René de Viau, seigneur de Champlivaut
2. Je ne sais s’il s’agit de Gabriel de Bonneval, chevalier de l’ordre du roi, gentilhomme ordinaire de sa chambre, mort en 1390, ou de son tils Horace, tué à Tours en 15S7, à vingt-trois ans.
SUR LES DUELS
Chantlivaut dist qu’il luy avoit demandé la vie, et luy avoit baillée de bon cœur; l’autre disoil que non, et croy que si Donneval ne fust mort quelque temps après (car il ne mourut de ce coup) ils se fussent battus encores.
Il faut faire icy une digression sur une dispute que j’ay veu pratiquer et se pratique tous les jours : à sçavoir-mon si eelluy à qui on a donné la vie peut redemander le combat. Certainement par les lois dannoises et lombardes, aux camps-clos et combats sollemnels, cela ne se peut, pour les raisons et coustumes que j’ay allégué cy-devant. Quant aux apels et combats à la mazza, il ne l’estoit non plus permis à Naples, dont le premier usage en est sorty; je l’ay appris là mesmes ; aussi quand ils en venoient là, ils se battoient si outrageusement, que sans mercy et selon la coutume, il falloit que l’un tuast l’autre, ou tous deux demeurassent sur la place, ainsi que cela s’est veu souvent, et là et en nostre France, qu’il ne falloit nullement parler de grâce de vie ; car quand l’on vient là l’on est si fort pressé de son ennemy, ou animé de rage, de despit et de vangeance, que l’on a quelquesfois tué dans un coup, ou tous deux demeurent morts sur le champ : ainsi qu’en ces combats précédans que j’ay dict est arrivé, et plusieurs autres, ainsi aussi qu’il arriva, n’a pas longtemps, au seigneur de Fourquefaux brave et vaillant
gentilhomme, que le seigneur de la Chapelle-Biron’