Voyez t. II, p. 13 et suiv
COURONNELS FRANÇOIS. 217
tant luy en pendoit, par la permission divine, s’il y consentoit.
Qui lira ce conte le trouvera fort déterminé et faisable, mais non à tout le monde sinon audict San- Petro Corso seul. Et tel me fut-il confirmé de madame de Dampierre ma tante, laquelle estoit lors à la court, et me le dist sur un subjeet un jour qui se présenta, qu’estoit, que ledict San-Petro Corso luy a voit escrit une lettre de Corso1, par laquelle la supplioit et la conjuroit, par la grand’ amytié que feu mon oncle de la Chastaignerave, son frère, luy avoit porté en France, de vouloir prier Leurs Magestez pour luy, et luy servir de bonne dame et amye : car il faut sçavoir que ce brave capitaine, la paix entre les deux roys chrestien et catholique faicte, un chascun r’entreroit en ses biens. Le seigneur San-Petro jouyst aussi malaisément du bénéfice de ceste paix qu’aucun seigneur et capitaine; et pour ce luy a-il falu longtemps, et a esté contrainct de faire la guerre en Corso très-cruelle contre les Genevois , et avoir par la poinete de l’espée ce qu'il a peu, de sorte qu’il leur a bien faict du mal; aussi luy en firent-ilz bien. Et sur ce subjeet prioit madame de Dampierre d’intercéder pour luy envers Leurs Magestez, affin de parfournir le reste de ses jours caducz en tranquilité. Madicte dame et tante me monstra la lettre et à d’autres, qui disnions un jour aveequ’ elle, nous demandant à deviner à tous qui luy pourroit escrire, nous disant tousjours que c’estoit un très-grand et vaillant capitaine qui luy escrivoit. Mais nous luy en nommasmes