Castellon, suivant Vallès. — 2. Balandi, suivant Vallès
SUR LES DUELS
nant de roy en Italie, estoit à Ferrare *, il y eut deux braves et galants capitaines espaignols, lesquels par le grand renom de la valleur, grandeur et gentillesse, prudhommie et vertu qu’ils avoient senty de ce brave prince , ayans une grande querelle ensemble , s’advisèrent et s’accordèrent de luy demander le camp, ce qu’il leur accorda fort librement et courtoisement, pour le grand honneur qui luy en redondoit ; l’ayant préféré aux Espaignols à luy grands adversaires et à force potentats d’Italie, voire à leur roy Ferdinant. Le jour estant assigné, les deux combat tans ne faillirent à y comparoir avecque leurs parens et amis, parrains, conhdans, et toutes solemnitez faites. Madame la duchesse de Ferrare* s’y voulut trouver, laquelle pour lors estoit des plus belles et accomplies princesses de la chreslienté, fust pour le corps, que pour l’esprit, qui parloit force belles langues : aussi M. de Nemours pour sa perfection en estoit espris un peu beaucoup, et en portoit ses couleurs gris et noir, comme dit le conte, et une faveur qu’il avoit sur soy le jour de la bataille de Ravanne. Le combat ayant esté donc entrepris et vaillamment exécuté, l’un des deux combattans vint à eslre si fort blessé que, le sang luy coulant en grande abondance, luy vint à faillir et pour ce tumber en terre. Son ennemy le pressa aussitost de se rendre, l’espée à la gorge ; sur quoy madame la duchesse qui estoit aussi bonne et courtoise, comme belle et vertueuse,
1 . Le récit de ce combat est tiré du xlvii* chapitre de la Vie de Bayard, par le Loyal Serviteur.