à iiousavecques sept compaigniesde gens de pied que le seigneur de Losse luy a baillé charge de conduire , et , outre ce , commission pour commander en son absence , tant à la cavalerie que infanterie de ce pays de Perigord ;
OUUDE1LLE. 535
qu'est entreprendre sur Testât de seneschal duquel il vous a pieu m'honnorer. Par ce , je supplie très -humblement Vos Majestés me faire entendre sur ce vostre volunté; et, en ce faisant , si vous avez pour agréable que Iedict seigneur de Losse donne à autre en son absence puissance de commander qu'àmoy, à qui , par le moyeu de ladicte charge de seneschal en ce pays de Perigord, naturellement l'authorité et le commandement appartient en absence de vos lieutenans , afin que suivant ycclle je me règle désormais comme je désire ; et jamais ne outrepasseray vos commandemens , pour effectuer lesquels me trouverez tousjours prest à y employer vie et biens , pryant Dieu m'en donner le moyen et grâce, et vous, sire, vous maintenir en santé très-longue et très-heureusc vie.
DePerigueux,ce3avril 1674.
Lettre du seigneur de tiourdedle à la reyne
mère.
Enrôlée par La Beylie, le 3 d'avril 1674. Madami ,
J'ay receu la lettre qu'il a pieu à Vos Majestés m'escrire du 15 de ce mois passé , par laquelle j'ay cognu au doigt l'asseurance et fidélité que vous avez en moy, vous suppliant très-humblement croire que, si vous avez eu occasion cy-devaut d'en avoir confirmation par services bons et loyaux que j'aye faiets à Vos Majestés , que je m'efforceray par cy-après de l'accroistre , s'il m'est possible : et, pour ce faire , mes biens et vie n'y seront espargnés : estant bien marry que le seigneur de l,osse n'aye cy-devant enlendu ceste bonne opinion que vous avez de moy , pour ce qu'il n'eust baillé commission au seigneur de Limeuil de commander en ce pays de Perigord en son absence, comme il a faict: en qnoy faisant , il me semble, madame , qu'il m'a faict tort ; d'autant que c'est du devoir et charge des seneschaux de commander en leurs provinces en l'absence des lieutenans de Vos Majestés.
A ceste cause, je vous supplie très-huinble-
LETTRES
ment que telle usurpation et entreprinse ne soit tollerée en mon endroict , vu le bon zelle que j'ay à vostre service, et faire entendre audict seigneur de Losse et à moy vostre volonté au retour de ce gentilhomme , auquel ay baillé charge de vous faire au long entendre comme les affaires se passent par deçà. Qui est la cause que, en cest endroict, je pryeray Dieu , madame, vous maintenir en bonne santé, prospérité très-longue , et très-heureuse vie. De Perigueux, ce 3 apvril 1574.
Lettre du seigneur de Bourdeille au duc d'Alançon.
Envoyée par La Beylie, le 3 d'avril 1674. MOTiSEIGKKUR,
Jamais je ne fus plus ayse que d'avoir entendu par le gentilhomme que j'avois envoyé par devers Vos Majestés , que vous aviez eu pour agréable l'advertissement que je vous faisois par mes lettres, comme provenant de celluy qui vous a eslé tousjours et sera perpétuellement loyal et fidèle serviteur, ayant voué, et biens et personne pour vous faire trèshumble service. Et de tant que je cognois vostre bonté eslre si grande , je ne craindray d'abondant de vous supplier très-humbkment d'avoir pilié du pauvre peuple de ce royaume, lequel est tant désolé et affligé qu'il n'en peut plus. Et ce faisant , monseigneur, il vous plaise de tascher, par tous les moyens que vous pourrez , de ayder à le remettre ; ce que ne se peut bonnement faire, ce nie semble , que par une perpétuelle et asseurée paix et concorde , laquelle vous pouvez sur toute autre chose conseiller, et par là acquérir une réputation de los immortel ; et tout ce pauvre peuple de France sera à tout jamais enclin à pryer Dieu pour vostre grandeur , prospérité et santé: et aussy ce sera le moyen de fermer la bouche à beaucoup d'imposteurs , qui vous ont voulu taxer d'avoir consenly à chose que de ma part je n'ay jamais pu croire estre véritable, voyant les effecls et issues conlraires.
Et afin que vous embrassiez de meilleure volunlé ceste affaire, j'ay donné charge à ce
gentilhomme de vous faire entendre au long les misères, afflictions et calamités que les pauvres de ce quartier souffrent à cause des troubles ; lesquels prye Dieu vous donner le moyen et grâce d'assopir , et vous préserver , monseigneur, en santé, prospérité très-longue, et très-heureuse vie.
