FRANÇOISE DE BOURDEILLE
Françoise de Bourdeille , religieuse professe au monastère de Sainte - Croix de Poitiers, fut nommée, à l'âge de dix-huit ans, abbessc de l'abbaye de Ligucux en Périgord , sur la démission de Jeanne de Bourdeille , sa tante , par brevet du 27 septembre 1545, que le roy luy accorda à la recommandation de la reyne de Navarre. Le baron de Bourdeille. son père , luy avoit assuré une pension de trente livres ; et il paya les frais des bulles de cette abbaye. C'est pourquoy il la pria , dans son testament du 28 janvier 1546 , de se contenter des dépenses qu'il avoit faites pour elle, et il ne luy laissa rien autre chose. Elle fut instituée héritière universelle du capitaine Jean de Bour-
deille, son frère, par son testament du 29 juin 1553, dans lequel elle est qualifiée noble et religieuse personne dame Françoise de Bourdcille, abbesse de Li gueux en Périgord. La baronne de Bourdeille , sa mère, luy légua aussi une pension de deux cents livres, par son testament du 26 may 1557. Enfin, après avoir gouverné l'abbaye de Ligueux pendant vingt ans , elle s'en démit l'an 1565 , quoyquclle n'eût encore que trente-huit ans, en faveur de Marguerite d'Escars de Peyrussc, religieuse de l'abbaye de Bourbon, au diocèse de Limoges. Ou ignore ce que devint Françoise de Bourdcille après la démission de son abbaye.
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JEANNE DE BOURDEILLE
COMTESSE DE DURETAL.
Jeanne de Bourdeilie, atnée de tous les enfants du vicomte André de Bourdeilie, se trouvant de plus fille unique en 1562 , fut in stituée héritière universelle par le premier testament de son père du 24 may de cette année ; mais enfin elle perdit cette qualité dans le dernier testament du 25 décembre 1581 de son père, qui ayant alors un Mis, la réduisit pour tous ses droits à la somme de trois mille trois cent trente-trois écus un tiers, revenant à celle de seize mille livres, monnoye de ce .siècle
Quoyqu'atnée, elle ne fut mariée qu'après Renée, sa sœur cadet le, après la mort de leurpère. Elle épousa , à l'âge de pins de vingt-deux ans , par contrael passé au château d Archiac, domicile de sa mère, le 8 novembre 1584, haut et puissant seigneur messire Claude d'Espinay, comte de Duretal , seigneur et baron de Barbezieux, de la Vezouzière, et de Bouère, chevalier de Tordre du Roy, gentilhomme ordiuaire de sa chambre, fils unique de haut et puissant seigneur messire Jean, sire et marquis d'Espinay, comte de Duretal, vicomte de Blaison , baron de Mathéleron , seigneur de Seigre , Sérigné, la Marche, Escures, Sandecourt , la Vezouzière, Yieilleville, Maumusson , Auneau, et La Hocheguyoïi en partie , chevalier de Tordre du Roy, geutilhomme ordinaire de sa chambre, et dame Marguerite de Scepeaux.
Elle eut en dot la somme de seize mille six cent soixante-six écus un tiers. Les paroisses et terres de Baret et de la Garde, situées dans la baronnie ti' Archiac, luy furent cédées par sa mère, pour le prix de dix mille écus, outre lesquels la vicomtesse de Bourdeilie, sa mère, luy légua encore trots mille trois cent trentetrois écus un tiers, faisant la somme de dix mille livres, par ses testament et codicille des années 1594 et 1595.
11 semble que dès-lors la comtesse de Duretal éloit veuve. Elle assista, en 1597, au mariage de Théritière d'Aubelerre, sa nièce, avec le baron de la Serre de la maison d'Esparbez,
connu depuis sous le nom du maréchal d'Aubeterre.
