‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantome publièes d'après les manuscrits avec variantes et fragments inédits pour la Sociètè de l'histoire de France (volume 2)Chapitre 13 sur 270 · Ruralz soldaldous , les paysans devenus soldats · texte numérisé non relu

Ruralz soldaldous , les paysans devenus soldats

che devant l’homme , rien ne li^ est jamais impossible.

Auquel propos je dis que M. de Randan, bien qu’on le tinst du naturel que j’av dicl, il monstra prr ses actes qu’il estoit à tout mal très-invincible. Luy estant couronnel, au siège de Bourges *, il eut une très-grande liarquebuzade dans la teste, si bien qu’il l’en falut trapaner dont il en porta les tourmens très-patiemment: et n’en estant pas trop bien guerrv, il ne laissa à se faire porter dans une lictière, accompaignant l’armée et son infanterie, marchans par les champs au siège de Rouan (tant d’ardeur avoit-il de s’acquitter de sa charge dignement), sans aucun respect de mal; car je le vis. Sur quoy il estoit trèsdigne de louange; car, et combien y en a-il que, s’ilz eussent eu un tel coup et senty un tel mal , qui se fussent bientost retirez de l’armée, et eussent estez bien aises de prendre ce bon petit subject pour se retirer, ou dans un Paris parmy les dames, ou en leurs maisons avec leurs femmes, faindre plus grand mal qu’ilz n’avoient, et là se donner du bon temps, et allonger la douleur de leur blessure par fainte , plus embéguinez, et coiffez, et couvertz d’escharpes, pour s’exempter des courvées tout du reste de la guerre !

Je vis alors plusieurs tenir ces propos sur mondict sieur de Randan , qui , à demy guéry f se rendit audiet siège de Rouan. Et là fut sa fin, car à l’assaut du fort Saincte-Catherine que nous prismes, y estant allé des premiers et monté sur le haut du rampart ,

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