De Perigueux, le 3 apvril 1574.
Response du rojr Charles IX au seigneur de
Bourdeille.
E«critelel6d'apml 1574.
Monsieur de Bourdeille, j'ay veu, par vos lettres du troisiesme d'apvril, l'asseurance que vous me donnez de la dévotion à mon service des seigneurs de Caumont, Rey nac , Sainct-Geniés et de Longa , en laquelle je seray bien ayse que vous les confirmiez tousjours, et pareillement la viscomtesse d'Aubelerre pour la conservation de son chasteau en mon obeyssance. Cognoissant bien davantage la peyne qne vous mettez à retirer les gentilshommes qui sont de delà de leurs folles conceptions, et les remettre au droit chemin de leur salut, je vous prye ne vous espargner , asseuré que vous ne me sçauriez faire service plus signallé, n'y chose plus à l'advantage desdits gentilshommes, ainsy qu'ils le pourront avecques le temps cognoistre.
Je m'attends bientost d'entendre quelques bonnes nouvelles et exécution de vos forces . joinctes à rencontre de La Noue, dont je prye Dieu vous faire la grâce, et que vous puissiez tous me lesmoigner en cest endroict vostre dévotion , dont j'auray toute la souvenance que vous pouvez désirer.
Il ne vous faut mettre en peyne de la charge que vous dites que le seigneur de Losse donne au seigneur de Limeuil pour commander en son absence, au préjudice du pouvoir attribué de tout temps aux bayllis et seneschaux de mon royaume; car, outre que je sçay que ce sont les gouverneurs nais , je vous veux tousjours conserver le lieu, rang et degré que vos mérites et services vous ont acquis. Doncqucs, et à tant, je vous prie vous reposer sur moy, et continuer cy-après ce que vous avez si bien commancé, sans que aucune chose vous en puisse
D'ANDRE DE
desmouvoir, suivant la dévotion que vous en
avez tousjours eue, à laquelle.il n'est besoin ad-
jouster autre chose , si-non que je prie Dieu ,
monsieur de Bourdeille, vous avoir ensasaincle
et digne garde.
Escrit au boys de Vincennesle 16apvrillâ74.
Charles.
Et plus bas, Vues.
Et sur la marge :
Monsieur de Bourdeille, je vous prie, si l'occasion de combattre est passée, que vous partiez incontinent pour me venir trouver, pour ce que je me veux servir de vohs icy.
S'ensuivent les remonstrances faicles au roy Charles IX de la part du seigneur de Bourdeille.
Par luy envoyées par La Beylie à Se* Majesiés le tiers d'avril 1574, avec les lettres précédentes de pareille date.
Premièrement que ledict seigneur , pour rompre les desseings de La Noue , a assemblé au pays de Perigord deux cens chevaux volun- Uires des seigneurs et gentilshommes ses pareils et amys, en nombre de deux cens ; et , avecques telles forces, s'est joinct avecques les seigneurs de La Vauguyon et de Pompadour, qui en ont de leur coûté autant ou plus , et marchent ensemblement le long de la rivière de Lisle , pour empescher que ledict La Noue ne passe iadicte rivière comme il a délibéré , pour se joindre avecques les forces qui sont à Bergerac, en Carcy et en A génois.
Et que le seigneur de Losse, ayant esté adverly par lesdicts seigneurs de Bourdeille et de La Vauguyon, par plusieurs fois, des desseings dudict de La Noue, ne pouvant se trouver a telle entreprise, auroit donné au seigneur de Limcuil la charge de la conduite de sept enseignes de gens de pied levées en ce pays de Perigord par le moyen dudict seigneur de Bourdeille , et , outre ce , décerné commission audict seigneur de Limeuil pour commander audict pays en son absence; chose qui importe beaucoup audict seigneur de Bourdeille, pour ce que c'est desroger, entrer à la puissance et authorité qu'il a audict pays comme seneschal,
lequel, en absence des lieutenans de Ses Majestés, y doit commander, et non autres.
Ce nonobstant, afin que le service de Lcursdicles Majestés n'en fust relardé, il a laissé couler pour ce coup telle surpriuse, espérant qu'il y seroit pourveu par le roy.
Par ce, supplie Ses Majestés faire déclara: ion de son vouloir, et y pourveoir.
