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Lettre de la neyne mere au seigneur de Bourdeille.
Ecrite le 16 de janvier 1575.
Monsieur de Bourdeille, pour response à vostre dernière depesche, le roy, M, mon fils, se remet en partiesur ce qu'il vous a mandé par ses précédentes, espérant que les aurez receues présentement; et parcelle qu'il vous escrit de présent il vous fait si amplement entendre son intention, que je ne vous en feray redicte. Seulement vous prieray d'embrasser tousjours tout ce qui sera de son service , et de la charge qu'il vous a donnée, selon qu'avez accouslumé, et qu'il se promet de vostre affection. Pryant Dieu , monsieur de Bourdeille , vous avoir en sa garde.
Escrit } Rouen, le 16 de janvier 1575,
Catherine.
Et plus bas , DE i\EUFVILLE.
cm.
Lettre du roy Henry- III au seigneur de Bourdeille.
Escrite le 12 de février 1575.
Monsieur de Bourdeille , outre le contenu en vostre lettre du quinziesme du passé , j'ay veu bien particulièrement, par le mémoire qui l'accompagnoit, combien vous vous rendez curieux observateur des actions de vos voisins, qui ne vous peut partir que de l'abondance du cœur et affection que vous desirez au bien de mes affaires et service, ce dont il me demeure
un singulier contentement, et la volunté de vous le tesmoigner, s'ofïrant l'occasion.
Ayant pourveu aux advis que vous me donnez, par les moyens qui m'ont paru plus propres, et avecques lesquels je vous prieray y avoir tousjours tacitement et couvertement l'œil, afin que si les choses prenoient de ce costé succès contraire , vous m'y puissiez, avecques mes autres bons subjects et serviteurs de là, rendre le service que j'en attends, regardant bien ncantmoins de ne rien aigrir , ains y procedrr dextrement , ainsy que vous cognoissez le faict et matière le désirer.
Au demeurant, je ne pense point avoir révoqué ma volunté, et la disposition que vous me mandez avoir Faicte de l'abbaye de La Chastre en faveur du sieur de Rasligniac, ains suis en volunté de le recognoislre plus avant , quand la commodité le permetlra : m'asseurant aussy qu'il ne se degoustera de me continuer le service qu'il m'a cy-devant faict, ains que de bien en mieux il y voudra persister; â quoy je vous prie le conforter , et faire rendre la lettre que je luy escris à ceste fin. Pryant sur ce le Créateur, monsieur de Bourdeille , vous avoir en sa sàincte et digne garde.
Escrit à Rheims, le 12 de février 1675.
Henry.
Et plus bas, Fizes.
Lettre du seigneur de Bourdeille au roy Henry III.
Envoyée par l'homme de M. de UriQniolt, le 8 de mars 1675.
Sire,
J'ay reccu la lettre qu'il a pieu à Vostre Majesté m'escrirc le douziesme du passé, et suivant ycelle ne fauldray d'obeyr à vos commandemens, et avoir l'œil en tout ce qui concernera vostre service.
Je n'ay failly d'envoyer incontinent au sieur de Rasligniac les lettres que luy escrivez, qui est en sa maison, m'ayant as.«curé que son principal désir est de se continuer en vostre service , et pense qu'il s'y employera pour l'advenir de meilleur cœur que jamais , voyant la bonne volunté qu'avez de luy faire du bien.
LETTRES
Quant à ceux que sçavez, ils ne disent root. Tout aussy tost que j'ay entendu que le sieur de Etoffée venoit du costé de Bourdelois avecques des forces, je me suis acheminé jusqu'à Roche-Ghalays, qui est hors mon gouvernement , pour aller à lu y et luy offrir tous mes moyens pour le secours de l'armée, l'ayant asseuré que tous ceux de mon gouvernement s'efforceroient de tout ce qu'il leur seroit possible pour luy ayder ; et le trou vis en délibération d'aller assiéger Gastillon , d'autant que messieurs de Bourdeaux luyavoicnt promis munitions et toutres autres choses requises pour ce faire, veu que ledict Gastillon est de grande importance à ladicte ville de Bourdeaux et à tout le paya. Si est-ce que je pense qu'il se fera battre.
