I. Voyez plus haut, p. 243 et
SUR LES DUELS
qu’elle soit, veut paroistre tousjours dame de bien et d’honneur : j’en parle ailleurs dans mes livres que j’ay faict des Dames.
11 y en a aucuns qui ores qu’ils ne combattent pour ce subject des dames, et qui, se fians en leurs braves courages et bonnes espées, prennent des querelles de gavetté de cœur, ou bien sur un meschant droict et grande injustice, mais bien souvant aussi sur ceste mauvaise querelle sont abatus, non pourtant que la dame bien souvant en soit villipendée, car l’on attribue le tout à Dieu, ou bien au sort des armes, comme j’en alléguerais force exemples si je voulois.
J ay leu autres fois en ce grand historiographe Paule-Æmile qui a si bien escrit notre histoire de France, que Robert d’Artois, brave et vaillant capitaine de ce temps-là, s’il en fut onc (ce fut celuy qui ayant quitté le party françois, prit celui de I’Anglois, dont il fut cause de tant de maux, meurtres et pertes qui arrivèrent en France du temps du ray Philipes de Vallois et le roy Jehan ;) celuy-là donc voulant prétendre quelque droict à la comté de Flandres, produisit quelques tiltres faux et que luy-mesme avoit faict falcifier; et les produisant devant le roy* qui estoit bon prince et son bon parent et amy, luv * remonstra qu’il ne les devoit plus produire, et qu’il y alloit de son honneur, car ils estoient faux. Robert, qui estoit haut à la main au possible, encor qu’il sceust bien sa fausseté, mais se fiant par trop en sa vaillance