‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, abbé séculier de Brantome et d'André, vicomte de BourdeilleChapitre 139 sur 161 · D1CE. G · texte numérisé non relu

D1CE. G

En 1576 , il suivit la reyne mère dans le voyage qu'elle rit pour ramener Monsieur, duc d'Anjou, qui avoit quitté la cour par mécontentement ; et il fut fait entre eux une trêve à Jascneuil en Poitou , etc.

Brantosme étoit à la cour , lorsqu'on y apprit la nouvelle de la défaite de l'armée des Etats de Hollande, par dom Juan d'Autriche : et quelques jours auparavant, il avoit été invité de se trouver à celte battaille par M. de la Noue, son amy, qui teuoit le party des États. Cet événement parolt être la battaille de Gemblours , donnée eu 1578.

Vers 1579 , le roy Henry 111 étant à Saint- Germain en Laye, et la reyne mère à Paris, Brantosme obtint un don du roy, et fut témoin d'un discours que le roy fil pendant son dîner contre la profusion et le luxe de la noblesse, en présence de M. d'Arqués (depuis duc de Joyeuse), qui ne faisoit que d'entrer en faveur. Et il semble même qu'il s'attacha plus particulièrement à M. le duc d Alençun, et qu'après la mort du vicomte de Bourdeille, son frère ulné, il ne fut occupé que du soin d'empêcher la douairière de Bourdeille, sa se belle-sœur, de se remarier.

11 assista en qualité de haut et puissant seigneur Pierre de Bourdeille , seigneur abbé de Brantosme, de Saint-Severin , seigneur de Richemont et de Saint-Crespin, gentilhomme ordinaire de la chambre du roy, chambellan de Monsieur, et chevalier de Tordre du Hoy de Portugal, au contrat de mariage passé le 16 février 1579, entre Renée de Bourdeille, sa nièce, et David Bouchard, \icomte d'Aubeterre : et est nommé simplement Pierre de Bourdeille , abbé de Brantosme , seigneur de Saint-Crespin , de Richemont, gentilhomme ordinaire de la chambre du roy, daus le testament du 25 décembre 1681, du vicomte de Bourdeille, son frère aîné, qui le fit l'un de ses exécuteurs testamentaires.

L'obmission de la qualité de chevalier de l'ordre du Roy, dit de Saint-Michel, dans ces deux actes , donneroit lieu de croire que Brantosme n'en étoit pas encore alors revêtu, si le défaut de cette obmis.Mon ne se trou voit rétabli par ce qu'en rapportent les Mémoires de Casteinau, en cette manière : «Il est bon que le lecteur soit averti , que l'institution de l'ordre du Saint-Esprit tenoit au cœur au

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sieur de Brantosme, parce qu'il étoit chevalier de l'ordre de Saint -Michel, et qu'il étoit fâché de voir qu'on l'abolit pour un autre nouveau, etc.» C'est ce qui luy fait dire, que c'étoit une si belle institution que celle de l'ordre de Saint-Michel , que possible nos roys , tant qu'ils viendront par après, n'en excorieront ny inventeront de plus beau, soit par constitutions, formes, règles et cérémonies, ou pour l'ordre et habits si superbes, que j'ay ouy dire à M. de Lansac, qui éloit un vieux registre des antiquités de la cour et de la France que celuy du Saint-Esprit, tant en l'ordre qu'en manteau , n'étoil que quincaillerie et bifferie, au prix de celuy de Saint -Michel.

Il est encore prouvé plus certainement, que Brantosme a été chevalier de l'ordre de Saint- Michel , par le contrat de mariage de Jeanne de Bourdcille, sa nièce, avec Claude d'Espinay, comte de Duretal , du 8 novembre 1584, dans lequel il prend ces qualités : messire Pierre de Bourdeille , seigneur et baron de Richemont et de Saint-Crcspin , chevalier de l'ordre du roy , et gentilhomme ordinaire de sa chambre.

On ne luy trouve plus alors le titre d'abbé de Brantosme, parce que dès l'an 1583 il ne jouis soit de cette abbaye que par confidentiaire.

En 1688, il assita au baptême d'un fils posthume du duc de Guise, auquel la ville de Paris donna le nom de Paris.

H y a voit 33 ans qu'il étoit à la cour, et particulièrement attaché aux intérêts de la reyne Catherine de Médicis et des Guises, lorsqu'elle mourut en 1589, n'ayant commencé à connoître les dames de sa cour que sur la fin de son mariage. Aussi dit-il qu'il ne se ressouvenoit plus de celles quiavoient précédé ce temps, parce qu'il étoit alors trop jeune pour en avoir été frappé.

Depuis la mort de cette reyne , Brantosme ne parott pas avoir fréquenté la cour, ayant perdu le crédit que pouvoit luy donner auprès de cette reyne le peu de cas qu'il faisoit de la loy salique , comme on le peut voir dans ses Dames illustres,^ l'article de la reyne Marguerite de France, dont il fut trop zélé défenseur.

