‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantome publièes d'après les manuscrits avec variantes et fragments inédits pour la Sociètè de l'histoire de France (volume 2)Chapitre 116 sur 270 · Christophe de Roggendorf · texte numérisé non relu

Christophe de Roggendorf

qu’on luy devoit, car il disoit qu’on luy devoit beaucoup de ses services passez et de ses deniers advancez. Ainsi aucuns s’enrichissent au service des roys, aucuns s’y apauvrissent. 11 eust mieux valu pour luy qu’il n’eust bougé de sa patrie, de sa maison, et n’eust esté tant advanturier comme d’autres, et luy et eux s’en fussent mieux trouvez.

Nous avons eu aussi le couronnel Rincroq*, qui emmena ses compaignies en Toscane, dont la moytié furent deffaictes à la routte de M. d’Estrozze, et l’autre moytié, tant de fraiz que de blessez, se sauvarent à Sienne, où elles se trouvarent pour quelques mois au siège. Mais M. de Montluc et les habitans s’en trouvarent par trop chargez, importuns et soupçonnez à faire quelque révolte : aussi M. de Montluc s’en sceut-il bien deffaire gallantement, ainsi que le trouvez escrit dans son livre*; mais il ne s’en deffit pas à la mode d’Anthoine de Lève assiégé dans Pavie, qui bailla le petit boucon gallant au couronnel, principal mutin, et puis après disposa des autres tellement quellement, encor à grand’ peyne. Comme aussi firent les huguenotz au duc des Deux-Ponts*, quand vint en France pour leur secours. J’ay ouy dire à de grandz capitaines que telles manières de gens lansquenetz ne vallent rien dans une place assiégée, car ilz sont fort subjeetz à se mutiner, s’ilz n’ont tout ce qu’il leur faut, sont grandz despensiers, malaisez à entretenir, grandz ravageurs et dissipeurs.

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