D'ANDRE DE BOU IIDK1LLE. COI
Et si la paix cstoit faicte, ou se faisoit pendant le séjour que ledict scindic fera à la cour, faut demander commission pour payer les arrérages des garnisons despuis que la dernière commission est expédiée.
D'obtenir du roy authonsation de la levée des chevaux-legers du sieur de Paillet à luy ordonnés par M. le seneschal,et commission pour imposer sur tout le pays l'estape extraordinaire qui en a esté faicte par les habitans d'aucunes paroisses, suivant la commissionde mondict sieur le senescbal.
Pareillement obtenir commission du roy pour imposer les frais faicts par les scindic et habitans de La Chapelle , fondés pour l'entre tenement des gens de guerre levés et mis sus par M. le seneschal aux mois de juillet et aoust derniers , et le recouvrement des chasteaux de Ainar et Cappel, dont les pièces sont entre les mains de M. de Villeroy.
Qu'il plaise sur-tout à Sa Majesté pourveoir audict sieur seneschal des moyens de recevoir deniers et forces pour la deffense et conservation du pays, sans le renvoyer devers M. lemareschal de Montluc.
Par mesme moyen , d'escrire aux sieurs de Montanès, de Carns, d'Oros, Aux, des Coutures , de Bonnes, de Rastigniac, de Puyguilhen , etc., lesquels ont tousjours suivy ledict sieur seneschal , et les remercier du bon vouloir qu'ils ont à son service , en attendant que l'occasion se présente de les recognoistre par bienfaicts ; et une autre lettre générale pour servir à tous les autres gentilshommes qui ont suivy ledict sieur seneschal , afin qu'ils se contiennent plus volontairement à son service.
Remonstrer à Sadicte Majesté que ledict sieur seneschal la supplie très-humblement de luy donner une compaignie de cavallerie, afin qu'il empesche que Langoyran ne fasse la recolle en ce pays : autrement, qu'il luy plaise bailler congé pour aller baiser ses mains , et servir monseigneur son maistre, veu qu'il a demeuré icy quinze mois tousjours à ses despens; et qu'il luy plaise depescher ledict scindic le plustostqu'ii luy sera possible, d'autant qu'il est fort nécessaire icy pour le bien de son service.
Lettre du seigneur de Bourdeille au roy Henry III.
Escrile le 23 de may 1575.
Sire,
Par la lettre qu'il vous pleut m'escrire U dernier jour de mars, par le gentilhomme que j'avois lors envoyé devers Vostre Majesté, vous me mandiez que le sieur de Ruffec vous avoit escrit que le chasteau d'Aubeterre estoit de grande importance pour le pays , et que je y avois mis un gentilhomme pour le garder.
Je croy, sire, qu'il rcsvoit lorsqu'il vous mauda cela; carceluy qui est dans ledict chasteau s'appelle Chamberlanne, lequel y a esté rois par vostre commandement, du temps du feu roy ; et vous peut souvenir que, au partir de La Rochelle, vous donnastes charge au comte Galiate de mener les Suisses et autres gens de pied, avecque» quelques canons, audict chasteau d'Aubeterre , et me commandastes de luy assister pour faire rendre ledict chasteau le plus doucement qu'on pourroit : ce que je fis et allay trouver ledict comte Galiate, et fismes tant , que la dame dudict lieu et ses enfans rendirent ledict chasteau en l'obeyssance du roy ; et ledict comte mit Chamberlanne dedans avecques certain nombre de soldats, et leur bailla commission; et ledict Chamberlanne l'a tousjours gardé despuis, faisant vivre chascun de ce costé là en paix et tranquillité.
Et quant à moy, pour oster beaucoup de soupçons, j'avois trouvé moyen de retirer ledict chasteau, si le feu roy m'eust accordé ce que je luy demandois, et vous aussy, sire; et dès ce temps , j'ay retiré le fils aisné, seigneur dudict lieu, avecques inoy, par commandement du feu roy, lequel me manda qu'il le vouloit prendre à son service; vous asseorant qu'il m'a tousjours suivy à toutes ces guerres, portant i les armes pour le service de Vostre Majesté, désirant de le continuer et d'employer ses biens et vie pourcest effect, comme je l'ay bien pu cognoistre; et a aussy bon commancement de jeune homme qu'il est possible, espérant qu'il vous fera quelque bon service.
