‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantome publièes d'après les manuscrits avec variantes et fragments inédits pour la Sociètè de l'histoire de France (volume 2)Chapitre 156 sur 270 · Content , comptant · texte numérisé non relu

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2. Il se nommait Atellius. Voyez Plutarque, Vie de Marcus Brutus, cliap. xlviu.

294 DISCOURS

sergent gascon fort glorieux, et qui un jour avoit fort bravé ce jeun’homme, qui en ayant consulté son caporal et ses autres amis, luy fut conseillé de demander camp, qui luy fut accordé ; et pour ce ayant apprins un mois durant à tirer des armes soubs un bon maistre, luy* conseilla de combattre son ennemy en pourpoinct, avec l’espée et la dague, et avec un collier d’acier pour mettre au col, bien tranchant, et les poinctes trenchantes comme rasoirs, et picquantes de mesmes y attachées tant par le haut que le bas, si bien qu’il falloit tenir la teste si haute, que la baissant le moins du monde, l’on se picquoit estrangement, et si se mettoit en danger de se couper la gorge; et cette façon avoit esté invantée assez gentiment pour le jeune homme qui estoit petit, qui pouvoit hausser haut la teste contre le grand et l’aregarder à son aise, ce que ne pouvoit faire le grand contre le petit, sans se baisser et se couper la gorge luy-mesme. Par ainsi le petit en deux coups d’espée tua son ennemy fort aisément : tout cela fut débatu pourtant par les parrains et juges, mais il en falloit venir là; et dit-on que la gloire du sergent en fut cause, pour le mespris qu’il fit de n’avoir voulu choisir les armes qui luy appartenoient. On dira ce qu’on voudra là-dessus, mais c’estoit un grand abus que ce collier, mais pourtant gentiment inventé pour le jeune homme en faveur de sa petite taille contre la grande et haute de l’autre. Une chose faut-il bien noter, que j’ay veu en Italie plusieurs duellistes en donner avis, que si le cartel porte ces mots : « de

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