Et aussy que les derniers qui se lèvent en ce pays de Perigord pour la solde de ces gens de pied ne soient délivrés, ny les payemens faicls auxdicts soldats que en présence dudict seigneur de Bourdeille , et de son consentement ; veu que les estais du pays, par son moyen et prière , ont consenty au despartement et cothisation desdicts deniers, non d'autre, et ce pour empescher les larrecins qui se commettent.
Aussy qu'il ne se puisse faire desparlcmens désormais de deniers en cedict pays, de quelque nature que ce soit , que ce ne soit en sa présence, pour les raisons susdictes.
Et pour ce que les forces voluutaires ne sont de durée , et que le seigneur de Losse n'a en son gouvernement que partie de la compaignie de M. l'admirai , car il ne peul assembler celles du roy de Navarre et de M. de Monlluc, il plaise à Ses Majestés ordonner que celle du seigueur de La Vauguyon demeurera en ce pays de l'erigord. En ce faisant , casser partie des compaignies des gens de pied , de tant que le roy en sera mieux servy, et ce pauvre peuple soulagé. Aussy que Ses Majestés considèrent que les deux villes principalles de ce pays sont prinses.
Et que cejourd'huy il a eslé adverly que les seigneurs de Terride et Reymc se assemblent avecques ceux de Bearn pour venir se joindre avecques ledict La Noue à Bergerac
Et que ceux qui sont dans Iadicte ville de Bergerac la fortineut ; qui prejudicicra beaucoup à toute la Guyenne ; et , s'ils se joignent ensemble, sera bien difficile de les rompre, combien il y ayt prou de forces par deçà, si cellescy estoient commandées par un prince, ou grand seigneur et aydées de quelque peu d'autres. .
LETTRES
Lettre du seigneur de Dourdeille au roy Charles IX.
Escriie le 24 d'avril 1574
SlltE,
J'ay reccu uni» commission de Vostre Majtsté, datée du vingt-sixiesme de mars dernier, pour lever, sur les villes et bourgs de Perigord , la somme de quinze mille livres. Incontinent l'avoir recrue, j'ay faict assembler vos officiers pour dilligcnimcnt la mettre à éxecution, qui ont advisé que difficilement latlicte somme se pourra lever, d'autant que trois des prîncipalles villes dudict pays sont prises par ceux de la nouvelle religion , qui sont Bergerac, Sarlac et Essigrac, et le reste du pays grandement mangé et foulé de la gendarmerie. Je leur ay'tfct , sur ceste remonstrance , combien vous recepvriez de desplaisir de veoyr vostre pauvre peuple tant molesté* mais que, pour la nécessité des affaires de vostre royaume, estiez contrainct vous ayder de ces moyens. Qui a esté cause que promptement nous nous sommes mis en devoir d'exécuter vostre commandement.
Et vous asseure, sire, que j'ay tousjours trouvé vos subjects de ce lien bien affectionnés h vostre très-humble service. Ils envoyent, pour leur particulier, un bomme exprès vers Vostre Majesté, pour vous remonstrer que de tout temps, ès levées de deniers qui se sont faictes en cas semblables , ils n'ont esté colhisés ny compris que pour une douziesinc partie , et que, par le dernier estât , ils y sont pour un tiers; ce qui leur est insupportable. Je vous aupplie très-humblement , sire , pour le bon devoir qu'ils employent à la conservation de ceste ville , les avoir pour recommandés , et le» soulager en ce qui sera raisonnable.
Et pour respondre à la lettre qu'ayrcccue de Vostre Majesté, du 7 de ce mois, par laqnelleme commandez d'assister pour vostre service avecques messieurs de Losse et de La Valette, pour cirrpescher que Bergerac ne se fortifie, je vous ; y desjà adverty par le seigneur de Sainct- Mathicu que, ayant laissé à Angonlesme M. de I* Vauguyon avecques ses trouppes,et luy
malade , je m'estois retiré en ce pays avecques les miennes, délibérant de me joindre avecques M. de Monferan. Mais , me trouvant (bible pour ce faire, suis demeuré en ceste ville, et la noblesse qui m'accompaignoit retirée en leurs maisons, avecques promesse et bonne asseurance d'estre tousjours preste quand je leur manderay pour vostrC service, comme je vous puis asseurer, sire, de leur très-bonne affection et volunté.