Le seigneur de Brantosmc , son oncle , par son dernier testament, dont on ignore la datte , mais certainement fort postérieur à Tannée 1605, la chargea du soin de l'impression de ses ouvrages ; et, la déclarant sans enfants et hors d'âge d'en avoir, il luy laissa la jouyssance de son château de Rictiemont, sa vie durant, pendant qu'elle resterait en viduité seulement , pour la rapprocher de sa famille, attendu Téloiguemenl de sa maison de la Vezouzière, qu'elle occupoit à titre de douaire, et comme il destinoit cette terre de Richemout à Claude de Bourdeilie, son petit -neveu, il la pria de bieu entretenir ce château, et de conserver le cabinet de livres qu'il y avoit formé, ainsi que toutes ses armures de guerre , et attendu la jouyssance qu'elle aurait de cette habitation, il la priva de la part qu'elle aurait pu prétendre , comme cohéritière du seigneur de Brantosme , dont la somme de seize mille livres , qu'il ordouna à son successeur, seigneur de Rictiemont, de payer à ses autres héritiers par forme de dédommagement.
La comtesse de Duretal fut aussi légataire de la somme de deux mille lis t es par les testament et codicille de madaïuoû-cUe Magdelaiue de Bourdeilie, sa tante, des années 1611 , 1613 , 1615, et 1617; et elle habita alternativement ses châteaux et maisons de la Vezouzière sur les confins du pays du Manie et d'Anjou , de Barrel en Xainlonge, cl de licheniunl eu Péi igord.
Elle donna une procuration devant le notaire du marquisat de Sablé , le 7 novembre lb2i , pour le mariage de Henry de Bourdeilie, son neveu, baron de Mata, avec mademoiselle Rouaull de Thiembrune, clans laquelle elle est qualifiée haute et puissante dame, Jeanne de Bourdeilie , comtesse douairière de Duretal. Elle fut présente au mariage fait à Aubeterrc en 1629, de mademoiselle de la Serre, Isabelle d'Esparbez, sa petite-nièce,
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avec Pons de Salagnac, baron de Magnac.
La dame d'AniblcvilIc , Isabelle de Bourdeille, sa sœur, luy déposa, le 2 novembre 1630 , le testament qu'elle avoit fait ce même jour, au lieu de Fougère en Xiintongc , pour le remettre au vicomte de Bourdeille, qui en étoit exécuteur testamentaire; et elle luy fit aussi un legs de deux mille sept cents livres,
La comtesse de Durclal, quoyqu'en bonne santé, mais dans un âge fort avancé , fit son testament au château de Richemont en Périgord, le 12 d'août 1641. Elle y prend les qualités suivantes : haute et puissante dame Jeanne de Bourdeille, dame comtesse douairière de Duretal, usufruitière des châtellenies de la Vezouzière , Bouère et Gré , dame propriétaire des châtellenies de Barrel et de la Garde , comme ayant les droits des seigneur et dame d Archiac ses père et mère par hérédité , et ayant ceux des seigneurs de Cadenac par acquisition, cl dame en partie de la jurisdictionde Richemont , comme héritière sous bénéfice d'inventaire de feu haut et puissant seigneur inessire Pierre de Buurdeille , son oncle, chevalier, cunseigne.tr de Brantosrae , avec M. l'abbé dudit lieu , seigneur et baron de Richcmont, Saint-Crespin, la Chapelle- Montmorcau ; et veuve de feu haut et puissant seigneur Claude d'Espinay , comte de Duretal.
Par cet acte , elle déclara qu'elle avoit perdu fort jeune son mary, dont le corps reposoit à Barbezieux , et qu'elle n 'avoit point eu d'enfants; que sa mémoire luy étoit toujours chère, en considération de ses vertus et mérites; qu'il l'avoit mise en état de vivre eu femme de sa qualité et condition ; qu'il n'avojt eu qu'une sœur; qu'il avoit été gouverneur de Metz et pays Messin , en l'absence du maréchal de Vieilleville , son grand-père, et qu'il étoit fils unique de haut et puissant seigneur Jean, sire et marquis d'Kspinay, vicomte de Blaison , baron de Mathefelon, seigneur de Seigrc , Sérigné , la Marche . Escures , Saudecourt . Vieilleville , Maumusson , d'Auncau , et de la Rocheguyon en partie, chevalier de Fordre du Roy et chambellan ordinaire de Sa Majesté , et de dame Marguerite de Scepeaux.
