‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, abbé séculier de Brantome et d'André, vicomte de BourdeilleChapitre 125 sur 161 · XLV · texte numérisé non relu

XLV

Introduction et mémoires.

Baillés à La Buuiere, pour faire entendre I lt

rcyne, le 8 d'aoïut 1574.

Que ayant pieu à Sa Majesté mander le sieur de 1.<»m- In venir trouver , et laisser la charge qn'il a en Guyenne entre les mains des bayllifs et seneschaux, il auroit laissé les affaires de Perigord au seigneur de Bourdeille, sencschal dudict pays, pour y commander en son absence.

Lequel seigneur de Bourdeille , préférant le service du roy à son particulier, n'estant rien moins dans ledict pays que ledict sieur de I/wse, n'a desdaigné de recepvoir de luy le pouvoir de commander en son absence; craignant l'inconvénient que cependant pourrait advenir, et les affaires qui se présenteraient.

Comme de faict , ceux de la religion prétendue, ayant failly beaucoup d'entreprinscs qu'ils avoient sur aucunes villes, estoient en délibération de se saisir de tous les chasleaux et

D'ANDRE DE BOURDEILLE

places fortes qu'ils pourraient , et délibéraient prendre le- chasteau de La Chapelle Kochur, de Rochc-Monnoy, de La Regtiaudlè, ètlc chasteau de l'evesque.

De quoy adverty , le seigneur de Bourdeille assemble le plus qu'il peut de la noblesse de ce pays Icy et de gerts de pied, tous voluntaires , fors nue seule compaignie qu'il trouva près Pcrigueux , et se met en campaigœ vers le chasteau de La Chapelle , qu'il trouva1 desjâ saisi par lesdicts de la religion prétendue.

Lesquels, n'ayant eu eneor le Idysir de se ftlunir de vivres ët autres choses nécessaires, Il contraignit en qiiatrc jours se fendre par composition: et, en mesme temps, fait entreprises de prendre le chasteau d'Aucor, appartenant à madame de Mezieres, par la praetlque et menée d une partie de ceux qui le detcrloienl; lesquels, pendant que leurs chefs s'estaient allés pOurinener, leur fermèrent la porte, et se rendirent tnaistres dedans. De quoy prompîement àdvëftv, le seigneur de Bourdeille s'y achemine en haite, et met la place cri l'obeyssance du roy.

Au moyen de quoy Icsdicls de la religion prétendue ne tiennent plus rien, et n'ont retraietc en tout ce costé de Perigord ;' lesquels auparadvant ayant ces deux places pouvoient ordinairement venir jusques aux portes de Perigueux, et aller à Angoulesme.

Rcmonstrera semblablement à Sa Majesté que ledict sieur de Losse lu v laisse sept compagnies de gens de pied pour tenir en garnison dans les places et chasteaux de ce pays; mais il ne luy layase aucun argent ny moyen pour les soldoyer : et ne sçaii ledicl seigneur de Bourdeille où en prendre ; à quoy il est requis dë pourveoir.

Il n'a pareillement aucune cavallerie en tout ce pays de Perigord , comme il serait Irès-necessaire y avoir quelque compaignie pour empêcher les courses ordinaires des ennemys : et fa u t qu'il fasse toutes ces assemblées de gentilshommes voluntaires tousjours â ses despends, comme il a desjà faict quatre ou cinq fois ; que luy vient â grande charge, et à quoy ft ne peut plus fournir pour la grande despense qu'il a faicte despuis le commancement de ces guerres, de quoy il n'a eu un seul denier de moyen, si-non de son bien: supplyanl Irèshumblemeut Sa Majesté y avoir esgard.

Aussy vouloir donner congé audict seigneur de Bourdeille pour venir trouver Leurs Majestés, et mettre tel autre pour commander en ce pays que bon luy semblera.

Qu'il plaise à Sa Majesté escrire une lettre au sieur deRastigniac de garder bien l'abbaye de La Chastre jusqu'à la venue du roy , pour y pourveoir comme bon luy semblera.

Sera aussy dict à la reyne que le sieur de Losse assembla ceux de la ville de Perigueux , leur remonslrant qu'il estoit nécessaire qu'ils eussent une garnison en leur ville, voyant qu'ils estoient menacés, et que les ennemys avoient intelligence en leur ville; comme aussy le sieur de Bourdeille l'avoit entendu , et les en avoit adverlis. Ils firent responsc qu'ils garderaient leur ville en l'obeyssance du roy soubs la charge desdicts sieurs de Losse et de Bourdeille, leur scneschal, mais qu'ils n'y recepvroient aucune garnison, si-non qu'ils ont permis audict sieur de Bourdeille tenir douze gentilshommes avecquesluy, montés et drmés, et leur donner cinquante livres par mois, qui est toute la force que a ledict sieur de Bourdeille avecques luy.

Néanmoins, encor qu'il cognoisse la fidélité desdicts habitans, si est ce que n'estant que comme mal expérimentés, il craint que s'il vcnoit au bon du faict il en advins inconvénient. Par quoy supplie Leurs Majestés y pourvoir, et escripre leur voluiité auxdicts habitans.

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