Georges Rincrock. — 2. Voyez t. II, p. 65 et suiv
3. Wolfang de Bavière, duc des Deux-Ponts. Il mourut non de poison, mais de Gèvre, à quarante-trois ans, le II juin 1569, à quelques lieues de Limoges. Voyez de Thou, liv. XLV.
COURONNELS FRANÇOIS. 223
Lorsque le prince d’Orange les tint enserrez dans Naples, au siège de M. de Lautrec, il y avoit dans la ville des vivres pour nourrir tout ce qui estait dedans, et mesmes du vin pour plus de deux ans, tellement que les canailles de lansquenetz en moins d’un rien eurent tout dissipé et ravagé, ainsi que j’ay ouy dire dans Naples à aucuns qui estaient vivans de ce temps là; et eut-on toutes les peines du monde à les ranger en une bonne pollice.
J’ay ouy aussi dire à de vieux capitaines et gensd’armes que, le temps passé, dès lors qu’une ville estait assiégée, et aussitost que la batterye estait accommancée et le canon avoit joué, il estait permis (sotte et mauvaise eoustume) à ceux de dedans, tant estrangers qu’autres, vivre à discrétion, ravager, piller et prendre vivres partout où l’on pouvoit; et par ainsi les vivres se gapailloient1 en un rien. Aussi les villes se prenoient dans ce temps là à coup: de bonnet z de nuict, comme l’on disoit; et estoient par delà le pain tout aussitost, et la fain les faisoit soudain rendre.
Feu M. de Guyze observa bien autre pollice dans Metz pour les vivres , qui a esté aussi belle qu’on en ayt jamais veu : aussi engarda-il bien qu’on ne pratiquast la eoustume sotte que je viens de dire après le canon joué. La pollice aussi de M, de Montluc dans Sienne fut belle, et de force grandz capitaines, tant françois, italiens, que espaignolz qui ont tenu des places. Aussi voit-on bien comm’ ilz les débattent encor et opiniastrent autrement que lansquenetz. Et