Elle choisit sa sépulture sans aucune pompe dans l'église de Saint-Pierre sous Archiac, si elle décédoit en sa maison de Barre* , ou
dans celle de Saint-Pierre de Bourdeille, si elle mourait à Richemont , ou enfin celle de Sainte-Julie de Bouère , si elle décédoit à la Vezouzière, en conséquence de la promesse que luy avoit faite feu le maréchal de Schomberg, père du maréchal de ce nom ,alors vivant, et de la marquise de Liancourt , qu'elle appelle ses beau-fils et belle-fille , héritiers par leur mère des illustres maisons d'Espinay et de Duretal, de la faire inhumer en ce lieu.
Elle avoua que la pesanteur de ses affaires qui avoient toutes couru à sa ruine en foule, la privoit de* rooyeus de donner suivant ses bons sentimeuls. Cependant elle fit beaucoup de legs pieux, et à tous ses domestiques. Elle donna aux récollels et cordeliers de Périgueux , de Monlron et de Thiviers, la part qui luy devoit revenir du repaire noble de la Barde, de Saint- Crespin , qui étoit en litige, et sur lequel il y avoit eu de* seutences des juges de Périgueux, et arrêt du parlement deBourdeaux.
Elle légua à Marguerite de Bourdeille, sa nièce et filleule, dame de Saint-Marc de Broc en Anjou , fille atnée de feu Claude de Bourdeille, frère de la testatrice, avec des arrérages de rentes, et du bétail, tous les meubles à elle appartenant dans le château de Vezouzière , Bouère et Gré, qu'elle tenoit en douaire, au heu de ce qui luy avoit été assigné sur la comté de Duretal, etc., au comte de Mata, son neveu, une chemise de Chartres ( de la Vierge ) prise sur le lieu, de la valeur de vingt livres , pour la porter sur luy à la guerre; huit mille livres une fois payées à Marie de Bourdeille , damoiselle de Mata, la plus jeune, sa nièce, quelle avoit élevée près d'elle depuis le mois de décembre 1624 ,que madame de Thiembrune, mère de cette damoiselle, la laissa à l'âge de deux ans à la testatrice, lorsque cette dame conduisit la dame de Saint-Marc de Broc , sa fille atnée , au lieu de Lizardière en Anjou pour y faire sa résidence avec son mary. La comtesse de Duretal assigna ce legs de huh mille livres sur les châtellenies et paroisses de Barretet de la Garde, et y ajouta encore sa vaisselle d'argent, ainsi que tout ce qui étoit dans le cabinet près de sa chambre à coucher, compris un portrait de feu madame de Bourdeille, mère de la testatrice , avee ce qu'elle
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tarait dè recevoir pour l'entretien de ladite demoiselle de Mata dont elle n'avoit jamais rien eu.