Et parce que je vois qu'on luy fait tort en son bien, j'ay conseillé à sa mere de l'envoyer devers Vostre Majesté , afin qu'il vous fasse
LETTRES
entendre la bonne volonté qu'il a de vous faire service, et vous dire bien au long son faict. Par quoy, sire, je supplie très-humblement Vostre Majesté de le recevoir à vostre service et luy faire justice, et que sa requeste, qui est trèsraisonnable, luy soit accordée. Et par ce moyen vous ferez cognoistre à un chascun vostre grande miséricorde et bonté, et le désir qu'avez d'entretenir en leur entier les grandes maisons comme ceste-là.
On vous fera entendre plus amplement ce que j'ay faict en cela. 11 vous plaira y mettre ordre, et le plustost sera le meilleur pour l'importance de cecliastcau; et crains bien que, à ceste levée des fruicts, il s'y dresse des querelles.
Sur cela je pricray le Créateur, sire, qu'il veuille maintenir vostre aucthorité en toute prospérité, vrais honneurs et très-longue vie.
De Perigueux, ce 23 may 1675.
Lettre tlu seigneur de BourdeUle à la reyne mère.
Escrite le 23 de may 1575.
Madame,
H vous pourra ressouvenir que j'ay souventes fois mandé au feu roy et à vous l'importance du chasteau d'Àubeterre, et que j'avois trouvé moyen de le remettre entre mes mains, en m'octroyant les moyens d'ycelluy garder, et autres choses que je demandois, ce qui me fut accordé. Toutcsfois, le sieur de Chamberlannc, auquel il a esté donné en garde par commandement du roy, estant lors Monsieur en France, l'a fort bien gardé, et fait vivre tout le monde en paix en ce pays-là ; et despuis ces guerres, j'ay tousjours eu le fils aisné de la maison avecques moy, qui a tousjours porté les armes à tous les voyages que j'ay faicts; ayant bonne volunté de continuer le service qu'il doit à Vos Majestés, et de rhabiller les fautes de ses prédécesseurs.
J'ay conseillé à sa raere de le vous envoyer pour vous offrir son service, ensemble à Sa Majesté, et muonstrer le tort qu'on luy (ait en ses biens. Par quoy, madame, il vous plaira user de vostre miséricorde et bonté accouslu-
roéc envers les pauvres vefves et orphelins comme luy, afin qu'il puisse se prévaloir d'ycelle, et luy octroyer la requeste qu'il entend vous faire, qui est plus que raisonnable, par le moyen de laquelle vous remettrez une des bonnes et anciennes maisons de ce pays en son entier.
Et sur ce, je prieray le Créateur, madame, qu'il veuille maintenir Vostre Grandeur et aucthorité en toute prospérité, très-heureuse et très longue vie.
De Perigueux, ce 23 may 1676.
Lettre de Henry , roy de Navarre , de BourdeUle.
Escrite de Cadillac le premier febrrier 1581.
Mon cousin, par la depesche que Monsieur 1 vous fait présentement, vous cognoistrez comme nous travaillons à parachever les choses encommancées, vous ayant nommé et commis à l'exécution des edicts, articles et conférences de la seneschaussée de Perigord, et avecques vous le sieur de Campaignac de la part de la religion reformée, afin de procéder tous deux ensemble , et d'une commune main , à l'effect de ce qui a esté résolu.
Et d'autant qu'estes un des plus zellés et affectionnés au bien de ladicle paix et tranquillité publique, m'asseurant que vous employerez siucerement et franchement en si bonne œuvre, je vous prie, mon cousin, suivant l'instruction qui vous est envoyée, vous acheminer incontinent au lieu qui vous est mandé, pour, avecques le sieur Campaignac que vous ad ver lirez, procéder au faict de vostre commission, et à l'i établissement de ce qui sera nécessaire pour le repos d'un chascun soubs l'obeyssance des edicls du roy , mon seigneur; en quoy je m'asseure que vous vous comporterez avecques l'équité et droicture requises, et d'autant plus fidellement que vous sçavez et cognoissez le bien principal de la paix consister, non aux edicts, mais en l'exécution d'yeeux ; ce que nous attendons de vous, avecques un bon et ample procès verbal de tout ce que vous ferez.
