Donc, dont
DISCOURS
tilhomme do Normandie (dont j’ay oublié le nom) et le petit chevallier de Reffuge 1 (petit dis-je, car il estoit des plus petits hommes que j’aye point veu, mais très-brave et vaillant, et qui avoit fort veu). Le combat fut en l’isle du Palais. Ainsi qu’ils s’y faisoient passer tous deux seuls sans seconds, ils virent force gentilshommes qui couroient sur le gué pour prendre des batteaux , et aller après eux pour les séparer, car c’estoit à l’heure que le roy alloit à la messe en la chapelle de Bourbon \ Ils dirent au battellier, car tous deux estoient en mesme batteau [quai bonta y valor di nostri camlleri corne de gli antiqui1), qu’il les passast vite et fist grande diligence, car ils avoient une affaire d’importance, dont ils donnèrent chacun un teston audict battellier et ayant pris terre, ils s’entredirent seullement : « Fai- « sons vite, car voycy ces messieurs qui s’advancent « pour nous séparer. » Ils n’y faillirent pas, car en quatre coups d’espée ils s’entre-tuèrent tous deux, et tombèrent tous deux l’un deçà et l’autre delà, et les trouva-on rendans l’âme et l’espnt. Quelles réso • lutions et quelles animositez !
M. le marquis de Maignelais *, fils ayné de M. de