Elle légua à madame de Bourdeille, sa bellesœur, un pavillon de damas cramoisy, brodé d'or; à madame de Tbiembrune , aussi sa belle-sœur, un chapelet à'agnus , avec une médaille de la Vierge en parfum, garnie d'or ; une somme de deux mille livres à M. le vicomte d'Aubeterre, fils du maréchal d'Aujbeterre; un chapelet de deux cents livres à dame d'Esparbez , de Lussan , d'Aubeterre , comtesse de Jonzac , sa filleule, et sœur du vicomte d'Aubeterre. Elle fitplusieurs autres petits lep.s, à M. d'Ambleville, Claude de Jussac; à M. de Saint - Preuil , François de Jussac , gouverneur d'Arras , maréchal de camp ; à M. le chevalier d'Ambleville , Nicolas de Jussac; à M. de Saint-Maure de Fougeré; à mademoiselle d'Ambleville , tous ses neveux et nièce* : donna à Claude de Sainte-Maure , son filleul et petit-neveu , qu'elle avoit élevé près d'elle depuis l'âge de deux ans jusqu'à crluy de dix , sa maison de Barret avec les meubles et acquêts; une somme de deux mille livres à Isabelle de Sainte-Maure de Fougeré , sa petite-nièce ; pareille somme de deux mille livres à Guy Joumard , de Chabans , son filleul cl petit-neveu , avec substitution de ce legs en faveur d'Isabelle de Joumard, sa petite-nièce, sœur de ceGuy : item, deux mille livres à M. le comte de Saint-Bonnet d'Escars, son neveu et filleul , déclarant que cet argent loy venoit d'un legs qu'avoit fait dame Magdelaine de Bourdeille, tante de la testatrice, et elle tuy substitua pour ce legs Jeanne d'Escars, sa petite-nièce et filleule. Elle fit remise à M. de Seint-Ybar, son neveu, de ce qu'il pourrait luy devoir; légua en outre i madame de Saillan Isabelle d'Escars, , sa nièce, le portrait qui représentoit en veuve feue madame de Bourdeille, mère de la testatrice.
Elle institua héritier universel ponr les deux tiers haut et puissant seigneur François-Sicaire de Bourdeille , son neveu , chef de sa maison, et pour l'autre tiers, M. le comte de Montrésor, son autre neveu, leur donnant permission de racheter sous trois ans les biens qu'elle avoit légués. Elle leur substitua le seul Ma qui restoit de feu M. de Mata , son frère ;
chargea ses exécuteurs testamentaires de remettre sa maison de la Vezouzière entre les mains de qui voudrait M. le maréchal de Schomberg; le château deBichemont à MM. de Bourdeille et de Montrésor , et sa maison de Barret à madame de Sainte-Maure de Fougeré.
La comtesse de Duretal reconnut ce testament |e 12 novembre de la même année 1641, devant les notaires royaux de Bichemont. On ignore le temps de sa mort.
Après tous les actes cy dessus rapportés, on ne sçauroit douter de la réalité du mariage pas-îé le 8 novembre 1584 au château d'Arcliiac, insinué â Rennes, 9 Xaintesetà Angoulèmc, en lâ8ô, de Jeanne de Bourdeille avec Claude d'Espinay, comte de Duretal, quoyqu'il n'en soit fait aucune mention dans les différents ouvrages qui ont parlé de la maison d'Espinay , tels que sont Vllistoire généalogique des maisons de Bretagne , par du Pas, et les diverses éditions du Dictionnaire de Moréry, etc.
On observera seulement que le maréchal de Vieilleville , ayeul du comte de Duretal , et gouverneur de Metz, mourut en 1672; que, pendant qu'il posséda ce gouvernement, M. de Theval y commanda en son absence, et qu'aus.sitôt après la mort de ce maréchal , sa placç de gouverneur de Metz fut donnée au comte de Retz , de la maison de Gondi ; de sorte qu'on ne voit pas en quel temps le comte de Duretal a possédé ce gouvernement , ny quand il y a commandé. 11 faudrait avoir recours à M. le duc de la Bochefoucanlt , héritier et possesseur de la comté de Duretal, dont les titres donneraient là-dessus des éclaircissements.
Ce comte de Duretal avoit épousé en premières noces, Françoise de la Rochcfoucault de Barbezieux. ta qualité de seigneur de Barbezieux qu'il prend dans son contraçt de mariage, du 8 novembre lô84, avec Jeanne de Bourdeille, en fait la preuve. Il en eut deux enfants: Charles, marquis d'Espinay , mort sans postérité, qui avoit épousé Margueritede Rohan de Guemené, et Françoise d'Espinay, héritière de la branche alnéc de sa maison, laquelle fut mariée avec Henry de Schomberg , comte de Nanleuil, depuis maréchal de France, dont vint, entre autres enfants, Jeanne I de Schomberg, qui épousa en secondes noces
)gle
Roger du Plessis-Liancourt ; et c'est par cette dernière alliance que le comté de Du - Mal a passé aux ducs de la Rochefou-
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cault, héritiers de la maison de Liar.court.