Cependant j'ay envoyé devers M. de Monferan sçavoir si son artillerie estoit preste , lequel a trois canons et deux colevrines. Aussy, sire , estant de retour en ce lieu, j'ay sceu que Vivans estoit party de Sarlac , où il estoit chef, pour aller trouver Langoyrart à Bergerac, et que tons deux voulans retourner audict Sarlac, l'entrée leur a eslé refusée par ceux dé la ville, lesquels se sont saisis de là femme et des enfans dudict Vivans , et ont rompu ses coffres, pensans trouver le butin qu'il avoit faict dans ladietc Ville. M. deLosSe, ayant sceu ce discord, est venu d'Agen en diligence avecques quatre cens chevaux pour trouver lesdicts Langoyran et Vivans en campaigne, qui n'ont voulu attendre , ains ont passé la rivierre de Dourdoi» gne, et pris leur chemin vers Beaulieu en Limosin, où ils tiennent quelques places. Ledict seigneur de Ixisse les suivant en a tué douze^ ou quinze, comme il vous a adverty ces Jours passés par la voye de la poste.
C'est tout ce qui se passe pour ceste heure en ce pays, et ne feray faute d'advertir Vdstre Majesté de ce qui surviendra a l'advenir, et obeyray de tout mon pouvoir aut comtnandemens qu'il vous plaira me faire. Pryant Dieu , sire, vous maintenir en très-heureuse et longue prospérité.
DePengueux, ceî4apvril 1674.
Lettre du seigneur de Bourdeille au roy Charles IX.
Sire,
Escrite le 5 de may 1574
J'ay reccu la lettre qu'il vous a pieu m'esci ire du seiziesme d'apvril , par laquelle me mandez que je continue aux seigneurs et gcntils-
D'ANDRÉ DE
hommes de la religion de ce pays de demeurer jen leurs maisons en paix , et vivre suivant vos edicts; ce que je fais : et ceux qui m'ont promis n'ont encor bougé , mesmes la dame d'Aubeterre, laquelle désire de conserver sonchasteau en vostre obeyssance , et de obeyr à vos commandemens. Mais elle n'a pas moyen d'entretenir lesdicts soldais pour garder ledîct chasteau en vostre obeyssance , comme elle et moy vous avons mandé plusieurs fois , et encor n'a pas deux jours que je vous ay faict une depesche bien ample sur ce subject. Il vous plaira y mettre bien t os t ordre , craignant qu'il y advienne quelque inconvénient.
Il vous a pieu aussy me mander que incontinent vostre lettre veue que je vous allisse trouver, et que me vouliez tant honnorer de vous servir de moy auprès de vous. A quoy je ne fauldray de m'en aller le plustost qu'il me sera possible pour obeyr à vos commandemens, et vous serviray bien hdellement. Et cependant j'ay bien voulu vous escrire la présente pour vous faire entendre comme les affaires se portent de par deçà.
Après qne M. de Losse a esté venu d'essayer combattre Langoyran, et le chasser jusqu'à Beeulieu , il s'en est retourné à Sarlac , pensant l'avoir et mettre en voslre obeyssance par douceur , voyant le barbouil qui esloit là dedans enlrc eux; ce qu'il n'a pu faire. Et de là s'en est venu en ce lieu pour mettre ordre à l'assiegcment de Bergerac ce qu'il veut faire; et est partyledernierjourd'apvril avecques deux cens chevaux, tant d'ordonnance que de ceux qui y sont pour leur plaisir , et s>n est allé trouver M. de Limeuil auprès de GastiDon , avecques les gens de pied qu'il âvoit laissés avecques luy, et de pour là s'acheminer là où sont leslrois canons et deux colevrines, et les forces de M. de Monferan, pour aller tous ensemble audicl Bergerac.
Je viens de rccepvoir tout à ceste heure une lettre de luy, par laquelle il me mande que Langoyran et Vivans sont dans ledict Bergerac qui fortifient fort. Toulesfois, j'ay esté adverly qu'ils ont faict une petite assemblée à Argentan avecques les viscomtes, et le viscomtc de Gourdon eut quelque dispute, disant qu'on luy faisoit tort qu'il n'eust la charge de commander a Bergerac et en ce pays de Pcrigord, comme il avoitaaouslumé,ct que ledict Langoyran n'y
debvoit point venir commander. Mais ils se sont accordés que ledict Langoyran yroil commander là debsous le seigneur de Gourdon , et Vivans yroit devers Neyrac, Casteljaloux et le pays des Lanes commander par delà : et fairont ce qu'ils pourront pour empescher l'assiegement dudict Bergerac, pour l'importance qu'ils ont de ladicte ville. Et si leurs forces s'assemblent pour y venir, je crains bien que M. de Losse ne sera pas assez fort, s'il n'a ayde de ses voysins, et principallemcni de cavallerie.
