‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantome publièes d'après les manuscrits avec variantes et fragments inédits pour la Sociètè de l'histoire de France (volume 2)Chapitre 139 sur 270 · Bégace, bécasse · texte numérisé non relu

Bégace, bécasse

SUR LES DUELS

comme l’on dit. Le camp avoit esté dressé seulement de quelques grosses pierres mises l’une sur l’autre. M. de Bayard se mit à l’un des bouts du camp, accompaigné de plusieurs bons et vaillans capitaines, comme de messieurs de la Palisse, d’Oroze, d’Imbecourt', de Fonterrailles, du baron de Béard, et autres qui tous prioient pour leur combattant. Don Alonzo se mit à l’autre bout, accompagné du marquis de Licite, de Dom Diego de Guignonnes lieutenant du grand capitan Gonzallo Hernando*, Dom Pedro de Balde’ et Dom Francisque d’Altemeze, et puis envoya à M. de Bayard les armes qui estoient un estoc et un poignard, eux armez de gorgerin et segrette. M. de Bayard ne s’amusa point à autrement choisir : son parrain estoit un Bellarbre qui estoit son compaignon ancien d’armes ; et pour la garde du camp, M. de la Palisse qui très-bien s’entendoit en ces choses-là. De l’Espaignol et pour sa garde du camp, Dom Francisque d’Altemeze. Tous deux en tel estât entrez dans le camp, chascun se mit à genoux pour prier Dieu; mais M. de Bayard se coucha de son long pour baiser la terre, et en se levant fit le signe de la croix, puis marcha droit à son ennemy, aussi asseuré comme s’il fust esté dans un palais à dancer parmy les dames , ainsi que dit le conte. Dom Alonzo , de son coslé, ne se monstra pas aussi estonné * et vint droit à son ennemy, et luy demanda : Senor Bayardo, que

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