En
2. Il y avait vers cette époque, et probablement encore lors du voyage de Brantôme, trois chevaliers de Malte du nom d'Aymard, savoir : René Aymard de la Roche, reçu en 1551; Jean et Gaspard Aymard de la Roche, reçus en 1586. Je ne sais duquel Brantôme veut parler.
SUR LES DUELS
ces loix duellistes permettent tout cela. Un autre abus y avoit-il, que ceux qui avoient un juste subject de querelle et qu’on les faisoit jurer avant entrer au camp pensoient estre aussitost vainqueurs , voire s’en assuroient-ils du tout, mesmes que leurs confesseurs, parrains et confidans leur en respondoient tout-à-faiet, comme si Dieu leur en eust donné une panante1, et ne regardant point à d’autres fautes passées, et que Dieu en garde la punition à ce coup-là, pour plus grande, despiteuse et exemplaire. L’on en a tant veu d’exemples de cela, dont j’en dirois deux (mais je ne veux rien nommer) qui autant les uns que les autres, tant assaillants que deffandants tant vainqueurs que vaincus, avoient mauvaise querelle.
J’ay ouy raconter à Rome autresfois de deux gentilshommes romains, qui s’estant ainsi defliez en combat sur quelque subject qui n’estoit pas beau ny honneste, celuy qui estoit taché du vice dont il accusoit l’autre qui en estoit innocent, fut vainqueur, et contraignit son ennemy de le déclarer homme de bien et d’honneur. En cela ce sont des secrets de Dieu, lequel dispose de sa justice, de son équité et miséricorde comme il luy plaist; bien est vray qu’il a esté tousjours fort eoustumier de favoriser en ces combats les bons droits, ainsi qu’il fit en ces précédens que j’ay allégué cy-dessus et plusieurs autres. Voylà pourquoy le sieur de Carouges se voulut enquérir curieusement de sa femme, et sa conscience, sur la juste ou injuste cause. Le seigneur de Man-
t. Pattante , une lettre patente.
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dozze en fit de mesme à l’endroict de cette belle duchesse de Savoye, de laquelle pour en tirer mieux les vers du nez (comme on dicl) et la pleine vérité, il s’habilla en cordelier et la voulut ouyr en confession Ce que les plus gentils présument que, si en sa confession il eust sceu et tiré d’elle quelque faute de crime, il n’eust jamais entrepris le combat, où il alla beaucoup plus assurément. Ce brave seigneur et vaillant chevallier Renaud de Montaubant, ne fit pas ainsi à l’endroict de la belle Genèvre, fille au roy d’Escosse; car fust à droict ou à tort, se jetta à travers les armes pour la deffendre, car aussi bien l’eust-il deflendue et combattu pour elle de s’estre laissée aller entre les bras de son amy, comme si elle se fust contenue (ce dit-il). Voilà en quoy il mérite double louange. Aussi tout gallant cavallier doit soubstenir l’honneur des dames, soit qu’elles l’ayent olfancé et forfaict, soit que non; j’entens si c’est forfaicture et ollànce à une belle gentille et honneste dame d’aymer bien son serviteur amant et luy donner la vie : et voilà le devoir du cavallier à l’endroict des dames, ainsi que j’en ay plusieurs veu de mon temps et à la cour et ailleurs soubstenir et deflendre l’honneur de leurs dames, et par parolles et par leurs espées, encores qu’elles fussent les plus grandes putains du monde, et qu’ils les eussent cogneues telles, et d’autres et tout, contre lesquels ils se battoient; et s’ils eussent faict autrement on les eust tenus pour vrais poltrons et indignes de l’amour de leurs dames ; car pour en parler sainement, toute dame, quelque grand’ putain