Il y en eut, c’est-à-dire il y eut de cette maison
DISCOURS
tué à la cour, et acquist je ne sçav comment tiltre des gallans, sans avoir jamais veu que peu de guerre; je ne le nommeray point. Il alla appeller Fredaignes de la part de Romefort, qu’y alla aussitost sur la parolledu gentilhomme et ce sans seconds, sinon un vallet chascun pour tenir leurs chevaux. Ce gentilhomme s’abilla en pallefrenier de Romefort, d’autant qu’on se vouloit deffaire dudiet Fredaignes et le tuer nommément. Mais la fortune voulut que Fredaignes tua aussitost son homme , et ne donna loysir au pallelfrenier déguisé de venir et ayder à Romefort, d’autant qu’ils avoient laissé leurs chevaux loing, et ainsi qu’il s’advançoit, le pallelfrenier de Fredaignes s’advança plus tost, et donne son cheval à son maistre, sur lequel il monta prestement; et s’en va au pallelfrenier déguisé (lequel il cogneut aussitost) de telle furie, qu’il fut contraint à tourner teste et gaigner le haut; lequel Fredaignes recommanda au diable, en le laissant courre et aller. Luy victorieux s’en retourna, en disant qu’il avoit bien tué son ennemy, et bien faict fuyr .son pallelfrenier. Dieu le voulut ainsi, car la supercherie estoit trop grande. Ce Fredaignes a esté despuis tué, avec le comte de la Roche-Foucaud ’ à la charge de Sainct- Yriers en Limosin *.
M. le vicomte de Turaine*, brave et vaillant seigneur, ayant esté appelle par M. de Duras ‘de la
t. François, comte delà Rochefoucauld.