Créas, domestiques; il y a dans l’espagnol creados
SUR LES DUELS
les envoyant en tous les lieux d’Italie les plus principaux, jusques en Espaigne, et au lieu de sa naissance, qui estoit en la ville d’Avilla, et tout cela avec de grands dangers et de grands cousts, car il y fallut employer las autenticas escrituras de escrwanos reales *, ce dict le conte. Mais Tamayo, s’estant desja faict prestre, se mocqua de Lunel, disant que son habit nouveau pris ne luy pourrait permettre, renvoyant bien loing ces cartels et défis, dont Lunel désespéré de ne pouvoir venir au combat, n’eut autre recours qu’à envoyer son dire, son manifeste et ses escritures aux principaux princes d’Italie et d’Espaigne, pour manifester son devoir, ses diligences par lesquelles paroissoit qu’il n’avoit pas tenu à luy qu’il n’eust bravement combattu, qui tous luy respondirent qu’il avoit faict très-bien en gallant homme d’honneur et valleur; mais ce ne fut pas sans rire de la fourbe que Tamayo avoit faicte à Lunel, pour luy avoir faict despandre tant d’argent, luy avoir donné tant de peines, sueurs et travaux à le chercher, et luy très-bien et beau s’estoit faict prestre pour s’exempter de combat, et vivre désormais libre de guerre, de camp-clos, de coups d’espée et d’estaquade (c’est une finesse celle-là très-seure pour la vie humaine, et plaisante pourtant à lire). Il y a eu force gens de guerre d’autresfois qui ont faict et font de ces traicts, et se sont ainsi rendus religieux et prestres pour désormais n’estre plus subjects aux hazards des guerres. Ils ne ressemblent pas ceux-là
t . Les écritures authentiques des écrivains royaux ( Verdera narracion, (° 67).
DISCOURS
qui quittent la robbe longue et leurs biens d’esglise pour suivre les armes dont il en est sorty de braves hommes, comme j’en ay faict ailleurs un discours. Il y en a aucuns qu’on a cogneu qui ont pourchassé les ordres de nos roys, pour estre exempts des estaquades, combats et appels. Ce conte n’est des pires et trcs-plaisant, et s’en joueroit une plaisante oomédie en représentant un capitaine bravasche, braveur, menaceur de fendre des nazeaux pour du pain, tuer tout, et puis pour ne venir aux mains, se représenter prestre ou homme religieux. Je croy que Zany et Panlallon le fouelteroient bien et se mocqueroient bien de luy. Or laissons ces contes puisque la pratique n’en est plus par le sainct concile de Trente.
L'on s’advisa à Naples (et s’use fort aujourd’hui) d’une autre manière de combats qui se font par appels et seconds hors des villes, aux champs, aux foresls et entre les hayes et buissons, d’où estoit venu ce mot, combatere à la mazza. Moy curieux , j’ay demandé d’autresfois à gens bien expers en ccs combats et mots chevaleresques la dérivation du mot. Ils m’ont dict dans Naples mesmes que mata * en espaignol vaut autant à dire que buisson ou baye ; et en langage napolitain s’appelle mazza , corrompu mot, mais pourtant vient et dérive de là pour la longue habitude et fréquentation de jadis entre les Napolitains et Espaignols qui ont estez bons maistres autresfois; et pour s’appeller ainsi aux champs entre les bayes et buissons à l’escart pour se battre, on disoit combatere à la mazza. Us m’en ont dict autres raisons pour cette