Ayant quitté ledict sieur de Ruffec, je m'en revins A M m paon , qui est un passage sur la rivière de Liste, sur le bord de mon gouvernement , pour attendre là que l'armée eust passé la rivière de Lisle pour aller audict Castillon. Mais ledict sieur de Ruffec me manda qu'il avoit eu advertissement comment La Noue estoit sorly des Puma et s'en alloit passer en Poictou pour assembler tant de forces qu'il pourrait , afin de se venir joindre à l^ingoyran. Qu'a esté cause que je m'en suis venu en ce lieu , pour advertir les sieurs de La Vauguyon, des Cars et de Yantadour, comme estans des principaux de tout ce pays; et les ay prié d'assembler le plus de leurs amya qu'ils pourront, et de se tenir prests pour marcher, si de fortune ledict de La Noue s'aCheminoit en ce pays, afin de l'empescher de se joindre avecques ledict Langoyran.
Quant au sieur mareschal de Monlluc, il m'a mandé, sont huict ou dix jours passés, qu'il faisoit assembler à Moussac, au quatriesme jour de ce mois, les seneschaux de Rouergue , Qumy, Agenois, Perigord et autres pays, pour arregarder les moyens qu'ils peuvent porter pour soudoyer une petite armée qu'il veut dresser, afin de prendre les forts que les ennemys tiennent dans ledict pays. Et me prioit de y aller; ce que je n'ay pu faire, parce queLangoyran, avecques quelques forces, estoit en campaigne: et, d'autre part, j'attendois la response du lieutenant de Poictou , selon que m'aviez commandé.
J'ay mandé au sieur mareschal la volunté dudict sieur de Ruffec, lequel luy escrit aussy de sa part, et le prie devenir de par deçà. Je ne sçay qu'il fera. Je vous ay escrit plusieurs fois comme il est très-nécessaire , pour le bien de voslre service, d'envoyer le seigneur de Montpencier en ce pays , avecques esquipage d'artillerie et munitions nécessaires, pour mettre ce que les ennemys y tiennent en l'obeyssance de Voslre Majesté : vous asseurant, sire, que jamais l'occasion ne se présentera plus propre pour cest effectque à ceste heure; car il y a force seigneurs et gentilshommes en ce pays qui accompaigneront ledict seigneur de Montpencicr plustost que d'autres.
Il n'y a autres affaires qui se présentent de par deçà , si n'est que le seigneur de Grigniols m'est venu dire que ledict sieur de Ruffec a mis garnison en sa maison de Chalays : ce que je trouve bien estrange, veu que ledict sieur de Grigniols n'a jamais porté les armes contre Vostre Majesté: et y a deux ou trois mois qu'il vint en ceste ville faire le serment de vivre ou mourir pour vostre service , et d'ensuivre vos edicts et commandemens, s'estant retiré avecques toute sa famille en une sienne maison qui est en ce pays de Perigord , et y mené la vie la plus paisible qu'il est possible. Il m'a supplié très-humblement vous requérir de luy faire rendre sadicte maison de Chalays, dequoy je vous fais très-humble requeste.
Sur ce je prieray le Créateur, sire, qu'il veuille maintenir Vostre Grandeur en toute prospérité, très-heureuse et longue vie.
De Pcrigueux, le 8 mars 1676
Lettre du seigneur de BourdeUle au oy Henry III.
Eacrilc le 12 de mars 1575.