En 1594, il obtint du roy Henry IV, tant en considération de ses services, que de ceux

Chambre , qui commandoit alors dans les ville et château de Brantosme pour le service du roy.

La vicomtesse de Bourdeille, sa belle-sœur, le nomma l'un de ses exécuteurs testamentaires, par ses testaments et codicilles des . années 1694 et 1695; luy témoignant la reconnoissance qu'elle ressentoit de l'extrême assistance qu'il luy avoit donnée en toutes ses affaires et nécessités , depuis la mort de son mary. Ces actes le qualifient haut et puissant seigneur messire Pierre de Bourdeille, baron de Richemont.

La mort de cette dame le toucha vivement, comme il l'a tt esse luy-mèrae. Celte affliction , jointe au mécontentement qu'il croyoit avoir de la cour, et au peu d'union qu'il parolt avoir entretenu avec sa famille , furent sans doute les vrais molifs de sa retraite, pendant laquelle il composa ses Mémoires. Les maladies, et autres infirmités d'un âge avancé, l'obligeant souvent , comme il le dit , de suspendre ses ouvrages, produisirent en luy l'effet ordinaire dont peuvent être susceptibles de semblables caractères. Ccst pourquoy il n'est pas étonnant, que, non content d'avoir répandu sa bile dans ses Mémoires , et d'y avoir mis au jour son ambition cl son humeur contre tout le genre humain, il en ait encore conservé pour son testament olographe , qui , par sa singularité, mériteroit d'être transcrit en entier. Mais ou se bornera à un abrégé un peu étendu, qui sera cy-après rapporté.

La mésintelligence où il étoit avec sa famille est suffisamment prouvée par l'oubly où on le met toit. Il n'est fait de luy aucune mention dans les contracts de mariages du vicomte de Bourdeille el du baron de Mata, ses neveux, des années 1602 et 1604; ni dans le testament de la damoiselle de Bourdeille, sa sœur, de l'an 1611. Cependant, dès le 5 novembre 1602, il avoit fait un état de tous ses neveux et arrière - petits-neveux , pour avoir occasion de parler de toutes ses alliances, et sur-tout de celles qu'il avoit avec les maisons de Savoye et de Montpensier, par les maisons de Vivonne et de Marcuil ; témoignant au surplus le peu de considération que les ducs de Savoye, de Nemours, et de Montpensier,

du vicomte de Bourdeille, son neveu, un don j avoient pour luy. Ces princes pensoient plus de droits de lods et ventes pour le capitaine la : avantageusement sur le compte des vicomtes de

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Bourdeille, ses frère et neveu, que sur le sien , comme on le verra à leurs articles , où on eu trouvera les preuves.

Voicy l'intitulé du testament de Brantosme : «Je Pierre de Bourdeille, seigneur et baron de Richemont , de Sainct-Crcspin , de la Chapelle- Montmoreau ; conseigneur de Branthome usufructuaire; chevalier de l'ordre du Roy de Saint Michel , ensemble de celuy de l'ordre de Portugal qu'on appelle YHabito de Christo; gentilhomme ordinaire de la chambre des feus roys Charles IX et Henry III, mes maistres; pensionnaire de deux mille livres par an du susdit roy Charles IX en son vivant, et chambellan de monseigneur le duc d'Alençon mon bon maistre ; aussi ayant commandé à deux enseignes de gens de pied aux secondes guerres civiles passées , sans reproche.»

Par cet acte, il élit sa sépulture en la chapelle de son château de Richemont ; espérant que la voûte qu'il a fait construire à cet effet sera achevée avant sa mort : et ordonne que sur sa tombe soit gravée en grosses lettres l'épitaphe suivante avec les armoiries de Bourdeille et de Vivonne , entourées de l'ordre de Saint-michel.

Ê pitaphe de Brantosme.

o Passant , si par cas ta curiosité s'étend de sçavoir qui gist soubs ceste tombe, c'est le corps de

en son vivant chevallier, seigneur et baron de Richemont, de Sainct-Crcspin, de la Chapelle- Montmoreau, et conseigneur de Branthome usufructuaire : extraict du costé du pere de la très-noble antique race de Bourdeille, renommée dès l'empereur Charlemaigne , comme les histoires anciennes, et vieux romans François, italiens, espaignols, tiltres vieux et antiques monuments de la maison le tesmoignent de pere en fils , jusques aujourd'huy : et du costé de la mere , il fut sorty de ceste grande et illustre race aussi de Vivonne et de Bretaigne, qui en porte les hermines pour cela en ses armoiries. Il n'a dégénéré, grâce à Dieu, à ses prédécesseurs. Il fut homme de bien , d'honneur et de valeur, comme eux, advenluriers eu

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