M. DE L
■ libéralement, moyennant que Sa Majesté TrèsaChrcsliennc le consentis!, vers laquelle j'allay, a et ne pus obtenir son eonsentemeoi , si-nou «que je luy promisse de ne porter les armes «sans son exprès commandement et consente- « meut , ce que j'accorday : et tout aussy tost «elle escrit à monseigneur le duc de Lorraine «qu'il pouvoit respondre pour moy au roy d'Es-* «paigne; ce qu'il fit avec ces conditions : que «je luy obligerois cent mille escus sur tous mes « biens pour gage de son obligation , à quoy je «satisfis; après, que je luy promettois de ne «porter armes contre luy et son Estât, ce que «je luy promis aussi , en cas que cela ne contre- «vinst en ce que je devois d'obeyssance , de « servitude et de fidélité à la couronne de France «et au roy mon souverain seigneur. Le tout «paracbevé, je me despartis desdicts princes, «ayant esté benignement accueilly d'eux , et amen allay à Genesve, où je choisis ma deo meure pendant ceste misérable guerre. Au «bout de deux mois, mon fils, quejeretiray «d'auprès du roy de Navarre, arriva vers moy, «et l'envoyay en ostage à Nancy, où il a receu «de la courtoisie tant qu'il y a demeuré.»
l'n peu avant ces paroles escriles, il en dit d'autres qu'il faut bien escrire aussi, qui sont telles : «La première cause du bénéfice de ma «délivrance fut la bonté de Dieu qui se souvint «de mon affliction: la seconde, le prisonnier «que je tenois, pour lequel je fus eschangé, qui «esloit de beaucoup plus grand prix que moy; «et la tierce, l'obligation de cent raille escus, «faicte par le roy de Navarre sur ses biens de ] «Flandres, pour la seurcté de ma promesse de «ne porter jamais les armes contre le roy d'Es- «paigne en ses pays. »
Or, sur toutes ces paroles, réplique M. de I-orraine : que, pour la première cause de la délivrance attribuée à Dieu, il passe cela fort aysement, d'autant que, sans la bonté divine, tous les effects humains sont très-inutiles et vains; et quant à la seconde touchant l'eschange, c'est sçacbans tous, et M. de La Noue ne le sçauroit desnier, ou sa femme ou autres personnes qui ont négocié pour luy, que, sans les entremises et prières de luy, l'eschange ne se fust jamais fait, car le roy d'Espaigne ne le voulut, ny nostre roy ny noMre reync, qui \ eatoit fort proche du prisonnier , qui tuiliciloit