‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantome publièes d'après les manuscrits avec variantes et fragments inédits pour la Sociètè de l'histoire de France (volume 2)Chapitre 148 sur 270 · Bravetté, air fanfaron · texte numérisé non relu

Bravetté, air fanfaron

DISCOURS

çois, qui estaient tous là assemblez et qu’ils ne se mutinassent contre luy, et luy-mesme ne luy donnassent la mort qu’il eust donné à l’autre : comme de vrav aucuns en murmuraient, voire qu’ils estaient fort faschez d’avoir veu celuy de leur nation ainsi vaincu par l’Italien, et n’y eust eu guières à faire qu’ils n’eussent faict des foux. Voylà pourquoy cet Italien fut fort sage et ad visé de ne passer point par trop hors les bornes de sa victoire : si que, possible, s’il eust esté en un lieu plus asseuré pour luy, ne sçait-on ce qu’il eust faict. Enfin en tels cas il faict bon estre tousjours bien considéré *.

J’ay ouy dire à M. le mareschal de Vieille-Ville grand amy et compaignon de mondict oncle (aussi disoit-on à la cour :

Chastaigncraye, Vieille-Ville et Bourdillon Sont les trois grands compaignons.)

que si M. de Jarnac ne se fust gouverné modestement après son combat comm’il fit, et qu’il en eust voulu triumpher le moins du monde, à la mode ancienne observée en ces choses-là, qu’il s’en fust esmeu un grand esclandre; car ils branloient la pluspart (et mesmes aucuns jeunes hommes) de la troupe de mondict oncle, pour franchir la lice et sauter dans le camp, et y faire une rumeur et sédition bien estrange, qui se pouvoit faire aisément; car la bande de mondict oncle montait à cinq cens gentils-hommes , tous esleus de la cour et de la France, tous vestus de ses couleurs, blanc et incarnat, qui estaient assez

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