Sire,
Je vous fis une depesche le huictiesme de ce mois, par laquelle je vous faisois entendre les affaires qui se presentoient en ce pays, et comme le seigneur de Ruffec estoit venu du costé de Bourdelois pour aller assiéger Castillon. Mais despuis il a mandé qu'il s'en retournerait en Xainclonge pour lever le siège que La Noue a
D'ANDRÉ DE B0URDE1LLE. 580
mis devant Mornac. Incontinent qu'il a esté hors de ce pays , Langoyran et Monguyon ont repassé la Dordoignc pour venir en çà avecques leurs forces, qu'on estime à deux mille hommes, lant de cheval que de pied , et veulent attaquer quelques chasteaux qui sont entre icy et Bergerac ; ce que je ne peux empêcher , veu que le peu de forces que j'ay, et principalement de cavallerie , n'ayant que cinquante chevaux-légers mal montés et equippés : et y a trois mois que je les ay entretenus le mieux que j'ay pu , en attendant que M. le mareschal de Montluc me donnast moyen de leur payer une monstre sur les deniers des tailles que vous luy avez ordonné pour subvenir aux besoings, comme je luy ay escrit, et n'en ay eu encor de response. Je seray contraint de leur bailler congé, car ils m'ont dict résolument que s'ils n'ont de l'argent ils se retireront.
J'ay demandé audict seigneur mareschal une compaignie de gens-d'armes , et en lieu de cela il m'a envoyé quatre enseignes de gens de pied , qui n'ont esté payés il y a six mois : et y a un mois qu'ils sont en ce pays, mangeant le pauvre peuple sans y servir de rien ; tellement que je suis contraint de les renvoyer , voyant que le pauvre peuple est si ruyné qu'il n'en peut plus.
J'av entendu que le comte de Martinengue s'en vient en ce pays avecques quinze ou vingt enseignes de gens de pied , et qu'il est desja à Sainct-Lconard, près Limoges. C'est assez pour achever de ruyner ce pauvre pays, comme on eu a faict de mesmes en Xainctonge, sans mettre rien à effect pour le bien de vostre service : et crains bien que vous aurez assez d'affaires en toute la Guyenne, si vous n'y mettez ordre, pour beaucoup de menées qui s'y brassent , et pour faute d'envoyer un grand pour commander en ce pays. Mais , pour le plus expédient , je vous supplieray très - humblement , sire, de faire la paix, et avoir pitié de vostre pauvre peuple, qui est au desespoir. On fait courir le bruit que M. le mareschal Damville s'en vient à Montauban. Voylà toutes les affaires qui se présentent pour ceste heure en ce pays.
Quant aux miennes particulières , je supplie très-humblement Vos Majestés ne trouver point mauvais si je vous en parle ; car la nécessité m'y contraint , d'autant qu'il y a un an entier que je suis icy en grands fraix et mises, sans
avoir estât ny demy, ayant despendu tout ce que j'ay pu trouver sur mon bien , tant pour les assemblées que j'ay faict plusieurs fois de la noblesse de ce pays, que pour les voyages que j'ay dressés devers Vos Majestés. Il y a un office de lieutenant particulier de ceste ville qui s'en va vacquant. Il vous plaira me le donner en payement des frais que j'ay faicts. Je pense bien qu'il y en a qui le vous ont demandé pour don gratuit. Quant à moy, je ne le veux pas en ceste façon, si-non en recompense de ce que j'ay despendu icy pour vostre service , s'il vous plaisl de me le donner. Ce sera tousjours augmenter le bon vouloir que j'ay de despendre le reste du mien pour vous faire très-humble service , que je feray d'aussy bon cœur que je prie le Créateur, sire, qu'il veuille maintenir Vostre Gi andeur en toute prospérité, très-heureuse et longue vie.
De Perigueux, ce 12 mars 1576.
Lettre du seigneur de Bourdeille à fa reyne mère.
Madame
Vous voyrez par la lettre que j'escris au roy en quel estât sont les affaires de par deçà pour son service, qui est la cause que je ne vous feray plus long discours.
Vous sçaurez, madame, qu'd y a plus d'un an que je suis en ceste ville à mes despens, et que j'ay mis beaucoup d'argent extraordinairement , tant pour les assemblées que j'ay souvent faictes de la noblesse de ce pays, que pour autres affaires concernant le service de Vos Majestés, comment je vous feray plus clairement entendre quand j'auray cest honneur d.estrc auprès de vous.