La maison d'Espinay est une des grandes et illustres maisons de la province de Bretagne.
RENÉE DE BOURDEILLE
Renée de Bourdeille, seconde fille d'André, vicomte de- Bourdeille , née vers la fin de l'année 1562, n'eut qu'un legs de la somme de quinze mille livres pour tous ses droits, par le second testament de son père, du 13 novembre
Elle fut mariée avec David Bouchard, vicomte d'Aubelerre, que le vicomte de Bourdeille avoit pris soin d'élever près de luy, après l'avoir sauvé du naufrage dont la maison d'Aubelerre étoit menacée. Leur conlract de mariage, passé au château de Hou rdeille le 16 de février 1579, donne la qualité de haut et puissant seigneur au vicomte d'Aubelerre. Il porte que Renée de Bourdeille fut dotée par ses père et mère de la somme de dix mille écus, outre ses habillements nuptiaux, selon la grandeur et qualité des parties ; et cette dot assignée sur la paroisse de Rossignol et autres, situées en la cbâtellenie de la Tour-Blanche.
Comme elle se trouva bien pourvue, son père ne luy donna , par son dernier testament du 25 décembre 1581 , qu'un legs de dix écus seulement: et la vicomtesse de Bourdeille, sa mère, la pria aussi , par ses testameot et codicille des années 1594 et 1595, de se contenter de sa dot, montant alors à la somme de onze mille trois cent trente-trois écus un tiers.
On a vu cy - devant , à l'article d'André, vicomte de Bourdeille, toutes les attentions qu'il avoit eues pour empêcher que ce vicomte d'Aubelerre ne se ressenitl des mauvaises impressions que la conduite de feu sou père , sur le fait de la religion, avoit inspirées aux roys Charles IX et Henry 111. Ces sollicitations réitérées auprès du roy Henry 111 procurèrent au vicomte d'Aubelerre l'état de gentilhomme ordinaire de Sa Majesté en 1580 , et la charge de séncschal de Périgord, dans laquelle le vi-
comte d'Aubelerre succéda à son beau -père en 1582.
Ces emplois fournirent les moyens nécessaires au vicomte d'Aubelerre de soutenir le crédit dont il étoit redevable au vicomte de Bourdeille et à ses amys après la mort de ce beaupère. Sa faveur devint si rapide , que le roy le comprii dans la promotion du 31 décembre 1585de l'ordre du Saint-Esprit, dont Sa Majesté le fit chevalier, quoyqu'il n'eût encore atteint que l'âge de trente-un ans. Il fut aussi capitaine de cinquante hommes d'armes des ordonnances du roy, conseiller en son conseil privé, et jouyssoil de huit cents écus d appointements annuels, pour sa charge de séneschal et gouverneur de Périgord, comme le prouvent les trois quittances originales qu'on a de luy sur le payement de ses gages, toutes dallées de Périgucux le 15 novembre 1586, 20 janvier 1588, et dernier septembre 1589, signées Aubeterre , et scellées de son sceau en placard.
Aux qualités cy-dessus, le conlract de mariage d'Isabeau Bouchard, sa sœur, avec Isaatde Grimoard de Taille-Fer, seigneur de Mauriac, passé au château d Aubeterre le 28 août 1587 , luy ajoute celle de lieutenant-général pour le roy en Périgord, qui se trouve aussi dans le conlract de mariage de sa fille Hipolilte Bouchard, de l'année 1597 , et dans d'autres actes postérieure à sa mort.