A ce que je puis veoyr que vos lieulenans de ce |>ays ne tachent qu'à nettoyer chascun leur gouvernement ; el n'avez , sire , une ville plus d'importance pour vostre service et pour vostre pays de Guyenne que ladicte ville de Bergerac, et de laquelle l'ennemy fait grand estât; car ils la fortifient tous les jours. A quoy il me semble que vous devet mander aux lieutenans pour Voslre Majesté en ces pays d'y aller avecques ledict seigneur de Losse, ou luy envoyer le plus de force qu'ils pourront , parce que vous avez vos pays d'Augoulmois et Limosin qui n'ont pas grandes affaires pour ceste heure, si n'est que Beaulicu en Limosin ; mais, ayant eu Bergerac, on yra après audlct Beaulieu.
Voylà tout ce qui se présente pour ceste heure en tout ce pays Icy, si -non que je prieray le Créateur, sire, vous donner très-longue et trèsheureuse vie.
De Perigueux, ce 5 may 1674.
Lettre du seigneur de bourdeille à la reyne mère.
E*crlte le fi de may 1574.
Madame,
J'ay receu une lettre du dix-septiesme jour d'apvril, qu'il a pieu auroy, vostre fils, dem'escrire, et me commander d'aller le trouver, et qu'il nie veut honnorer de se servir de moy auprès de luy. A quoy je ne fauldray m'en aller devers Vos Majestés le plustost que je pourray, pour obeyr a tous ses commandemens et aux VOStrea , lesquels j'executeray ftdellcment. Et cependant je n'ay failly faire une depesche devers Vos Majestés pour vous faire entendre en quel eslat sont les affaires de ce pays, comme
LETTRES
pourrez veoyr bien amplement par la lettre que j'ay escrite à Ses Majestés. Je ne vous diray autre chose, si-non que je supplieray loute ma vie le Créateur, madame, vous vouloir donner en parfaite santé, très-longue et heureuse vie.
De Perigueux, ce 6 may 1574.
Lettre de la reyne mère au seigneur de Bourdeille.
Escrite le 17 d'apvril 1574.
Monsieur de Bourdeille, nous avons veu, par vos dernières, que vous avez assemblé un bon nombre d'hommes pour vous aller joindre avecques les sngncurs de La Vauguyon et Pompadour, qui nous fait promettre que bientost vous pourrez accousler La Noue avecques ses troup-
Sîs, pour les combattre avant qu'il soit joinct. ui sera bien un des signalés services que vous sçauriez faire au roy M. mon fils, dont je vous prye bien fort, et le Créateur, monsieur de Bourdeille, vous avoir en sa saincte et digne garde. Escrit au boys de Vincennes le 17 apvril 1574.
Catherine.
Et plus bas, Fizes.
Lettre du roy Charles IX au seigneur de Bourdeille.
Eicritele25d'apvritl574.
Monsieur de Bourdeille, j'ay veu, par vostre lellrc du 17 du présent , comme La Noue, vous sentant approcher avecques vos foi ces, s'est retiré avecques les siennes , ayant repassé la rivière de Bouillonne. Surquoy vous avez résolu de prendre une roule vers Bergerac pour tascherde la rentrer en mon obeyssance,ainsyque Ic.scigneurdeSainct-Mathicu m'afaict entendre. El parce qu'il s'en retourne de là bien instrmet do ma volonté et intention sur tout ce que vous en pouvez désirer, je ne vous en diray icy autre chose, joinct que je vous ay despuis peu de jours escril bien au long, et satisfaict a toutes vos précédentes depesches. Pryant sur ce le
Créateur , monsieur de Bourdeille , vous avoir en sa saincte et digne garde.
Escrit au boys de Vincennes le 25 apvril 1Ô74.
Charles.
Et plus bas, Fixes.
Lettre de la reyne mere au seigneur de Bourdeille.
Escrite le 25 d'aprril 1574.
Monsieur de Bourdeille, le roy, M. mon fils , satisfait de response à vostre lettre du douziesme du présent par le sieur de Sainct-Mathieu, lequel s'en retourne si bien informé de sa volunté et intention sur toutes choses, queje ne vous en diray icy autre chose, si-non pour pryer leCreateur, monsieur de Bourdeille, vous avoir en sa saincte et digne garde.
Escrit au boys de Vincennes le 25 apvril 1 574.
Catherine.
Et plus bas, Fbes.