Cependant je vous adverlis qu'il y a un office de lieutenant particulier de ceste ville, qui s'en va vacquant par la mort de Merlé : vous suppliant très-humblement, madame, de me le faire donner en recompense des frais et mises extraordinaires que j'ay faicts pour le service de Vos Majestés. Et s'il vous plaist de me le faire donner, il sera tousjours desdié avecques le reste de tous mes moyens pour estre employé 4 vous faire très-humble service. Je crains bien
LETTRES
qu'il y en ait d'autres qui le sont allés deman- I der, mais je m'asseurequcje l'auray si vous vou- Icz ; et je ne le demande point pour don gratuit.
Sur ce je prie le Créateur, madame, vous maintenir Vostre Grandeur en bonne prospérité, Irès-longue et heureuse vie.
DePerigueux, ce 12 mars 1576.
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Lettre du seigneur de Bourdeiile au roy Henry 111.
Envoyée par La Beylie, le 22 de mars 1575. SlRE,
Toutes fois et quanles les occasions se présentent pour vous faire entendre les affaires qui se passent de par deçà concernant vostre service, je ne veux faillir de vous en advenir, mesmes par ce présent porteur, lequel j'envoye par devers Vos Majestés en diligence , pour vous Faire sçavoir comment l .angoyran , Monguyon Vivans et Oros, sont assemblés avecques le plus de force» qu'ils ont pu, et ont passé la rivière de Dordoigne , et leur rendez-vous est aujourd'huy àSaligniac, là où se doivent trouver plusieurs gentilshommes de Limosin et autres pays, et de bien grands, comme vous sçavez; et font estât d'eslretousensemblequatremille hommes, tant de chev al que de pied , dont il y en aura de cinq à six bons chevaux; et font bruit d'aller combattre le comte Martinengue, qui a sept ou hnict cens harquebusiers, et sont à deux lieues l'un de l'autre, tellement qu'il a esté contraint de se retirer à l'abbaye de Ternsson, qui a un passage sur la Vezere en mon gouvernement. Incontinent , j'ay envoyé un gentilhomme devers luy pour luy offrir tous mes moyens.
Quant aux forces, sire, vous seavez que je n'en ay point. Toutesfois, j'ay envoyé devers messieurs de La Vauguyon , des Cars et de Ruffec , et les prie de amasser leurs forces, et de nous joindre afin d'obvier aux desseins des ennemys. Si est ce que je crains bien , avant que nous soyons assemblés , qu'il advienne quelque désastre audict comte Martinengue. Mais si vous eussiez bien considéré mes advertissemens, ce pauvre pays ne seroit pas reduict en l'extrémité cpie je voys; vous asscurant qu'il est très-neces-
sairc que vous y mettiez ordre en brief, et de nous envoyer M. de Montpencier, ou quelque autre prince pour nous commander, n'y voyant remède plus commode pour le bien de vostre service ; car il trouvera force noblesse qui ne désirera autre chose qu'estre employée pour vostre service, lesquels se voyans exposés en si grands dangers, et sans aucuns secours, se refroidiront et conviendront avecques les ennemys, qui ne peut estre que au grand préjudice de voslredict Estât. Et après avoir donné une venue aux trouppes dudict Martinengue, ils s'en vont trouver le mareschal Damville; et me semble qu'ils veulent faire de deux choses l'une : c'est qu'après avoir assemblé toutes leurs forces ils veulent attaquer quelque place en ce pays, ou bien s'en aller trouver leurs reistres , car ils s'asseurent d'en avoir.