Le vicomte d'Aubelerre, profitant de l'exemple , et peut-être aussi des conseils du feu vicomte de Bourdeille, fit aussi sa résidence ordinaire à Périgueux; et comme la politique obligeoit, en ces temps de troubles, toute la noblesse du royaume à garder l'équilibre entre le roy régnant, qui n'a von point d'enfants mâles, cl l'héritier présomptif de la couronne
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de France, il fut un de ceux qui , à l'occasion du siège de Monségur, en 1686, aven iront le roy de Navarre du dessein qu'a voient les ligueurs de l'assiéger en quelque place qu'ils le renconlreroient. Mais ces ménagements pour le roy de Navarre ne l'empêchèrent point de pourvoir à la sûreté et à la conservation de son gouvernement; et comme le trésorier de l'extraordinaire des guerres n'y avoit point envoyé de commis pour payer les troupes, il chargea de celte commission le receveur des tailles de ce pays, pour faire près de luy les fonctions de trésorier provincial des guerres. Son mandement à ce sujet est datté d'Aubeterre le dernier mars 1589, sigué Aubeterrc, et plus bas par monseigneur, signé Binault, et scellé du même sceau que cy-dessus.
Enfin , après l'avènement du roy Henry ÏV à la couronne, le vicomte d'Aubeterre, étant allé reconnaître la place de Tlsle en Périgord, il y reçut un coup de mousquet, le 1er août 1593, et mourut de cette blessure, le 10 du mois, en son château d'Aubeterre, à l'âge de trente-neuf ans.
Le mépris que le seigneur de Brantosme a affecté p,ir-tout,et même dans son testament, de témoigner à ce vicomte d'Aubeterre, ne sçauroit faire tort à sa mémoire , parce que ce mépris n'avoit pour fondement , que la grande amitié qu'avoit eue le feu vicomiede Bourdeille pour son gendre, la préférence qu'il avoit obtenue sur le seigneur de Brantosme pour la charge de séneschal de Périgord, et l'envie que portoit naturellement le seigneur de Brantsome à tous ceux qu'il voyoit s'élever au-dessus de luy.
La vicomtesse d'Aubeterre regretta fort son mary, et ne le survécut pas long-temps-, car elle é (oit morte dès le temps que sa fille unique, Hipolitte Bouchard, fut raaryée en 1597. Le seigneur de Brantosme fait de celle nièce un assez grand éloge, tant sur sa beauté, que sur les qualités du cœur et de l'esprit, et dit
qu'elle resserobloit fort à la reyne Marguerite.
Elle soupçonna d'avoir été empoisonnée avec son oncle Brantosme, et sa sœur la comtesse de Durelal, sans cependant oser en accuser personne. Mais comme c'est Brantosme qui en fait le récit, celte triste aventure mériteroit d'être mieux prouvée; d'autant plus que la vicomtesse d'Aubeterre demanda qu'on l'ouvrit après sa mort , pour découvrir la vérité de sa maladie inconnue aux médecins : et Brantosme a omis d'ajouter ce qui s'en suivit; d'où on peut conclure , que c'est qu'il ne se trouva point d'indices favorables à l'opinion du poison. Au reste, il faut bien que ce poison prétendu n'ait pas fait grand effet ny sur Brantosme, ni sur la comtesse de Dureta', sa nièce, puisque tous deux sont morts dans un âge fort avancé.
Après la mort des vicomte et vicomtesse d'Aubeterre, Hipolitte Bouchard, leur fille unique et héritière, fut mariée par le baron de Mata, son oncle, avec haut et puissant seigneur François d'Esparbez de l.ussan, baron de la Serre , capitaine de cinquante hommes d'armes des ordonnances du roy, gouverneur de Blaye, et depuis maréchal de France, connu sous le nom de maréchal d'Aubeterre.
Par leur contract de mariage passé au château d'Aubeterre, le 12 avril 1597, le baron de la Serre, père, se chargea d'acquitter les dettes de la maison d'Aubeterre, jusqu'à la concurrence de cent mille écus, somme alors trèsconsidérable ; et il y fut stipulé que l'atné des enfants mâles, qui naîtrait de ce mariage, serait obligé de porter les noms et armes de la maison d'Aubeterre, pour en être l'héritier universel. C'est par cette alliance que la terre d'Aubeterre, l'une des plus distinguées de l'Angoumois, a passédans la maison d'Esparbez,dont l'ancienneté et l'illustration est suffisamment connue par la généalogie rapportée dans YHistoire des grands officiers de la couronne, tome Vil, page 448.