• Le duc d'Alençon.
D'ANDRÉ DE BOURDEILLE
Et sur ce je prieray Dieu, mon cousin, vous avoir en sa sainctc et digne garde.
De Cadillac, ce premierjour de febvrier 1681. Vosire affectionné cousin , Henry.
Et au dos: A mon cousin, M. de Bourdeille, chevallier de l'ordre du Roy mon seigneur, capitaine de cinquante hommes d'armes de ses ordonnances, et seneschal de Perigord.
CXXIU.
Lettre de Henry, royde Navarre, au seigneur de Bourdeille.
écrite de Nerac le 10 d'aoust 1581.
Mon cousin , j'ay esté fort ayse d'entendre de la bonne affection et diligence que vous avez monstrée despuis la prise de Perigueux, pour empescher ou modérer les mauvais effects des preneurs contre ceux qui estoient dedans, dont je vous remercie; mais je suis fort marry d'avoir sceu que vostre bonne intention n'a pu estre selon vostre desseing, d'autant que la pluspart des maisons de ceux de la religion ont esté pillées et saccagées, et plusieurs faicts prisonniers : et y en a encor auxquels on veut faire payer rançon , comme on a desjà faict faire aux autres, entre lesquels est le sieur Sauliere, qu'on ne veut eslargir sans cela, quelque grande perte qu'il ait faicte de ses meubles et titres , qui seroit son entière et totale ruine et de celle de ses enfans.
Je ne puis croire que le roy, monseigneur, ne reprouve grandement la prise de ladicte ville, comme estant advenue par trop grand attentat, faict au préjudice de son service et de la paix et tranquillité publique.
Je ne puis aussy, pour mon devoir et pour mon honneur ( m 'ayant ladicte ville esté donnée en garde, comme une des principalles seuretés de ceux de la religion de Guyenne, qui desjà m'en ont faict de grandes plainctes), que je n'en poursuive la raison et réparation envers Sa Majesté.
Puisque ce faict concerne tout un gênerai
duquel j'ay la charge, il me seroit fort mai convenable si j'en voulois faire mon propre particulier, comme vous desirez que je fasse, en me priant de pardonner et oubliant telle faute. C'est au roy, mondict seigneur, comme celuy qui , pour le bien et repos de son royaume, y a le principal interest de pourveoir sur ce poinct.
Je vous prie doneques, mon cousin, considérer que je ne puis autre chose là-dessus, que d'attendre la volunté et intention de Sa Majesté pour me ranger et conformer selon ycelle. Cependant, puisqu'il y a encor dedans la ville des prisonniers et plusieurs meubles pillés appartenant à ceux de ladicte religion , je vous prie derechef faire le tout rendre , et mettre en liberté tous lesdicls prisonniers, principallement ledict Sauliere; de sorte qu'il n'en puisse estre faict aucune plus grande plaincle.
Je m'asseure que, comme vous avez faict délivrer La Fourcade et Charon, vous pouvez en faire le semblable dudicl Sauliere et autres prisonniers, et leur faire restituer ce que pris leur a esté. Cest chose qui dépend de vostre pouvoir et aucthorilé, et dont vous devez faire croire.
En ce faisant, vous ferez beaucoup pour les preneurs et détenteurs, en ce que, par ce moyen , leur faute sera estimée moins griefvc; et je m'asseure que ce sera chose fort agréable à Sadicte Majesté; et j'en recevray un tel plaisir et contentement, que je ne fauldray de m'en souvenir pour m'en revancher en vostre endroict , s'offrant l'occasion.
Et espérant qu'ainsy le ferez, je prieray le Créateur vous avoir, mon cousin, en sa très-saincte et digne garde.
Escrit à Nerac, le 10 d'aoust 1581.
Despuis la présente escrite, j'ay receu une lettre du roy sur ladicte prise, laquelle il reprouve, comme vous verrez, qu'il voudrait d'autant plus exciter à moyenner la délivrance dudict Sauliere, et restitution de ce qui a esté pris et pillé. Je vous envoyé copie de ladicte lettre, afin que vous soyez aussy instruict des autres particularités y contenues. Vostre bon cousin et affectionné amy, Henry.
APPENDICE