‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantome publièes d'après les manuscrits avec variantes et fragments inédits pour la Sociètè de l'histoire de France (volume 2)Chapitre 15 sur 270 · Pensoit , pansait · texte numérisé non relu

Pensoit , pansait

2. Le texte donné par le manuscrit est rempli de fautes t|ue nous avous dit corriger.

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cquiti cocleato meritiss., cohortiura gallicarum tribuno fortiss., generosiss. , periti&s., catholicæ et antiquæ rcligionis assertori acerrimo.

Qui, cura variis exterorum bellorura gloriosè defunctus pcriclis, coacto uiidique ad civiles motus sedaudos excrcitu, pietatis et muneris excquendi erga perduclles impios Biturigcs, in Carluni nonum, regcm tura adolesccntein, pcrvicaciter defendentcs, cura suiscopiis, incibbus militaribus urbi obscssæ proxirnis couiinus urgeret, tormentique emisso globulo, graviter priraùui capite concussus esset, di v ii la demura potentia vulnerc recrcatus, rciquc publicic christianæ adhuc adservatus , conversis in Rotomageos perduclles alios, qui Neustriam fcrè totam invaserant, casü'is regiis, dura arx divæ Catharinæ vi magna oppugnatur octodialique obsidionc pressa, à militibus conscenditur et capitur, dejectis è terreni aggeris verticc magnis diversisque rcruni raolibus, suffractis miserrimè cruribus, modico illi ad suprema officia peragenda vitæ spatio dato, magno omnium mierore, Christi devotorumque nomine sic decernentum, terdenos et octo tantum annos natus, interiit et communi priucipum decreto, mcestissùnorum parentum voto, solemnibus exequiarum priùs rite honorilicè solutis, magno ducum, procerum, pracfectoriftn, signiferorum comitatu, demissis inversisque bellicis legionum signis, ac pulsatis timjiauis lugubre sonantibus, hùc translato cadavere , sacrum hoc et religiosum monumentum positum est, ut Randamum superum vivorum et inortuorum vindicem, sic vixisse et interiisse in ætemura pietatis et fortitudiuis exempluni aliquaudo resciscas. Anno rest. salu. M. D. LXII.

Ce seigneur , avec sa vaillance , avoit toutes les belles parties que peut avoir un seigneur parfaiel. 11 estoit beau, de bonne grâce, et bien venu parmy les dames; avoit la voix très-belle, jouoit bien des instrumens, et surtout du luth et de la gui terne; rencontroit très-bien en tous scs discours et ses motz, mieux que seigneur de la court, et ne desplaise à feu M. le conte de La Roche* son frère, qui disoit aussi des mieux. *

i. François III, comte de la Rochefoucauld, prince de Marsillac, tue à la Saint- Barthélemy .

COURONNELS FRANÇOIS. 3S

Entre cent mille bons motz que iedict seigneur de Randant a diet > fut un, qu’ainsi qu’il rencontra un jour un trompette qui estoit à M. de Guimenay très-grand sieur de Bretaigne et Anjou, lequel diet seigneur estoit aveugle dès son berceau, à cause de la petite vérolle, M. de Randan luy demanda : « A qui « estez-vous, trompette? — Je suis à M. de Guyme- « nay, » respondit l’autre. A quoy réplicqua M. de Randan : « Je n’avois jamais ouv dire qu’un aveugle « eust de trompette, ouy bien une vielle : voylà donc « le premier du monde. »

Un autre mot qu’il dist fust encor meilleur. Au camp d’Amiens, du règne du roy Henry H”, feu M. de Bueil, bastard du conte de Sancerre’, gentil cavallier, eut une compaignie de chevaux-légers; et pour la faire, son père luy donna une fourest des siennes pour l’abbattre, la vendre et en faire de l’argent, et en dresser sa compaignie; si bien qu’il la fit très-belle, et en fit faire toutes ses lances painctes et taintes en noir, et parut ainsi au camp. Et d’autant que Iedict Bueil avoit réputation d’estre bizarre, plusieurs allarent confirmer par ceste façon de lances noires et dire qu’il estoit bien bizarre, et le publioient ainsi parmy le camp. M. de Randan alla rencontrer tout au contre-rebours. « Je ne sçay pas, dist-il, a quelle bizarrerie vous trouvez -là entre vous « autres; car si les lances sont ainsi noireyes de

1. Louis VI de Rohan, prince de Guéméné, comte de Montbazon. Il était devenu aveugle à l’âge de quatre ou cinq ans.

2. Louis de Bueil, (ils légitimé (1340) de Louis de Bueil, comte de Sancerre , tué à Orléans en 1360 par le comte de Laval.

« noir, c’est qu elles portent le deuil des bois et ar- « bres de leurs grands pères et ayeulz et pères, qui a sont estez abbattuz et mortz pour elles et pour les « mettre au monde. 11 est bien raison qu’en quelque « chose elles monstrent la signifiance do leur deuil « et tristesse pour leur taincture noire. » En quoy, par ce beau mot, ceste bizarrerie fut convertie tout autrement qu’on ne pensoit.

Liiv donc estant mort, M. de Martigues* eut sa place, et fut envoyé quérir en la Basse-Normandie, où il faisoit la guerre avec M. d’Estempes, son oncle*. On le jugea fort digne de cest estât, d’autant qu’il l’a voit très-bravement exercé au siège du Petit-Lict en Escosse, portant le titre de couronnel général des bandes franeoises audict Escosse. Ce siège du Petil- Lict a esté des plus grandz qui ayt esté despuis quarante ans aux guerres estrangères, pour estre la place fort petite et peu forte, et là aussi y estoient assemblées toutes les forces d’Angleterre et d’Escosse, le tenans si estroiclement sarré par terre et par mer, qu’un rat n’y eust sceu seulement entrer. Le siège dura si long-temps qu’on estoit à la fain, mesmes que les capitaines et soldatz vesquirent fort longtemps de coquilles et mondes *, que la mer, quand elle se retirait et baissoit, laissoit sur le sable. Mais pourtant, pour en amasser si peu qu’ilz pouvoient, il

1 . Sebastien de Luxembourg, duc de Pentliièvre, marquis de Bagé, vicomte de Martigues, fils de François II de Luxembourg. Il mourut le 19 novembre 1369, d’une blessure reçue au siège de Saint-Jean-d'Angely.

'i. Jean de Brosses, dit de Bretagne, duc d'Étampes

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