Sire, ladicte commission qu'il vous a pieu m'envoyer pour la solde des six cens bpmmre establis pour la garnison de ce pays pour le temps et espace de quatre mois, qui expirent à la fin du mois d'avril prochain, il vous plaira de renouveller, ou bien me donner autre moyen sur les deniers qu'on levé en ceste ville; car je vous asseure que le pauvre peuple n'en peut plus; et me trouve bien empesché quand ce vient à payer lesdictes garnisons. J 'a vois levé cinquante chevaux-legers qui estoieot trèsnecessaires pour la garde du pays, et vous ay souvent mandé de me donner moyen de les entretenir. Sur quoy il vous a pieu me commander de m'adresserau seigneur mareschal deMontluc, parce que luy avez donné les deniers des tailles de ce pays pour subvenir aux affaires de la guerre : ce que j'ay faict; mais il ne m'a faict aucune response. Mais, en lieu de cela, il m'a envoyé quatre enseignes de gens de pied, qui ont demeuré en ce pays six ou sept semaines : tellement que j'ay esté conlrainct de les congédier pour n'avoir moyen de les entretenir, et aussy les chevaux-legers.
Ledict sieur mareschal a envoyé un contrerolleur des guerres devers Vostre Majesté pour vous faire entendre bien amplement sa déclaration. 11 vous plaira considérer en quelle extresmité je suis de par deçà , comme j'ay esté il y a un an. Et si de fortune il vient quelque accident en ce pays, je vous supplie très-humblement , sire , ne penser aue ce soi/
D'ANDRÉ DE
en ma faute; car de moy je n'espargneray vie ny biens pour vous faire cognoislre le zelle que j'ay à vostre service.
Incontinent que j'ay esté adverti des assemblées des ennemys , j'ay adverti MM. de La Vauguyon , des Cars et de Ruffec , et les ay prié de nous joindre ensemble , afin de secourir ledict seigneur comte de Martinengue de tout ce qu'il nous sera possible. Et m'asseure tant d'eux , qu'ils n'espargneront rien en ceste affaire.
Sire, je vous ay cy-debvant adverly de la mort du feu lieutenant particulier en ce siège, après laquelle je fis assembler des gens du roy et presidiaux de ceste ville, ensemble les maire et consuls d'ycelle, et pour la pluspart des voix en y eut trois entre autres nommés , comme est contenu par le procès verbal là dessus faict, que j'ay envoyé à M. vostre chancelier, luy donnant par mesme moyen advertissement , comme je fais à Vostre Majesté , combien maistre Guillaume Gravier, advocat ancien audict siège presidial, sont plus de vingt ans, avecquea grand honneur et réputation, n'ayt esté nommé par si grand nombre que les autres; toutesfbis, pour sa preudhommie et valeur, je vous responds, sire, que je n'en cognois et sçache un seul plus capable et suffisant pour vous faire service en ceste charge. Il est fort homme de bien et affectionné à vostre service, auquel je l'ay employé ordinairement. Je vous supplie doneques qu'il soit préféré à tout autre, vous asseurant de tout ce que je puis de sadicte valeur et intégrité. M. de Neufvie , et autres gentilshommes de ce pays , de vostre suite, vous en rendront certain et pareil tesmoignage.
Le seigneur de La Vauguyon m'a envoyé le seigneur de La Roudaraye me dire qu'il s'en vient , avecques toutes les forces qu'il peut , me trouver; vous asseurant, sire, qu'il n'est point paresseux à monter à cheval quand quelqu'un luy mande pour vostre service : et si M. de Ruffec vient, ou vous envoyé de ses forces, vous oyerez dire, avant qu'il soit longtemps, que nous nous serons bien battus. J'ay pareillement adverty le seigneur comte de Vantadour, lequel m'a mandé qu'il employera toutes ses forces et moyens pour obvier aux desseins des ennemys, et que s'il est besoin il
se viendra joindre à nous. A ce que je puis veoyr et ouyr dire , il a bonne voluoté à vostre service; vous asseurant, sire, que les principaux seigneurs de ce pays , tant deçà que delà la Dordoigne, sont fort affectionnés à vostre service, pour lequel il vous plaira me commander, et serez obey d'aussy bon cœur que je prie le Créateur, sire, qu'il veuille maintenir Vostre Grandeur en toute prospérité, très-longue et très-heureuse vie.
De Perigucux, le 22 mars 1675.