‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantome publièes d'après les manuscrits avec variantes et fragments inédits pour la Sociètè de l'histoire de France (volume 2)Chapitre 129 sur 270 · Voyez Froissart, année 1386, liv. III, ch. xlix · texte numérisé non relu

Voyez Froissart, année 1386, liv. III, ch. xlix

DISCOURS

ce combat représenté dans une vieille tapisserie tendue dans la chambre du roy à Bloys, des vieux meubles de léans, et la première fois que je l’y vis, le roy Charles IX, qui estoit fort curieux de toutes choses, la contemploit et se faisoit expliquer l’histoire. Leurs armes estoient qu’ils estoient couverts tout le corps, et pour les oflèncives, avoient des masses ny plus ny moins que celles que portent les cent gentilshommes qu’on nomme Becs de corbin ', et une forte courte espée en façon de grand’ dague qui couloit le long de la cuisse.

Nous lisons dans les Histoires tragiques de Bandel ’, que le seigneur de Mandozze ayant combattu vaillamment pour l’honneur de la belle duchesse de Savoye, en fit de mesmes au comte de Pancallier qui l’avoit accusée malheureusement, et lui fit pastir la peine qu’il avoit préparée à la pauvre duchesse avant qu’entrer dans le camp, car la potence et le feu y estoient dressez pour l’y mettre , sans sa juste cause et la bonne espée dudit Mandozze, lequel , ayant fait confesser à son ennemy sa meschancetté, le fit mourir comme il avoit mérité. L’histoire en est très-belle, et peu y en a-il semblables à elle.

Il se lit aussi’ du temps du roy Louys le Bègue,

t. Gentilhommes ordinaires de la maison du roi. On les appelait ainsi à cause des haches qu'ils portaient et dont le fer présentait par un côté une pointe recourbée en forme de bec de corbin ou faucon.

Page 1